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Dark Dog Moto Tour 2012
Saison 2012 du 07/10/2012 au 14/10/2012
3200 kms

(par Superman le 28/10/2012)

liens & avis

Vendredi 5 Octobre, début de saison.

A l'heure ou presque tous les championnats s'achèvent, il est temps pour moi d'attaquer ma saison, du moins si on peut l'appeler comme ça étant donné qu'elle ne comporte qu'une seule et unique course.
Mais pas n'importe quelle course puisqu'il s'agit du Moto Tour dans sa 10° édition.
Quelques vieux de la vieille comme le professeur Patrick Curtat auront participé à toutes les éditions mais pour moi ce n'est que la quatrième.
L'année de la maturité surement... en tout cas le moto tour le mieux préparé en ce qui me concerne.
10 journées d'entrainement sur piste, des recos soignées avec mon copain Max et une nouvelle moto qui répond quasi parfaitement à mon cahier des charges : efficace sur piste, maniable et confortable sur route et surtout qui a eu le bon gout de ne pas me mettre au tas cette année (non la gamelle pneus froids dans le premier gauche d'Alès ça compte pas ^^).
Pour couronner le tout cette 10° édition semble favoriser les rallymen avec navigation au road-book exclusivement (tripy interdit) et une excellente proportion spéciales sur route / spéciales sur circuit.
Après 7h de route pour rallier Val de Reuil, Bernard et moi débarquons sur notre emplacement ou nous retrouvons notre petite tribu.
Petite présentation en commençant par les patrons Zézette et Guy, Max et son assistance indépendantiste Pierrot et Cody, Ju accompagné de sa Coco, de Gilles et Baptiste, Moon et Domi aidés par Guillaume et Philippe et enfin Marc le boss d'Helit Moto avec son staff.
Le temps est un peu pourri mais ça ne gache pas la petite ambiance de retrouvailles de début de moto tour, d'autant que non loin de la se tient le campement d'une bande de potes : le VTSC.
Glouglou, miam miam, blablabla, beuarrrr pour certains et enfin dodo.

Samedi 6: le stress débarque

Des rumeurs circulent sur le paddock, les controleurs techniques sont pas souples notamment au niveau du bruit et de petits détails comme l'eclairage de plaque, que j'avais soigneusement viré avant de partir dans un souci d'esthetique, sans parler de mon leovince un poil bruyant.
Je file a l'administratif avec une petite boule au ventre et comme par hasard la grosse pluie arrive au moment de me présenter au technique, ce qui déclenche une mini grève de nos amis les controleurs dépourvus d'abri. Je repasserai donc plus tard.
Retour au technique, 2 files. Une avec 4 controleurs en train de torturer un concurrent, l'autre avec un controleur flegmatique qui expédie la moto devant moi, je lui saute dessus.
Mes beaux clignos marchent, il me laisse filer sans meme un petit controle au sono tandis que ses 4 collègues continuent à s'acharner sur la même moto.
Coup de bol donc, on va pouvoir ranger la moto et profiter...de la pluie, pas grave on se fait une petite reco de la spéciale de val de reuil en camion, on ne s'attarde pas c'est la meme qu'en 2011.

Dimanche 7: la course enfin : VDR / VDR 313 kms

4h debout pour un départ à 5h37, la première journée attaque fort, objectif :se remettre dans le bain de la navigation rapidement.
3eme case du roadbook, le gars qui me précède ne sait pas s'il faut tourner à droite ou à gauche au stop.
Quelques kilometres plus loin, j'en croise un autre, encore un peu plus loin un petit groupe arreté à une intersection en plein doute, c'est plutôt marrant en fin de compte l'absence de tripy!
Je roule à bon rythme en compagnie de Romain sur sa Nuda, la route est trempée mais sans difficulté particulière hormis quelques ronds-points salement glissants.
Au lever du jour la grande ville qui pue est en approche et on tombe sur Max et Ju, c'est cool pour finir le trajet.
Carole, enfin. Il est 8h et quelques, le soleil émerge et tous les premiers sont là, motos sur béquilles et couvertures chauffantes à fond.
La piste est mouillée, partout.
Départ dans la première série en 14eme position, c'est pas top mais vu le beau monde devant ça devrait le faire.
Tour de reco sans prendre de risques, tour de chauffe un peu plus volontaire, ça a l'air de tenir même si l'avant amorce de petites glisses.
Départ, la kawa gicle mais je me fais un peu tasser à l'exter dans le premier gauche, je reste timide à la sortie de la parabolique mais j'arrive à en doubler un peu.
Les tours passent et le rythme augmente, et avec le soleil et les 30 motos sur la piste les trajs commencent à sécher.
Déja la fin du 5eme tour, Jéremy me fait les freins à Hotel juste avant de franchir la ligne d'arrivée, j'ai l'impression d'avoir pas mal roulé en finissant au milieu de ma série.
Je profite du temps d'assistance pour aller voir les autres séries rouler , le temps de m'apercevoir à quel point la piste sèche rapidement... bon allez il est l'heure de rentrer à la té-ci de Val de Reuil, une petite spéciale nous y attend.



Liaison tranquille et ensoleillée, on arrive à destination avec une heure d'avance, on en profite pour aller inspecter l'état de la spéciale, la plupart des virages sont secs.
Juste avant le CH, une petite ligne droite sert de chauffe-pneus, tous les pilotes ou presque s'envoient des allers-retours le tout dans un festival de glisses et de stoppies pour le plus grand bonheur des spectateurs visiblement.
C'est l'heure, les premiers partent...ligne droite puis virage à 90° à gauche sur le trottoir, Ju nous rentre une superbe glisse, pas de problème je vais faire pareil tu vas voir.
Bon loupé, je freine trop tot du coup j'évite la glisse sous peine de rester scotché 10m avant le virage.
Le premier km est un peu baclé puis je prends mon rythme et frotte gentiment les sliders sur la fin, 25° temps à 9s de Bouan, c'est pas fantastique mais mieux que l'an dernier.
Par contre l'annonce des résultats de Carole fait l'effet d'une douche froide car les conditions s'améliorant au fil des séries je me retrouve relégué à la 66eme place, derrière des scoots, des classiques, des monos... Super, moi qui avait clairement axé ma préparation sur le circuit, je suis plombé d'entrée de jeu.
Maigre consolation, les écarts sont minimes donc les places faciles à remonter.
Détail cocasse, Barbara et sa baignoire à roulettes (cf le pire cauchemar de mon CR de l'an passé) me rentre dans les 2 spéciales du jour..arghhh
Classement général : Ju: 3, Max 33 et moi 51.

Lundi 8 Octobre : VDR / Angers : 418 km de l'eau, de l'eau et encore de l'eau

Finies les grasses mat' jusqu'à 4h, ce matin le réveil est reglé à 3h.
Et encore, en partant à 4h25 "grâce" à mon classement calamiteux de la veille j'ai presque une demi-heure de rab par rapport aux premiers.
La météo l'a annocé, on va prendre sévère aujourd'hui, heureusement le départ s'effectue sans notre future meilleure amie la pluie.
Cette anné c'est une première, nous partons toutes les 30s au lieu de toutes les minutes, ça permet de faire passer les 220 concurrents dans le programme chargé de la journée, à savoir 3 spéciales.
Le hasard faisant bien les choses, je pars 30s après mon pote Seb Collet de Triumphall et nous ne tardons pas à nous retrouver.
La pluie aussi ne tarde pas a nous retrouver et quelques kilomètres après le départ le ciel nous tombe sur la tête, enfin la mer et les poissons plutot comme on dit.
Comme pour nous dire au revoir, la Normandie nous gratifiera de trombes d'eau sans discontinuer, de quoi venir à bout de l'étanchéité de mon équipement et de mon pinlock en moins de temps qu'il ne faut à Denis pour scratcher une spéciale.
Résumons, je suis trempé et j'y vois plus rien.
Compte tenu de la moyenne imposée assez facile, je prends le parti de me trainer la nouille.
Après tout pas la peine de risquer de s'en coller une sachant qu'on peut assurer tranquillement en restant à 60 de moyenne, d'autant que les routes empruntées s'avèrent vraiment piégeuses au milieu des champs de betteraves (beurk) et des méga flaques d'eau.
Je ne tarde pas à me faire distancer par Seb qui navigue vraiment très bien dans ces conditions pourries, mais peu importe, j'arrive au CH de Bessé largement en avance.
Malgré tout les pénalités commencent à pleuvoir elles aussi, ça pointe en catastrophe sur le tapis par moments.



Le CH de Bessé est superbe, au bout d'un petit chemin de terre nous découvrons un joli chateau et pour ne rien gacher le moto club local nous accueille avec café chaud et brioche, une attention plus que bienvenue, je suis trempé et congelé.
Bernard m'attend pour la petite assistance avant la spéciale, je vire mon pinlock foireux, met des gants secs, enfile un sandwich et repart au combat.
Il ne pleut plus (on a quitté cette chère Normandie) mais la spéciale est mouillée.
Malgré le revêtement aléatoire le grip était à peu près correct et il y avait moyen d'aller vite à condition d'avoir la foi.
Et un qui l'a eue la foi, c'est Denis en collant 10s au 2eme meilleur chrono de la spéciale.
Autant dire qu'en montant "en bon père de famille", j'ai pris une belle valise : 30s pour le 25° temps.
Bof mais pas grave, en route pour Angers.
Il flotte toujours mais à l'arrivée un beau soleil nous attend pour le premier passage dans la spéciale d'Angers, ou on nous prévient que ça glisse à peu près partout... ouais on s'y attendait.
Départ sur le mouillé, j'arrive à accrocher un petit 181 dans la ligne droite (198 pour Denis d'après mes infos) et finit à 10s du scratch à la 33° place, toujours pas folichon.
Assistance à Angers, je tente de faire sécher mes affaires le temps de manger un bout puis il est temps de repartir vers la spéciale pour le second passage.
Certains concurrents n'ont toujours pas fait leur premier passage tandis que les premiers arrivent pour leur deuxième, du coup gros bug dans les chronos et tout le monde attend sous le soleil.
La fatigue se fait sentir et on dort plus ou moins debout, mais ça ne dure pas longtemps et le compte à rebours reprend ses droits!



Mon tour vient et malgré un passage assez foiré à la voie ferrée je rentre pour la première fois dans le top 20 avec une 19° place toujours à 10s du scratch de... toujours le même.
Retour sur les rives de la Maine place la Rochefoucauld, on nettoie les tas de boues qui nous servent de montures et à peine la moto au parc fermé la pluie reprend ses droits.
Bernard désespère, mais je lui change les idées avec un petit atelier couper / coller du roadbook du lendemain,il ne restera plus qu'à le mettre dans le dérouleur le lendemain matin.
Comme le veut la tradition, quand on mange à Angers, le thème c'est pizzas "Tempo" que Flo ne manque pas de nous ramener.
22h, tout le monde au lit après une journée particulièrement éprouvante qui aurait mérité son rang de marathon.
Point scratch : Ju rétrograde à la 4eme place suite à une chute dans la spéciale de Bessé (note : je le rentre d'à peine 3s dans la spéciale...), Max fait une belle remontée au 13° rang et pour moi ça sera la 28° place, pas si mal au vu des résultats moyens de la journée.

Mardi 9 Octobre : Angers / Montluçon : 395 kms la journée marathounette

Normalement une journée marathon, on se lève tôt.
Loupé, départ à 6h25 soit exactement 2h plus tard que la veille.
Normalement, une journée marathon, on se goinfre de bornes.
Loupé, on en fait moins que la veille.
Normalement, une journée marathon, c'est sans assistance...encore loupé, tout est permis.
Je m'interroge donc, à part le fait de découper son roadbook, en quoi est ce une journée marathon?
Heureusement qu'il pleut sinon je serais allé porter un chèque de réclamation tellement c'est trop facile.
C'est vrai que tous les ans la journée marathon c'est un peu "ma" journée, celle ou les pénalités pleuvent et ou je remonte au classement assez facilement, mais cette année avec les moyennes plus sécuritaires il ne faudra pas compter la dessus, d'autant que les départs toutes les 30s encouragent les concurrents à se regrouper sur les liaisons pour éviter les erreurs.
Faudra pas compter la dessus, y a plus qu'à essayer de mettre du gaz donc.
Mais pas tout de suite car la première épreuve de la journée est celle ou il ne faut justement pas en mettre, la base chrono (le but étant de parcourir une distance inconnue en maintenant une vitesse moyenne idéale annoncée au départ, celui qui s'en rapproche le plus a gagné).
La base est assez facile mais particulièrement longue et comporte 2 pièges : un stop surveillé par les flics (Moon?) et une intersection qui a piégé les plus expérimentés à l'image de Domi, notre champion du monde en titre des 125.
Je passe la cellule à 50.0 km/h pile poil, mais à 5s du temps parfait, juste un petit réglage à faire pour la prochaine fois et ça sera tout bon.
Je fais la suite du routier en compagnie de Benoit et d'un autre gars en CBR, et les routes de la Creuse se révèlent plutôt amusantes, on s'éclate bien même si c'est encore et toujours mouillé.
Du coup je tartine, suivi comme mon ombre par les 2 zouaves jusqu'à ce que je décrète qu'il est temps de faire la pause biscuits.



Je fais signe de me garer à droite mais benoit a interpreté ça comme "on tourne à droite", ce qui n'était pas sur le roadbook, du coup il pile pour tourner plutot à gauche et le dernier de la file téléscope sa sportive dans l'arrière de la pauvre KTM, oups... chute sans conséquence, on continue (après les biscuits quand même).
On arrive à proximité de la spéciale largement en avance, on décide comme beaucoup d'autres d'attendre sur un parking à proximité du départ.
Et là, on voit le camion d'assistance Kawa, les 3 motos du team garées à coté, sur les béquilles avec les couvertures chauffantes sur les pneus... pneus neufs au passage.
Arf, j'ai l'impression d'être dans un autre monde, maintenant on change les pneus avant chaque spéciale et on arrive tout chaud à 80°C ? j'ai du louper un épisode et Benoit aussi hallucine.
Ce "luxe" s'imposera par la suite comme un standard pour les pilotes de tête, perso je qualifierai plutôt ça de course à l'armement néfaste comme le dit si bien Metimax.
Mais il y a une justice, c'est Ju qui scratchera la spéciale avec ses pneus "froids".
Une spéciale un peu délicate d'ailleurs, avec une première partie rapide et sèche mais humide et glissante dans les sous bois, je prends la 21° place à 16s de Ju.
Quelques kilomètres nous séparent de l'arrivée à Montluçon, nous empruntons même la spéciale du lendemain matin, celle de St Genest... j'ai entendu dire que certains en auraient profité pour la reconnaitre un petit coup, c'est honteux (le premier qui me balance je sors les dossiers ^^).
le CH d'arrivée est un peu pénible à trouver mais on finit par arriver à bon port, à peine arrivé et changé il recommence à pleuvoir, Bernard déprime.
La remise des prix est assez comique, le speaker appelle les vainqueurs par catégories sauf qu'à part en 125 aucun n'est bon, mais la situation se rétablit et Julien peut monter sur le podium, la journée est pour lui.
Fin de la 3° journée : Ju 4 / Max 12 et 25 pour moi

Mercredi 10 Octobre : Montluçon / Belleville : 334 kms

8h12, la météo annonce de la flotte.
Pas de problème, je viens juste de mettre ma deuxième combinaison, autant la tremper tout de suite.
Les quelques kilomètres qui nous séparent de la spéciale sont bien surveillés, pas moins de deux contrôles de vitesse en ville, gaffe.
La spéciale est mouillée comme à l'accoutumée mais il ne pleut pas, du moins pour les vingt premiers puisque quand vient mon tour une grosse averse se déchaine et je fais ce que je peux avec une visibilité réduite à peau de chagrin.
Magnifique chrono à 28s du scratch, 71° place, je suis dégouté mais heureusement pas seul dans mon cas.
Forcément la pluie s'est arretée juste après...
j'attends Benoit en panne de Vector et on enquille en direction de Belleville, la route est sympa mais il pleut...enfin je croyais qu'il pleuvait parceque la vraie pluie on a bien fini par la prendre sur la tête en passant un petit col.
Un truc de malade, même l'intérieur de mes os était trempé, jamais vu ça.
D'ailleurs je me fais limite engueuler par Benoit "mais t'as pas vu l'abri? Pourquoi tu t'es pas arreté?" boaf, trempé pour trempé, autant expédier la douche rapidement.
Et puis, ça a fini par s'arreter, les routes s'y pretant on se remet à arsouiller sur le mouillé et je prends mon pied pour de vrai même si une petite glisse de l'avant dans un droite me calmera un temps.



On croise Ju et Mat gigi qui eux aussi ont trouvé le moyen de se téléscoper en essayant d'éviter une bagnole.
On fait une pause 10 bornes avant la spéciale de Durbize au coeur des magnifiques vignes du Beaujolais, le temps d'avaler un biscuit magique et de se réchauffer.
Spéciale de Durbize donc, c'est mouillé mais séchant et le soleil tape, ça sent l'arnaque comme à Carole... bingo, 38° chrono, quand ça veut pas ça veut pas.
C'est pas Ju et Mat gigi qui s'en plaindront, en passant 2h plus tard sur le sec ils mettront plus de 10s à Bouan.
Petite boucle en passant par Belleville avant de revenir sur la spéciale, cette fois c'est sec pour tout le monde et je prends le 26° temps à 15s de Denis.
Retour au camp, changement des gommes après 4 jours de course, même s'ils sont pas bien usés en roulant tous les jours sur le mouillé.
Bilan de cette journée : Ju et Max grignotent : 3 et 11 alors que pour moi c'est une place de perdue (10 de retrouvées?) : 26eme.
Pour me consoler j'ai la visite de cette petite cachottière de Aude qui vient me voir avec le petit Gabriel et j'ai le droit à un énorme calin qui fait chaud au coeur.

Jeudi 11 Octobre : Belleville / Thonon : 418 kms

6h30, départ de Belleville en convoi en direction d'un petit bled à coté ou démarre le vrai CH.
Beaucoup de brouillard ce matin, je fais la route avec Benoit de nouveau, ça devient une habitude et c'est carrément sympa, ça donne l'impression de partir faire notre balade quotidienne entre potes et ça évite de s'endormir sur son roadbook.
Direction Oyonnax pour la première épreuve du jour : le chemin de la guerre, une spéciale qui porte son nom à merveille, avec de grosses relances sur une route bosselée et des virages rendus glissants par les feuilles mortes et les coulées de terre.
Autant dire que le but va surtout être d'éviter de s'en coller une sans etre ridicule.
Avec une 24° place à 20s de Denis, l'objectif était presque réussi mais c'était sans compter Barbara et son scoobite qui me colle une demi seconde...damned, et de trois.
Pendant ce temps la, Nick Ayrton gère son avance au classement des classiques, vu qu'il en a trop, il se met au tas pour relancer le suspense.
Je sèche mes larmes et reprend ma route en direction des Alpes ou nous attend MA spéciale, la Croisette.
Des successions d'épingles au bon grip entrecoupées de relances, le tout avec un dénivelé important, je sais pas pourquoi mais j'adore cette spéciale, même sur le mouillé.
Et ça tombe bien puisqu'elle l'est, mouillée.
On observe une nouvelle fois le ballet des couvertures chauffantes, et on assiste aux premiers départs ou certains partent à la faute à l'image d'Olivier Four.



Conséquence, un peu d'attente, juste le temps de refroidir les pneus et d'engloutir les barres chocolatées gentiment mises à disposition des pilotes par le MC d'Annemasse.
Je suis trop motivé, et même si la 3° épingle est repeinte de sable absorbant je me surprends à jeter la moto sur l'angle presque comme si c'était sec et le Traction Control me signale que j'en mets un peu trop à la sortie des épingles, cool ça doit vouloir dire que je me traine moins que d'habitude.
13° temps à 14s de Denis, et Max nous sort un superbe 4° chrono, voila qui motive un peu.
On redescend sur Thonon en compagnie de Seb "kikwin" et Olivier Rigaud, une cinquantaine de bornes ou les deux gaziers emmènent le groupe genou par terre avec les étincelles de kéké qui vont bien, c'est rigolo et pour ne rien gacher la vue sur le massif alpin est superbe.
Thonon, à peine arrivé il est temps de remonter à la Croisette pour le 2° passage, ça a commencé à sécher et j'ai l'impression d'être bien monté mais je ne prends que la 23° place à 15s de toujours le même, décevant.
Sur la route du retour, Benoit disparait subitement de mes rétros en arrivant en ville. Les minutes défilent, toujours pas de Benoit... à peine 5 minutes avant son heure de pointage le voila qui arrive poussé par Benjamin Colliaux sur son scoot.
Pas de gros souci technique, juste la béquille qui s'est dévissée, empechant la moto de démarrer à cause de la sécurité.
Nous voila de retour au camp, pendant que Bernard et moi nous amusons comme des petits fous à couper les bandelettes du roadbook surprise du lendemain, Guillaume file laver ma moto au karcher, ça c'est de l'assistance !
A coté de nous Pierrot et Cody s'amusent à ressouder le chasis du side car de BBR et Gazelle, le tout sans électricité sur le camp ... ou presque (merci le lampadaire d'a coté).
Moisson de la journée : 5 places gagnées, je suis 21 au général, le top 20 me tend les bras.
Ju a repris la 2° place et Max rentre de plein pied dans le top 10 avec la 9° position.

Vendredi 12 : Thonon /Alès : 511 kms Marathon le retour

Cette fois d'accord on fait un peu plus de bornes mais la moyenne horaire reste tranquille et l'assistance toujours autorisée, encore une journée marathon de principe donc.
En avant pour la spéciale de l'Observatoire, départ à 7h05 avec... Benoit qui me talonne à 3 dizièmes au général.
Le ciel semble dégagé mais un gros nuage s'accroche sur la montagne.
Les premiers partent sans pluie, et quand vient mon tour, paf il pleut, ça commence à devenir pénible.
Coup de chance, le brouillard s'intensifiant après mon passage la spéciale sera annulée, mon résultat passable est enterré.
Il pleut, on voit rien, la descente est pas super rigolote, et une fois dans la vallée ça s'eclaircit un peu.
Je profite de la pause au Grand Lemps pour enfiler une combinaison sèche, après tout on arrive dans le sud et j'ai décidé qu'il allait faire beau.
Comme par magie, une fois arrivés dans la Drôme le soleil nous réchauffe et les routes sont enfin sèches, on passe à moins de 10 kms de chez moi ça fait bizarre.
On traverse le barrage de Glun (prononcez Glain, pas Glune bande de ploucs) pour arriver en Ardèche, Patrice "Cani41", Benoit, Usimax et Alain sont à mon cul, que des traineteubs que je vais larguer au 2eme virage quoi !
Le RB nous fait monter à Plats (ne pas se fier au nom du bled) par des chevrettes totalement improbables, limite parcours VTT avec des épingles gravillonnées, des bosses partout, c'est hyper étroit et sans visibilité.
Dans ces conditions autant le reconnaitre, c'est presque moi qui bouchonnait les autres à commencer par Patrice déchainé sur sa 950 Sumo!



Alboussière, Vernoux, St Michel de Chabrillanoux puis St Sauveur, on tartine, c'est le bonheur.
Une fois dans le Coiron, les routes deviennent piégeuses et je commence à fatiguer, je décide de rendre la main et de me trainer gentiment en profitant du paysage.
Les autres sont visiblement sur une autre longueur d'onde et je me retrouve rapidement tout seul à flâner, doublé de temps à autre par des lapins fous dont un que j'aiderai à sortir du fossé quelques virages plus loin, il a du repérer du terrain à acheter.
On rejoint ensuite Alès par la vallée de l'Ibie ou nous sommes visiblement attendus, tantôt par les poulets tantôt par les spectateurs qui nous prennent en photo.
La spéciale rallye d'Alès sera pour Barbara l'occasion de me mettre une 4eme branlée en spéciale, et autant dire qu'elle n'a pas fait les choses à moitié en prenant le 11° temps scratch.
Ça me rassure, y a des pas mauvais qui ont subi le meme sort, hein Max ?
Je gagne tout de même une place au général, place immédiatement chipée par Benoit qui fait un beau chrono (mais derrière un scoobite quand même).
Grosse assistance ce soir, j'ai mes pneus à changer et je remets le pot d'origine, le leovince est trop bruyant et je préfère éviter le sonomètre à la sortie du circuit.
Pas de souci, Aude et ma frangine sont là pour m'aider.
Changement d'organisation à partir de demain, Aude remplace Bernard au titre de coach-assistant.
Pas de changement des classements ce soir.

Samedi 13 : Alès – Toulon : 373 kms : c'est la guerre

Du fait de mon classement à Carole, je pars au fond de la 2eme série de 30 pilotes, pas terrible, j'aurais préféré être à l'avant de la 3eme série mais on fera avec.
Metimax, Ju Vezzuti, Jeremy, Patrick Curtat et Romain sont aussi de la fête, il risque donc d'y avoir un peu de baston si j'arrive à gicler du fond de grille !
9h30, il fait froid mais beau et j'ai la rage au ventre, à la fois excité à l'idée de rouler sur MON circuit et à la fois enervé d'etre aussi mal placé sur la grille.
Tour de reconnaissance (cette blague, j'y suis allé 6 fois cette année), tour de chauffe, je décrète que mes pneus sont chauds.
GO! premier droite j'en double 10, premier gauche ça continue, je roule comme un demeuré et me retrouve 4eme au premier tour, chouette je vais pouvoir jouer avec mes potes devant.
2eme tour, Max perd l'arrière dans le virage 2, dommage, son top 10 s'envole dans l'opération.
Je rattrape Romain, la Tuono V4 et finit ma série en 2eme position avec Ju Vezzuti en ligne de mire, dommage j'aurais adoré m'engrainer avec lui dans cette session.
Pas de regret, ma 12eme place scratch me fait faire un bond dans le top 20 au général.
Je prends mon temps avant de partir sur Toulon puis file seul au monde vers l'est.
Très vite je me fais doubler par un missile : Max sur sa 675 Brutale qui a du temps à rattraper après avoir fait un peu de mécanique.
Pas envie de rouler seul, tant pis on va encore etre obligé de tartiner, trop dure la vie.
Un vrai plaisir de rouler avec Max, c'est super propre, il navigue comme un pro et envoie quelques glisses et roues arrières pour faire le spectacle.
Une fois le temps rattrapé Max consent à me laisser le guidon du petit 3 pattes italien, une petite bombe qu'il me tardait d'essayer.



Mais dans sa configuration rallye (amorto EMC, fourche de F3), la Brutale me laisse perplexe...autant elle se révèle vive et le moteur explosif dans les tours, autant les suspensions se révèlent raides et rendent la moto difficile sur les bosses, quant au 675 c'est un vrai plaisir de le faire beugler dans les tours mais à peine plus coupleux qu'une Mash 125 à bas régime. Moins homogène qu'une triumph à mon gout.
Après le CH du matin je me retrouve tout seul pour faire l'ascension du Ventoux, c'est bien moins rigolo qu'en 2011 avec les potes.
Maigre consolation, 2 lapins gendarmes en FJR à croquer dans la montée mais ils se débattaient à peine, c'est pas drôle.
Ginasservis, le sud, le soleil, les routes sèches, la spéciale est rapide et possède un gros grip, je fais parler la poudre et chope la 14° place, à 15s du scratch de Bouan, ah ah elle est ou la baignoire à roulettes la hein elle est ou? non mais quand même.
On a beau etre dans le sud, la pluie fait un dernier effort pour nous arroser aux environs de Mazaugues, pile poil au moment ou je suis arreté à un feu rouge interminable.



Voila enfin Toulon et sa corniche, ça commence à sentir la fin mais il nous reste une petite formalité avant de nous relacher : le Mont Faron de nuit.
J'équipe la kawa de 2 feux à leds "Tecnoglobe – Pautet Racing" et en avant pour la mythique spéciale.
Grace aux prestations de la journée je pars en 15eme position, juste derrière Nico "Merci" Derrien.
Couvs chauffantes à l'arrivée mais la spéciale n'est pas prete et on poireaute 30 minutes, juste le temps de mettre les pneus à la même température pour tout le monde, c'est à dire froids.
5.4.3.2.1...c'est parti, premières épingles sans risques, les enfilades passent un peu trop prudemment mais j'arrive à faire mon petit saut au fort quand même, l'honneur est sauf!
Les épingles passent pas trop mal grâce à mon guidon haut et je finis 17eme, à 22s de Ju qui monte en 3'04 soit plus vite qu ele scratch de l'an dernier...de jour.
Tout le monde s'accorde à dire qu'il est monté en mauvais père de famille.
Nico et moi en profitons pour gratter une place, celle de Cedric Louvel pas super à l'aise de nuit visiblement.
Bilan de cette journée : Ju est 3, moi 14 et Max 15 à cause de sa chute à Alès.
Devant moi Nico a 3s d'avance et derrière Max me talonne à 12s, sauf erreur je devrais pouvoir conserver ma place le lendemain.

Dimanche 14 : Toulon / Toulon 146 kms le sprint final

Ca caille mais il fait toujours super beau, on roule décontracté avec Max vers la base chrono prévue sur la route forestière du Siou Blanc, une petite route bien marrante.
Malheureusement en raison de la présence de nombreux chasseurs celle ci est annulée, dommage mais pas dramatique, une base chrono c'est rigolo mais ça sert à rien au classement.
Venons en tout de suite au vif du sujet : la spéciale de Puget Ville autrement connue sous le nom de "route à Titi", une portion de route typée circuit sur laquelle nous avions tiré une mémorable bourre lors d'une balade.
Une spéciale à sportive donc, et un mono à 3s devant moi au général...mais voila, le gazier est quand même champion de France 2011 et même en mettant du gaz comme un goret je ne lui reprends que 2s!
Pas grave, pour une fois le scratch est à moins de 10s de mon temps et je valide ma 14eme place de l'édition 2012!
A peu près 5 minutes après avoir posé la moto au parc fermé je bronze en short / tongs, plus de tension, plus d'horaire, c'est le meilleur moment.
Sur le podium, Denis s'impose en inoxydable vainqueur, Mat Ginès s'offre une belle 2eme place et Ju complète le podium.
Le podium Sport, je pourrais le baptiser "podium des potes" avec un Nico logiquement sur la plus haute marche accompagné de Max "Usimax" et Benoit, tous trois sur 690 SM.
Je l'ai même trouvé un peu étroit ce podium, j'y aurais bien casé une 4eme marche pour mon autre pote Seb Collet qui finit sa première participation à la 26eme place, bien joué les gars.
Quant au père Metimax, sa chute à Alès lui a couté cher et il termine juste derrière moi, pour lui c'est un peu comme si Barbara et son scoot finissaient devant moi.
Un peu dépité mais loin d'etre abattu pour autant, notre éternel optimiste évoque déja ses nouveaux projets avec enthousiasme.

Fais l'bilan, calmement

J'ai pas mal réfléchi pendant ces 8 jours intenses et je suis passé par plusieurs phases.
Dans le Moto Tour, il y a la phase préparatoire, celle qui excite, qui obnubile, on ne pense presque qu'à ça pendant les semaines précédant la course.
Ensuite, il y a la phase "début de course", on retrouve les copains mais immédiatement un gentil stress vient nous coller à la peau.
Quand la course commence, les premiers jours sont immuablement difficiles et les résultats décevants, le routier est souvent pénible, le climat "régional".
C'est le moment ou on se dit : vivement qu'on se barre sur les premières spéciales sympas.
Et puis vient la phase d'usure, celle ou on arrive sur les spéciales sympas mais ou les résultats se font toujours attendre...on commence à se demander ce qu'on fait la, après tant d'investissement et de préparation.
On est d'autant plus impatient qu'au bout du 4eme moto tour, une 25eme place ne satisfait plus, elle déçoit.
Après tout il est ou le plaisir dans le Moto Tour exactement? J'en discutais justement avec Greg Lannoy à Thonon.

Il y a le plaisir de la découverte, mais celui la ne marche que la première voir la 2eme fois.
Il y a le plaisir d'etre avec les potes jour et nuit, celui la heureusement est systématique.
Il y a aussi et surtout le plaisir de rouler, et celui là on ne l'a pas forcément quand on est dans la peau de Bob l'éponge sous la flotte.



Enfin, et c'est peut être le plus important pour certains, il y a le plaisir du résultat.
J'ai rarement ressenti autant d'excitation qu'après avoir fait mon 3eme temps à Péone en 2009 ou après avoir gagné ma série à la Bresse.
Mais cette année pas une fois je ne suis rentré dans le top 10 au scratch, pas une fois je n'ai réalisé de chrono proche du scratch...ce plaisir là, il m'a clairement manqué.
Qu'est ce qui s'est passé depuis 2010? trop de concurrence? Je me traîne? Peut etre un peu de tout ça, en tout cas on en vient à se poser des questions : à quoi bon revenir en 2013 si c'est pour régresser?
Pour etre honnete, jusqu'à Alès je n'en avais pas l'envie.
Et puis la magie de fin de Moto Tour fait son effet, le sud et son soleil, les classements qui s'améliorent, le plaisir de tartiner sur route sèche... en 2 jours tout s'est remis en place et ça y est, j'ai envie de revenir choper ce satané top 10 ! reste plus qu'à faire la quête pour trouver les ronds !!

  

Commentaires
 
Fred (28/10/2012)
ah le tarinage sur route sèche..."Merde" prématuré pour la prochaine édition!

Ben (28/10/2012)
t'as déja tout lu Fred ?!!!?

Crazy (28/10/2012)
beau CR mon pote...pour le top 10 l'année prochaine entraine toi bien....:)

Ponpon (28/10/2012)
Moi, j'aimerais bien la 25ème place :-) On est toujours le poireau de quelqu'un ;-)

Ben (28/10/2012)
ouais, jusqu'à ce que tu fasses 20 Ponpon ;)

Ponpon (29/10/2012)
Oulaa, c'est pas pour tout de suite ^^

Dimitri07 (29/10/2012)
ça : "Le RB nous fait monter à Plats (ne pas se fier au nom du bled) par des chevrettes totalement improbables, limite parcours VTT avec des épingles gravillonnées, des bosses partout, c'est hyper étroit et sans visibilité" : c'est la route des amboulons, que je fais en VTT de temps en temps, c'est vrai que ça grimpe et que c'est pas large, mais tu y étais déjà passé quand je suis arrivé à ce carrefour, donc je n'ai pas pû te prendre en photo, désolé...

Fred (29/10/2012)
Ouaip, en lecture j'arsouille sévère...

Patrice (29/10/2012)
Beau CR, sur une belle course. En fait, toi, il te faudrait 4 jours de plus pour le top 10!

Berni (29/10/2012)
Tu roules avec le scoot de Barabara l'an prochain? ;-)

Poustache (01/11/2012)
Ouè, se faire pourrir par Barbara en spéciales, sur circuit avec sa baignoire à roulettes, sans être misogyne ou sexiste de base ça me laisse perplexe. Tout le monde est capable de souder en ligne droite va falloir travailler le freinage et surtout la vitesse de passage en virage.( On pourrait s'organiser un stage?) En tout cas j'ai eu un grand plaisir à lire ton CR et cette fois ça ma rappelait des souvenirs.

Jny (04/11/2012)
enfin ... depuis le temps qu'on l'attendait ce cr ;-)) et c'est génial car on partage un peu tous ces moments où on était frustrés de ne pas être ... on se retrouve dans le corps et dans la tête du pilote ... et ça c'est super intéressant ... ça évolue d'année en année non ?? mais le sens de la groupie revient illico et on a tjs hâte de revenir, à peine le rallye terminé ! Bravo pour ton cr, ton classement, ta niaque et le spectacle !!!


 
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