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Duke 2
KTM : 2004

(par Grand'Boca le 30/06/2010)

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Tout simplement une révélation

Alors, un mono ça vaut quoi ?

Eh ouais, avant cette découverte, je n'y connaissais rien ou si peu en monocylindres. J'avais déjà essayé la XT600 de Pascal en 2003 que j'avais trouvé merdique sous tous rapports (désolé Pascal). Et puis également un petit essai hivernal de cette Duke 2 de Ben en Janvier 2010. Autrement dit, par -5° je n'avais pas vraiment pris de risques. A l'époque j'avais trouvé ça marrant, bruyant, pas d'allonge. Donc pas vraiment convaincu.

Enfin, dernier point et non des moindres vu sa taille, Jeanjean, entre deux verres de blanc, n'arretait pas de me seriner que la Duke 2 était une moto improbable (là je pense que ça vaut un article autant que le senti de piston), que le train avant était flou comme tout et que le moteur était pourri. Pour autant, ça n'empechait pas notre champion de rallyes du Thalavard-les-pas-flots de misérer tout le monde (sauf Bernard en rodage de moteur, pneus et poignet droit) sur ses petites routes drômoises.

C'est donc un peu anxieux que je suis parti avec lui dans les Pyrénées en passant par Sisteron (tout va bien, on contournait le nuage), lui sur sa jaune, moi sur la Tuono et surtout bien décidé à essayer dans toutes les conditions ce fameux supermot'.

Duke...NUKEM !!!

Dès les premiers kilometres (col de Tourniol), je m'aperçois que Jeanjean avait raison : le pécore ardécho envoie quand même pas mal sur sa poubelle, j'ai tout de suite du mal à le suivre. Puis, enchainant sur une déviation en forme de piste caillouteuse de la route de Saint Nazaire le desert, il me met carrement une grosse race. Bon. Je me dis que cette daube jaunatre doit etre faite pour les mini routes ou le tout terrain. Manque de pot, on prend une portion de Nyons-Serres juste après et là encore je bataille ferme.

Allez, file moi les clefs de cet engin que je vois si c'est pas un peu de la triche !!!

Ouh là, c'est que c'est pas pareil que la Tuono. Très fine et assez haute, la selle est vachement molle (Pascal, t'es qu'une fiotte avec ton coussin bleu), les pieds sont bas, le guidon haut. Une moto de beginner quoi !

Contact...broum broum...ouais pas mal le son, même s'il y a les db killers pour le calmer (qui vont jarter le soir même cause qu'ils font un trou à l'accel, ces connards). C'est parti...je suis pas vraiment à l'aise, la faute à un non-"vrai roulage" depuis Septembre 2009 quand je m'étais boité dans le Forez (région à éviter pour ses nombreux pièges). Bien que les pneus soient identiques à ceux de la Tuono (des Kali fire) je trouve le train avant bien plus instinctif et neutre, ça se penche tranquilou sans faire peur et sans resistance.

Voilà enfin une petite route en montée, avec de nombreux virages serrés et là....tinnnntttinnnn, mais c'est le panard ! Ce train avant me facilite la vie pour mettre la moto sur l'angle en toute sérénité et c'est un petit bonheur de repartir sur le couple à 4500 (pas en dessous ça cogne et y'a le creux des dbk). Je vois dans les rétros que ça s'éclate bien derriere sur ma Tuono, c'est donc que je ne dois pas trop me trainer.

Ah, on fait la fin de Serre-Nyons ? Et tu me doubles en wheel à 160 sur ma brele ? Bon, bah on va voir ce que donne le mono dans les lignes droites...^^. Hum...un petit 180 accroché la tête dans le guidon, une petite frayeur en doublant un camion (y'avait un bus en face, ahah, avec la Tuono ça passait large !). Sur ces belles courbes rapides, la moto ne se désunit pas et sans être aussi stable qu'un bon roadster, on s'y sent quand même bien. Pis avec ce poids léger, au moins je me dis que si je me fous par terre ce sera comme à vélo, je ne me ferais pas mal (huhu).

On va la jouer safe ?

Ce premier beau galop d'essai m'a déjà convaincu des possibilités sur route d'un monocylindre. Ca vibre certes mais si on ne fait pas d'autoroute ça semble possible de faire justement des bons bouts de route avec même de la liaison chiante.

Le lendemain nous partons donc de Bras d'Asse dans les Alpes de Haute Provence pour rejoindre Pascal à Toulouse. Le matin, j'aime bien trainer et vu la route (pas mal de liaison mis à part les gorges de la Nesque) je reste sur mon Aprilia bien aimée (qui aime bien, tombe bien). Je vais donc profiter des nombreuses lignes droites entre Avignon et Ales pour doubler Ben sur sa Duke avec quelques kmh en plus et à moins d'1m histoire de le defriser un peu. Ca c'est toujours marrant.

Passé Ales, vu que la partie chiante est bouclée, on échange à nouveau les breles. Je retrouve immédiatement de bonnes sensations et commence à sérieusement prendre de l'angle sur la route des Malabouisses entre Cendras et Saint Jean du Gard.

En d'autres mots : je suis chaud !!! A Saint Jean du Gard, nous bifurquons en direction de la corniche des Cevennes où on aurait pu se choper du lapin tout frais (petite deception quand même de les avoir laissés filer) mais la compensation arrive : le col de l'Asclier, deux étoiles au Michelin, blanc à traits rouges sur la carte....Ca sent la bombe de chevrette, idéale pour la duke.

La route est effectivement étroite, tortueuse et parfois un peu gravillonnée. Peu m'importe, sur la Duke, je soude. De temps à autres je klaxonne dans les virages à droite en aveugle dès fois qu'il y ait un car de tourisme en sens inverse sur la voie de gauche (en fait il n'y a pas de droite et gauche vu que c'est trop étroit). Vla le gaaavvvvaggge comme ils disent à Toulouse. Les pif-pafs sont avalés comme si de rien n'était, la moto se conduit vraiment sur la roue avant et tourne dans un mouchoir de poche, on peut corriger la trajectoire en un clin d'oeil et sans se faire peur. Mais le top...c'est les bosses...où ça des bosses? Par terre ? Boaf, ça change presque rien et on peut passer au point de corde, poignée droite soudée en bas dans un super ronflement (sans db killers siouplé cette fois !).

Profitant d'un arrêt paysages/pipi, Ben dit "la pisseuse" me suggère de prendre mon temps pour mieux profiter de ce que nous offre la nature. Quoi ? La route à viroles ? ...bah non, les paysages, on va la jouer safe, la route est quand même un peu dangereuse, on ne passe pas à deux, beaucoup de virages en aveugle et le grip est parfois mis à mal. C'est vrai qu'il n'a pas tort et on va donc enrouler peinardos pour la fin.

Sauf que, comme le dirait Jeanjean "les faux rythmes sont propices aux erreurs de pilotage"....Je profitais donc des magnifiques vues sur les Cevennes quand, dans un droite bien serré pourri je me retrouve sur la partie gauche de la route pleine de graviers. 5mn avant, je serais passé au point de corde en soudant comme un âne sans me poser plus de questions mais là, petit psychotage et j'essaye de les éviter en passant sur le bas côté en me disant "c'est pas grave, ça ne devrait pas se voir" (Ben étant derrière moi sur ma meule). Ouh putain, voilà que finalement mon bas coté se transforme en (petit) fossé et je file tout droit dedans, la meule bouge dans tous les sens, impossible de redresser la barre. Elle finit par caler. Pas trop peur, aucun mal, tout va bien, Ben m'aide à me sortir de cette mauvaise passe en me demandant ce que j'ai pu glander pour en arriver là et en me disant que d'une part c'est pas une brele d'enduro et d'autre part que si j'étais tombé, il aurait mis ma tuono au fossé. C'est beau la solidarité !

Bouffeuse de lignes droites

A l'occasion de notre retour des Pyrénées jusque Valence, je subtilise encore une fois la Duke 2 au champion d'ardeche de la drome. Bon, y'a un peu de virole roulante depuis Mende jusqu'à VilleFort mais c'est pas grave, j'ai bien chopé le truc pour passer au point de corde au taquet des 50cv dans un Brrrraaaappp assourdissant. Bref, bon petit gavage, personne sur la route, super grip, on peut angler.

La suite c'est ZE route. VilleFort - Les Vans. Même si finalement je la prefere dans l'autre sens. Dans la montée, j'arrive à peu pres à suivre l'allure que Ben inflige à ma pauvre Tuono qui n'en demande pas tant. Mais une fois passé le col, je me sentirais assez géné par la plongée importante (toutes choses étant égales par ailleurs, il parait que sur les vrais supermot c'est encore pire, sans doute une question d'habitude) du train avant. J'arriverai quand même à bouffer du lapin (ok des hollandais mais l'un d'eux en tuono a voulu se débattre un peu avant qu'on ne le saisisse fermement par les oreilles et ploc, l'oeil a sauté direct ;-)).

Je voulais également tester la fin du trajet sur les nationales histoire de voir si c'est vraiment l'horreur ou pas...Apres avoir déposé comme des gorets une bande de traine teubs du 95 (996, R1, 1200 GS...à se demander comment ils font pour aller aussi lentement ? oO) les bouts droits vont quand même me paraitre longs, même en cravachant un peu le mono (hum hum :-) ). L'arrivée à Valence est une sorte de délivrance, pour mes cervicales endolories et pour mes oreilles meurtries.

Sauvagerie dans le Vercors

Quelques jours ont passé et je profite d'une faute grave de Ben me disant le matin "si tu veux tu peux faire un tour de Duke" pour m'enchainer un bon gros gavage de 500 kms dans le Vercors, surtout sur des routes que je ne connaissais pas.

Bon, bah je confirme que je commence à comprendre le fonctionnement de l'engin. Son terrain de jeu préféré reste l'étroit et le bosselé mais sur une montée avec des successions d'épingles, elle arrive à bien la tirer, son épingle, du jeu. On arrive en freinant comme une brute (ce frein de daube, le seul truc nul sur la moto) et en réaccelerant franchement sur le couple, le transfert de masse ne devant pas être encore completement effectué, l'arriere se met à glisser...mais tout en douceur. A chaque fois que ça m'est arrivé sur mes autres motos, je me suis fait dessus mais sur la Duke, au contraire, je n'avais qu'une envie : recommencer !

Bon, le pneu arriere n'a pas spécialement apprécié le traitement :-)

Conclusion

Sacré brélon que cette Duke. Et visiblement il y a encore plus délirant et nettement plus radical en matière de supermotards (660 SMC de Pascal quand il voudra bien fonctionner, 500 CR de Pascal quand il sera remonté, 450 SMR etc...).

Concernant la KTM, il faut avouer qu'elle propose un compromis assez idéal pour celui qui aime rouler loin, hors longues bornes autoroutieres : pas trop inconfortable, moteur volontaire, vibrations pas si génantes, consommation faible. Bien entendu, les aspects pratiques, mis à part un demarreur et un compte tours, sont abonnés absents mais bon c'est pas une 1400 GTR !!!

Pour la partie conduite, quelques petites habitudes sont à prendre, notamment de pencher plus la moto que le reste du corps, c'est pas très instinctif mais assez jouissif au final. Ne pas oublier non plus que la moto ne fait que 50cv donc ne pas hésiter à passer au taquet dans certaines courbes là où on aurait largement soulagé sur une meule de 100cv, sinon on se retrouve vite à ramer à la relance en sortie.

Après ça, le reste est un régal, très maniable, moteur plaisant aux mi-régimes (super broooaap) = beaucoup de sensations et une efficacité terrible !

Est-ce que j'échange ma Tuono contre une Duke ? Pour la zone Rhone Alpes / PACA / Midi Pyrénées, assurement sans aucun doutes....

  

Commentaires
 
Ben (08/07/2010)
ça c'est marrant, depuis que j'ai bourriné ta Tuono, j'ai aussi envie de te la piquer pour les rallyes ^^

Pascal (08/07/2010)
Ouais, y'a mieux mais la Duke est un bon compris, ensuite tu payes par une autonomie plus faible, une fiabilité en retrait, du confort en moins. Possible si on a un garage au pied de belles routes et le budget pour un jouet en plus, sinon...

Pascal (08/07/2010)
Quoi que, les 690 R... :)))

JeanJean (09/07/2010)
Clair que la Duke R en comparaison c'est la version full option manche en cuir ! Mais bon ca serait donner de la confiture au gros cochon ! Ca reste la version pour les initiés mon Pascalou.

Olive (09/07/2010)
Ah oui faudrait pas que ce soit une moto trop belle non plus sinon je m'y foutrais (au tas) rapidos !

JeanJean (14/07/2010)
Ben, j'aimerais quand même connaître ton secret pour faire aimer tout et n'importe quoi a Olive. Avec nous c'est toujours dans la douleur qu'on arrive a le convaincre.

Olive (14/07/2010)
Non non, je ne suis pas convaincu que le Forez c'est bien, ahahah.

Ben (17/07/2010)
Olive est un garçon sensible et à l'écoute des sensations subtiles, pas un gros boucher qui a raté sa vocation de flic ^^

Olive (28/07/2010)
Et pour répondre à Jeanjean qui a la mémoire selective : j'aime pas la ZX6 (mais alors pas du tout, lire mon essai) et la V Strom non plus j'ai pas aimé, sauf en passager ahah.

Kilou (12/11/2010)
Merci pour le CR La Duke 640 a une ame... La mienne en avait une en tout cas ; une vraie petite garce mais quel pied à son guidon... Pis la joie ineffable du démarrage au premier coup de kick (quand on a compris le truc çà devient un T.O.C. et le démarreur electrique passe au rang de roue de secours les jours de petite forme). Surement la brele que j'ai eu ou conduit et qui me manque le plus Ma 690 SMR actuelle fullakratisée est plus fiable, plus puissante, plus sobre, plus confortable, plus rigoureuse... mais est moins vivante pour sur a+


 
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