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RSV4-R 1000
Aprilia : 2009

(par Superman le 29/11/2009)

liens & avis
RSV4R, le dernier bijou de chez Aprilia, 1000cm3, 4 cylindres en V, 184 kgs à sec et 180cv.
Sortie quelques mois après la prestigieuse version Factory, cette version low-cost se sépare de quelques pièces d’habillage en carbone, de ses amortos Ohlins peints en jaune, de son admission variable et échange ses jantes en alu forgées contre des versions coulées (en bronze donc ?).

Le moteur quant à lui ne perd pas au change avec une écurie toujours au complet qui, même si elle ne détient pas le record des hypersports (188cv pour la ZX10R ou 193 pour la nouvelle S1000RR), devrait se révéler suffisante pour doubler le Scénic de papa sur la nationale.

Que d'la gueule?

Passons à l’examen statique, et tachons maintenant de rester objectif sur cette petite merveille.
Si la coque arrière peut paraitre trop courte pour certains (personnellement les 2 petits ailerons de requin sur la coque de selle me font craquer complet), le reste appelle assez peu à la critique, et d’une manière générale la moto remporte le gros des suffrages grâce a ses lignes plus que dynamiques et ses coloris, une fois n’est pas coutume chez Aprilia, fort réussis.
La partie avant est à mon gout très réussie, donnant l’impression que le carénage vient « manger » la roue avant, plus agressif tu meurs !

Pour finir, la livrée blanche de Thomas est certainement celle qui met le plus en valeur les lignes de la bête, apportant la touche de classe qui manquait à la version Factory, au demeurant bien excitante tout de même, faudrait voir à pas pousser mémé dans les orties.

Allez, pour montrer mon impartialité totale, j’ai quand même trouvé un truc moche : le pot d’échappement, mais une bonne gamelle akrapovic réglera le problème vite fait bien fait, d’ailleurs Thomas en avait déjà un beau tout neuf dans le camion.

Canapé roulant...ou presque

Une fois en selle, la moto semble assez courte, bien qu’en réalité l’empattement soit identique à celui de ma 636.
Les bracelets sont légèrement plus bas et la finesse de l’ensemble offre une position qui incite à déhancher, avec une selle dure mais bien dessinée et un réservoir creusé pour accueillir ses petits genoux bien au chaud.

Clé de contact, démarreur, le V4 gronde gentiment, du moins jusqu'à ce qu’on touche à la poignée d’embrayage et qu’on passe la première.
Des lors celui-ci change de ton, un peu comme si on rentrait dans la grotte d’un grizzly pour lui piquer son morceau de barbaque, phénomène du au clapet à l’échappement qui reste fermé au point mort lors des contrôles sonores d’homologation ! vicelards les italiens quand même, mais ça me va !

Pour la première partie de l’essai, nous décidons d’installer la selle passager afin de partager l’expérience avec Aude et ça me permettra en parallèle de découvrir la moto en limitant la tendance au dégoupillage, d’autant que le parcours commence par St Peray – Lamastre, ma cote du pin à moi que j’aime (grouik grouik).

La traversée de Valence est tranquille, la légèreté et la finesse de la moto permettant presque une conduite de scoobite au milieu des voitures, et nous voila en bas de mon terrain de jeu, Thomas me filant le train au guidon de ma Duke 2.

une vraie ardéchoise!

Si la position est un peu plus exclusive que celle de la kawa, l’amateur de sportive se sentira immédiatement chez lui au guidon de l’Aprilia, la bête semble obéir au doigt et à l’œil et son gabarit compact donne un vrai sentiment de maitriser l’engin, et pour ne rien gâcher le moteur est relativement souple, permettant de reprendre en 3° à 50kmh sans hoqueter, un atout dans les portions très sinueuses pour enrouler gentiment.

Vous me direz, c’est quoi le rapport entre « enrouler gentiment » et « conduire une RSV4R » ? eh bien disons qu’en mode découverte avec passager sur une route comme celle-ci, on préférera remettre à plus tard la découverte de la zone rouge et du 180° cheval pour ne se consacrer qu’a la partie cycle de la moto qui à elle seule mérite une canonisation.

Car oui, cette partie cycle semble bénie des dieux tant elle inspire confiance dès le 3° virage, et sans les allers-retours de ma passagére sur la selle glissante j’aurais très bien pu oublier sa présence tellement la moto se jette d’un angle à l’autre comme Féfé de l’apéro au pinard !
Le train avant permet des entrées en courbe musclées et les bottes se mettent à lécher le sol rapidement.

Ariane 6

Passé Alboussière, la route découvre quelques lignes droites, enfin disons semi-droites, on est quand même en Ardèche, et Aude sentant venir l’entourloupe se cramponne aux poignées (les miennes oui…) et l’heure est venue de mettre un peu de charbon dans la chaudière !
S’il reste relativement bien élevé à bas régime, le grizzly commence à donner de la voix dès 6500trs pour vous faire comprendre que c’est lui le patron, et à partir de ce stade la moindre touchette sur la poignée d’embrayage envoie la roue en l’air sur les premiers rapports.
Par contre une fois passé la barre des 8500trs, mieux vaut accrocher le parachute, les 4 pistons tabassent les cylindres et vous propulsent à vitesse lumière en moins de deux !

Heureusement, les Brembos monoblocs full radials permettent de s’arrêter efficacement avant le prochain châtaigner et le système antidribble soulage la roue arrière au rétrogradage, d’ailleurs le phénomène est bien sensible au levier mais on s’y fait assez vite.
En comparaison, le système de freinage de l’hypermotard S et des KTM Sumo reste tout de même plus violent à l’attaque.

Le système « ride by wire » fonctionne correctement mais encore une fois je ne suis pas vraiment convaincu par le principe, celui-ci étant assez brutal à la remise des gaz, il offre moins de fluidité en conduite enroulée, mais la n’est pas la vocation de la RSV4.

Lapinophage

L’arrivée sur Lamastre permet de tester la moto dans des conditions plus proches du rallye, à savoir sur une route pas forcément bien revêtue.
Dans ces conditions la moto secoue mais reste saine bien qu’elle montre un tempérament moins neutre que celui de la kawa, en d’autres termes ça gigote un peu sur les bosses, nerveuse la gamine !

Lamastre,fin de la balade bucolique, Aude passe à l’arrière de la Duke 2 et je reprends le guidon de l’Aprilia en pour la 2° partie de l’essai : virole rapide en mode solo.
Le mapping d’injection est réglable sur 3 modes : le mode Rain (ou Road?) qui bride la puissance à 140cv, le mode Sport qui offre 180cv et un couple légèrement limité sur les trois premiers rapports, puis le mode Track qui offre la totale tout le temps.

Sur les conseils de Thomas je passe en mapping Track pour voir ce que cette feignante a dans le bide, première et on y va, direction Tournon.
Comme envoyés du ciel par Sainte Arsouille, une bande de lapins nous prennent en chasse à peine partis de la capitale ardéchoise de la chemise à carreaux, bien bien bien.
Départ en douceur pour laisser les prédateurs revenir sur leurs proies et leur laisser admirer le petit cul sexy de ma monture, puis passage en mode lapin fou !
Arf, quelle facilité ! seul sur la moto le déhanchement parait presque instinctif et on se surprend à tartiner dès le 2° virage.



Tiens, mais ou sont mes lapins, jetons un coup d’œil dans le retro, ah, pas de rétro, la mob de course est en configuration « piste », soit, à l’ancienne donc, on se retourne…bah plus rien, tant pis.
Libéré de toute pression, je profite des quelques lignes droites pour tester le moulin et franchement, on peut dire que ce tréteau italien ne manque pas de ressources !
Le double twin martèle le vilebrequin de ses coups de pistons rageurs et tire sur les bras dès les mi-régimes, provoquant même de sérieux délestages de la roue avant en sortie de courbe, avant même d’avoir fini de relever la moto !
Ouch, c’est du sérieux.
Pour autant, l’Aprilia est suffisamment basculée sur l’avant pour éviter de se retourner à la moindre rotation de la poignée, et puisqu’on en est à aborder le chapitre des ouèles, même si celle-ci y montre une réelle propension sur les 2 premiers rapports (très longs), l’italienne m’a semblé moins facile et dosable que la R1 de Pascal, qui reste pour moi LA moto faite pour les roues arrières à grande vitesse.

Mais revenons sur terre, une sportive de cette classe n’est pas faite pour ce genre d’imbécilité et le fait que la moto ait trop tendance à lever peut vite devenir un inconvénient sur circuit, d’ailleurs la BMW S1000RR est même équipée d’un anti-wheeling de série !



Je décide de m’arrêter pour repasser le mapping en mode Sport afin de sentir la différence.
Mon poursuivant profite de cette courte pause pour me passer devant dans un style très…spécial, avec le genou par terre et la moto à la verticale.

Après quelques secondes de lutte acharnée avec le bouton de démarreur pour changer de mode, me voila reparti en mode Sport, sensé brider le couple sur les bas régimes, une sensation que je n’aurais pas réellement discerné, à l’inverse de Thomas.
Non, pour moi c’est kif kif bourricot, et plutôt que de me prendre la tête avec ce gadget électronique je préfère me concentrer sur l’essentiel : chasser mon lapin en 1000 CBR.
Sitôt dit, sitôt fait, une petite ligne droite sera l’occasion de le croquer tout cru et de l’oublier aussi sec dans la dernière portion de virole.
Sur route normale, on se contentera d’utiliser les 3 premiers rapports, les reprises vigoureuses en seconde suffisant à sortir d’une courbe serrée et l’allonge de la 3° permet d’avaler de bien belles lignes droites avant d’aller taper la zone rouge à 14000trs, pour preuve je n’ai pas réussi à passer le cap des 11000 sur cette portion relativement roulante.

The Track ou le trac?

Pour ne rien gâcher, le son du V4 est un vrai chant des sirènes, plus elle chante plus on aime ça, avec ce petit grain de voix qui fait que dans la famille des 4 pattes on ne la classera jamais au rayon des aspirateurs fades et linéaires.
Il est entendu qu’elle n’arrive pas au niveau d’une bonne 1098 full termis en terme de senti de piston mais elle a juste ce qu’il faut de charme pour ne pas s’ennuyer en attendant la post-combustion, une vraie bonne idée que ce V4.

Fin de la balade, je rends les clés à Thomas qui ne veut plus me rendre celles de la Duke, à croire qu’il en est tombé amoureux !

2 jours plus tard, Thomas me tend de nouveau les clés de sa moto, cette fois le décor est tout autre : le circuit d’Alès !
Optimiste et philanthrope à la fois, ce dernier n’a pas hésité à me prêter sa merveille sur circuit alors que je venais juste de satelliser ma kawa à l’occasion d’un dépassement mal négocié, me privant de fait de mes 2 dernières sessions de circuit.

A mi-chemin entre l’excitation et l’inquiétude de casser une 2° moto dans la même journée, je lutte contre la tentation de la manière la plus efficace qui soit : en y cédant.

Serial killer de chronos

Pneus chauds, moteur chaud, pas besoin de préliminaires, l’Aprilia se jette sur le point de corde comme un grand requin blanc sur l’otarie égarée, confirmant la facilité ressentie sur route, incroyable comme cette moto semble plus légère que ma kawa qui accuse pourtant 15kgs de moins !
Et en sortie de courbe, on oublie tout de suite le gaz en grand pour travailler sur le dosage millimétrique des gaz, et même en gardant de la marge, les excellents Racetec K3 semblent peiner à passer la puissance au sol, on a juste l’impression que la roue arrière cherche en permanence à passer devant en fait !
La boite de vitesse est un peu raide au rétrogradage mais le couple et l’allonge du moteur permettent de parcourir tout le circuit en utilisant seulement les 2° et 3° rapports, de quoi un peu moins tricoter que sur la kawa.

Ouf, fini, après 4 tours de piste je suis soulagé de rendre la moto entière mais un peu frustré de ne pas avoir eu le temps d’exploser le record de la piste au guidon de cet engin aussi efficace qu'excitant.

Mr Cetelem? c'est possible un ptit créd de 15 kiloboules?

Si l’essai de la ZX10R 2008 m’avait impressionné sans pour autant me convaincre réellement, trop de puissance en haut, trop chiant en bas, la RSV4R et sans aucun doute sa grande sœur Factory ne laissent pas planer beaucoup de doutes : les frangines représentent à mes yeux l’incarnation de la sportive idéale : belles à tomber, maniables comme des 600, dotées d’une partie cycle qui inspire confiance, d’un V4 qui pousse velu et tout le temps et d’un caractère moteur à faire oublier que les autres 4 cylindres existent.

Cette moto mérite donc sa place dans mon garage idéal en tant que pistarde officielle, à coté de ma 990SMR de route et de ma Superduke R pour les rallyes !

  

Commentaires
 
Olive (29/11/2009)
C'est tres bien écrit mais il y a une erreur, à Lamastre la spécialité c'est les chemisettes et non les chemises. Sinon elle fait bien envie cette poubelle, même en version de pauvres comme ça sans le full ohlins.

Gege (29/11/2009)
Joli CR Ben, est elle facile comme l'était le Tuono par exemple?

Pascal (29/11/2009)
Bien écrit ce CR, pas autant de bonnes expressions qui butent que ceux de jeanjean, mais pas mal de bons mots : le requin qui saute sur l'otarie... Huhuhu ;-) La moto t'a bien charmé on dirait

Ben (29/11/2009)
@gégé: bah ça a pas grand chose avec le Tuono, une sportive ça se bascule avec le corps pas avec le guidon, mais dans le genre sportive c'est effectivement plutôt bien équilibré le bouzin!

Thomas le debile qui prete sa moto toute neuve (29/11/2009)
Encore un jolie CR, je tiens cependant a rectifier le tir, ton duke 2 est une bouse infame qui avance autant qu'un 103 SP volé poursuivit par les keufs ! :D

Ben (29/11/2009)
ah ben quand même t'as mis le temps !! ;-)

Aude (30/11/2009)
Trés sympa ce petit essai sur les classiques ardéchoises, et merci Thomas!! C'est vrai qu'en voyant la taille de la "selle" passager, j'ai eu peur pour mes petites fesses... mais finalement en dehors du fait que ça glisse (!!), c'est pas si désagréable. De plus, le réservoir est bien positionné pour mes petits bras, ce qui permet de diminuer l'effet "bowling" à chaque freinage!! Bref, trés bonne expérience, un bruit magnifique, et une mise en confiance immédiate... à refaire!!!!!

Olive (30/11/2009)
En gros t'es en train de nous dire que c'est toi "la boule" ?

Aude (01/12/2009)
Tant que je suis pas "le boulet" ...

Marc Dorcel (01/12/2009)
"j'ai eu peur pour mes petites fesses... mais finalement en dehors du fait que ça glisse (!!), c'est pas si désagréable. " Sorti de son contexte ça prête à confusion

Rocco ben (01/12/2009)
eh ouais pas facile à assumer mais on s'y fait !

Jim Censure (08/12/2009)
Pour revenir dans le sujet,... non au sujet : - Assurément, la plus belle moto du moment, et apparemment elle est bonne....Félicitations Thomas. Mais que te reste t'il à demander ai Père Noël ?

Aude (08/12/2009)
Un stage de pilotage pour apprendre à la dompter ;-)

Scarlett johansson (09/12/2009)
une passagère plutot !

Aude (09/12/2009)
oui, mais pas trop intelligente, alors ... ;-)

Thomas garcin (15/12/2009)
Ah bravo, ouais une jolie passagère ce serait un beau cadeau, ou alors une license FFM, ou bien le savoir faire avec cette moto ou bien encore aimer rouler en moto...

Maitre capello (16/12/2009)
y a pas de S à LICENCE Thomas, tu devais etre en train de faire le con sur ton PW au lieu d'aller en cours de français c'est pas possible !

Abdoul boubaker (16/12/2009)
License peut s'écrire avec un S...

Pascal (16/12/2009)
Non, license c'est de l'anglais.

Abdoul boubaker (16/12/2009)
Et alors, t'es anglophobe ? :)

Thomas Garcin (26/12/2009)
Moto a vendre: http://www.leboncoin.fr/vi/85886709.htm

Choum (30/12/2009)
Eh ben on dirait qu'elle est partie vite.

Thomas garcin (31/12/2009)
http://www.leboncoin.fr/vi/85922389.htm?ca=9_s

Olive (31/12/2009)
J'aime beaucoup cette affaire de "séparation".


 
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