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TT 2011 - Transpy des Trompettes
Midi-Pyrénées du 04/08/2011 au 12/08/2011
3450 kms

(par JeanJean le 18/12/2011)

liens & avis
L'hiver est là, le boulot te gave, tu n'as plus une caillasse en poche, la politique te fait mal à la tête et tu en as marre de la télé réalité ! Si tu as un peu de temps devant toi avant d'aller te pendre, je te propose un peu de rêve à travers ce récit de ma petite balade de l'été : La TT ou plutôt La Transpy des Trompettes !

Ne t'en fait pas, d'ici le printemps prochain, tu as le temps de te refaire et de préparer ta nouvelle monture aille arracher de la chevrette par rubans de centaines de kilomètres...

L'enchainement royal

On est au mois de Mai, la saison a bien débuté avec une bonne balade autour de Valence. C'est aussi à cette époque que je me suis décidé à changer de boulot. Tout s'enchaine bien, je trouve une nouvelle boite, mon patron est d'accord pour me laisser partir rapidement. Bref, à cette saison, il serait dommage de ne pas profiter de ce changement pour se garder un peu de temps pour profiter un peu.

Le temps de tout négocier et hop, c'est décidé, je me prends 2 mois de vacances avant la reprise. Maintenant que les dispos sont ok, va falloir voir à se faire un planning aux petits oignons parce que mouler devant la télé, c'est pas trop mon trip.

Entre les vacances en famille, l'envie de me faire un tour en Alfa et géré les transferts des enfants des grands parents aux autres, le programme se rempli rapidement. Je me prévois quand même une grosse semaine moto début Aout. L'idéale serait de se faire une bonne balade et une ou 2 journée de circuit. Oui mais ou ? Et quel est le programme des autres zouzous ? Sans compter qu'avec le départ de ma boite, pas sur que je conserve la HP2.

Ouais je sais, j'ai des vrais problèmes à gérer, et avec tout ça le temps passe vite et le mois de Juin est déjà bien avancé. Je sais déjà qu'Olive sera de la partie avec moi. Ben est chaud pour passer quelques jours avec nous (tu parles d'une surprise). Loïg se tâte vu qu'il vient de reprendre le boulot après une pause scolaire (détente) de presque 1 an.

On parle d'aller faire un tour dans les Pyrénées. C'est vrai que ça le ferait bien, je connais pas, tout le monde n'en dit que du bien, et au départ de Paris c'est juste pas la porte à côté pour le faire sur un week-end.

Oui mais bon, je vais pas y aller à pieds

Tout se présente bien, sauf que j'ai un p'tit détail à régler... Qu'est ce que je vais avoir comme brèle bordel ! La HP2 est en cours de négo avec mon ancien patron et l'envie de changer pour les vacances me botte à bloc. Les Pyrénées, si ça c'est pas un synonyme de chevrettes et de Supermot ??? Depuis le temps qu'on parle en plus des Supermots... Le mono, je connais juste à travers les essaies de la Duke R de Bernard que j'ai adoré, les Duke 2 de Ben et Pascal que j'ai trouvé juste improbables tant au niveau partie cycle en carton qu'au niveau moteur, et une 690 SM Prestige essayée il y a longtemps au mois de novembre sous la pluie... Il est donc temps de se faire un vrai avis, avec des vrais grumeaux de mono.

Bon, va falloir choisir un bon cheval. Mais restons décontracté. Je ne suis pas trop du genre à essayer toute la production mondiale, à peser le pour et le contre pour faire un achat raisonné et raisonnable qui réponde à un ensemble de critères murement sélectionnés. Je ne suis pas non plus, comme certains qui se reconnaitrons, attaché à la silhouette que je peux apercevoir au feu rouge dans les fenêtres des bureaux du rez-de-chaussé. Ca tombe bien parce qu'avec mes 1,90 mètres et mes 95kg, j'ai plutôt l'air d'un crapaud sur une boite d'allumette en toutes circonstances.

Finalement l'important, c'est de se faire plaisir, en mettant une bonne race aux autres et sans trop lâcher de caillasses non plus. On est pas des rentiers non plus. Ca tombe bien, investir dans une moto sans y laisser de plumes c'est mon dada. Et vous pouvez me croire, acheter une brèle, rouler avec 1 an et la revendre au même prix, c'est possible et même assez simple. Enfin, c'est pas en achetant une bandit 600 ou une Fazer que vous ferez des miracles, faut pas rêver non plus.

Je zieute donc les annonces, mon côté daltonien joue à plein et la 690 SMR me fait de plus en plus de l’œil. Cette petite tête de canard assez atypique sort un peu de l'ordinaire. Finalement je tombe sur ce que je cherche : une 690 SMR - 5500 kms, bien placé en prix. Bing, chèque à la main, je vais la chercher à Dijon. Je la laisse en Bourgogne chez mes parents, ça sera toujours 350 kms de moins à faire par l'autoroute en mono pour descendre dans le sud.

Un peu de Tuining

Maintenant que j'ai la belle full stock, va falloir l'équiper course un peu. On a dit chevrettes, faut la faire tirer court. Les 2 autocuiseurs qui servent de pots ne me font pas bander non plus et le bruit distillé est juste minable. PSB-1, une petite ligne SC project pas trop chère avec une carto adaptée, ça commence à ressembler à quelque chose de plus sympathique. Ajoutons à ça un bon bricolage pour attacher des bagages pour 8 jours en limitant la taille du sac à dos, un support de plaque maison plus léger que la bavette d'origine, des balles neuves et tout est prêt pour envoyer de la buchette en bonne compagnie.

La monture est prête, le jour J approche. Le temps de contacter tout le monde pour voir si le programme est maintenu. Aller comprendre pourquoi, mais pour une fois au lieu d'avoir des désistements de dernières minutes c'est l'inverse. En plus des 3 initiateurs, 4 Toulousaings ou autochtones de la région se greffent. On note dans le désordre Pascal & Poustache puis Philippe et Serge que je ne connais pas. A peine leur venue annoncée, qu'on apprend que Philippe, local de l'étape pyrénéenne a déjà imaginé l'itinéraire et réservé les gîtes. Nous qui avions l'habitude d'improviser à 18h autour d'un bière pour trouver une piaule chaque soir, on croirait presque qu'on part à l'UCPA des motards.

Mais si on est à l'UCPA, dans quel groupe ils vont nous avoir mis ? Si c'est les brutes, ça risque d'envoyer de la buchettes par stères entier cette histoire. Va falloir préparer le mental. Remarque à ce niveau, je suis pas le plus mal placé : Pascal, Ben et Olive l'ont bien fracturé avec leurs exploits respectifs de cette dernière année. Je vais pas le re-détailler ici, sinon on y est pour une semaine.

RDV est pris

Comme d'habitude dans ce genre d'histoire, se retrouver à 7 avec pour départ Paris, Valence, Albi, Toulouse, ça ne se fait pas en 30 minutes. Et c'est là que le TT a commencé pour moi.

Après coup, c'est facile à dire et j'aurais du le prévoir et m'en douter... Mais l'euphorie des vacances, de rouler avec des potes, d'en profiter sur une semaine entière, d'essayer ma nouvelle brèle... Tout ça m'a fait passé à côté de ces 2 détails insignifiants. La longueur des étapes quotidiennes, et le nombre total d'étapes !

Départ mercredi soir de Paris en train, jusque là tout va bien. Levé le jeudi à la fraiche pour équiper le bouzin et vérifier que tout est en ordre de marche. Il fait bon par contre j'ai seulement la journée pour prendre en main la 690 SMR. Parce que sur Valence, Ben est tendu comme un string de 34 sur le cul de Valérie Damido à l'idée de se baffrer 4 jours sur sa 570 FS tout juste débarquée dans son garage et griffée par son cousin. Olive est plus dans l'expectative, mais sa Tuono souhaite en découdre après sa dernière chute en rallye.

Valence via le Jura...

Histoire de changer les habitudes, je décide de partir par le Jura. Ce sera ensuite le Bugey, La chartreuse, en enfin le Vercors. J'annonce direct... gros gavage. La moto est mortelle, c'est léger comme tout, le moteur super sympa même si en sortant de la HP2, il faut savoir jouer de la boite pour ne pas descendre sous les 4500 tours. Le bruit est mortel, les bagages ne posent pas de question et me permettent de limiter le chargement du sac à dos à un camelbag, un tirebouchons, une paire de lunette et 2 ou 3 cartes routières pour la semaine.

En avance sur le RDV prévu à Valence vers 19h30, j'en profite pour découvrir tout un tas de chevrettes dans le Vercors, en zigzagant d'est en ouest. Vous ne pouvez pas imaginer comme le souvenir d'un temps idéal autour des 25°C me fait penser que l'hiver va être encore long avant de pouvoir en profiter de la sorte.

J'arrive donc trop content de ma journée à Talavard, fatigué mais à bloc. Le temps de prendre une douche et zou, on récupère Olive à la Station TGV. Ce dernier l'avait annoncé, l'objectif du jour est de démonter la cave de l'ardéchot ! Mais la fatigue plus l'annonce de Ben qui prévoit un départ pour 9h00 sur les motos nous raisonnera. Je pense aussi qu'Olive voulait être en forme pour cette première journée et que de son côté, il avait bien en tête que la semaine allait être longue.

Le bon, la brute... et le Gros

Levé tranquillou, matos chargé, Ben remet ses protèges mains un peu griffés sur mes conseils. On est pas en avance, le programme est ambitieux pour retrouver les 3 toulousaing à 16h à Saint-Pons-de-Thomières. Ca fait quand même plus de 400 km de routes à chèvres et il est maintenant 9h30 passé.

En même temps, commencer par tirer tout droit vers l'objectif et éviter la Côte du Pin serait un sacrilège. Donc c'est parti. Arrivé à Alboussière, un local en short nous coupe la route sur son Quad. Il devait sans aucun doute aller chercher une chemisette assortie au marché du terroir de Lamastre ! Toujours est-il que devant Ben n'a pas trop compris ce qui arrivait derrière lui et qu'avec Olive, on faisait pas les fiérots à le regarder sur 2 roues ou en glisse dans tous les virages. On aurait cru un collaborateur de France Télécom qui souhaitait mettre fin à sa vie suite à un harcèlement moral trop marqué.

Cette petite mésaventure passée, nous continuons vers Le Cheylard, Mézilhac. Les travaux sont enfin terminés et le goudron a remplacé la boue. Personne ne s'en plaindra. Direction Aubenas puis du roulant jusqu'aux Vans.

570 FS : Licorne sauvage

J'en profite pour échanger de poubelle et prendre la 570FS. Avec tout ce qui a été dit par Ben, les frasques de Pascal à son premier essai, les fantaisies pour la démarrer ou pas d'ailleurs, je me suis demandé si je n'allais pas monter nu, a cru, sur une licorne sauvage ! En fait non. Bon c'est vrai que la brèle est minimaliste, le moteur ultra vigoureux et pleins de grumeaux, la partie cycle hyper nerveuse aussi, le freinage convainquant et l'embrayoire pas franchement antidribbles. M'enfin je suis pas non plus un jockey et les conseils de vigilances me font rester sur la réserve.

Au final, j'ai trouvé la partie cycle assez rétive, ceci d'autant plus que le moteur est plutôt omniprésent et ce malgré la boite 5 agricole. Du coup la roue avant aime beaucoup quitter le sol en sortie de virage. La moindre imperfection sur la route entraine des réactions imprévisibles qui peuvent faire franchement peur. En comparaison, la 690 est bien plus évidente. Le moteur est moins grumeleux mais pas en reste niveau sensation, la partie cycle plus facile et la boite 6 ne gâche rien...

Je conçois par contre que bien emmenée, juste pour le plaisir sur une petite balade, on puisse vraiment y trouver son compte.

Si on devait faire la comparaison d'un point de vue culinaire, je dirais que la 690 SMR est un ballotin de volaille fourré d'une farce fine savamment préparé là ou la 570FS est un malheureux poulet avec un crouton de pain aillé dans le fion ! Ok, au final, le bucheron préfère le second plat parce qu'il est plus nourrissant et en prime il a les os qui croquent sous la dent et font office de cure-dents ! Mais en réalité le bon sens vous fera choisir la 690 qui est plus fiable, coute moins cher, marche déjà plutôt bien et n'utilise pas tous vos playmobiles fondus pour en faire l'habillage plastiques recyclé non peint !

Les enfants, restons sérieux, à 10k€ le bout, le plastique mat blanc, le démarreur qui ne marche qu'une fois par jour, la boite 5 agricole, et la selle qui nécessite de mettre un cycliste sous la combarde, on se prendrait pour une star prise par Marcel Béliveau dans Surprise sur prise !

On est pas arrivé

Je reprends donc ma 690 qui pourrait passer pour une TDM en comparaison de la 570FS. Direction Génolhac, La Grand-Combe pour la pause déjeuner. Petit rade tranquille en bord de route. Il y a au moins 4 tables occupées avec la notre. Olive a faim, on est pas en avance... Notre Gros décide donc de brusqué le gros patron ! Oulala, erreur, nous ne sommes pas à Paris et visiblement dans la région, 4 tables c'est ce qu'on peut servir sur une semaine. Le taulier nous fait signe qu'il est débordé et que ça arrivera en temps utiles. C'est pas grave, mais c'est quand même drôle. Salade vite avalée, on repart en ayant quelque peu décalé le RDV avec Poustache.

Il ne faudra que 3 virages pour que le moteur de la 690 coupe sans rien demander. Il fait chaud, Ben fait son autiste et part devant sans rien voir, Olive s'arrête avec moi. Le temps de tout démonter, se poser 70 questions, on finit par débranché la batterie dont un des écrous est soudé au boulon ! Le boulon est mort, heureusement les ingénieurs de KTM sont malins, tous les écrous de la brèle sont les mêmes. J'en prends donc un sur le raz de roue, ça fera l'affaire. La moto repart sans poser de questions. Sans doute un coup de calgon du calculateur. Et HOP une heure de perdu et vu la chaleur, ça commence à bien sentir le poney dans les cuirs déjà sales de plusieurs années.

Finalement, on annule le RDV avec les autres pour se retrouver au gîte. La route est encore longue et en prime chevrétesque, surtout sur la fin.

Alléluia, le gîte.

On arrive finalement sur site à près de 20h, bien mort, le cul en forme de porte des étoiles pour moi. Les Toulousaing sont tous fringuants de leurs 2 heures de moto parcourus pour arriver de chez eux. Rencontre avec Serge et Philippe que nous ne connaissions pas avec Olive. Serge, alias canari est à poil tranquille près de sa Versys, Philippe nous fait découvrir sa 950 SMR rallyfiée (elle a du tomber plus de fois que n'arrive à le faire les participants d'une balade du VTSC !!!).

Poustache nous fait découvrir sa Superduke préparée DDMT. Entre les protections maison en kevlar sur les pots et le tableau de bord d'A380, y aurait de quoi faire parler un bon moment.

On trouve dans le désordre au guidon :
  • Le lecteur de raodbook
  • Un tripy
  • Un voyant de pression et température des pneus
  • Un vector pour se recaler en permanence

Pourquoi tant de bordel en balade me direz vous ??? Pour s'entrainer tout simplement. Le DDMT est dans 2 mois, il faut un moment pour s'adapter à tout ça, d'autant qu'il faut en parallèle envoyer de la buchette et donc regarder la route.

Vous aimez la moto... ca tombe bien

On s'arrête avec Ben devant la Versys en ce demandant ce que c'est que cette daube. Mais notre réaction est unanime : Méfions nous du vieux briscard de Serge. Avec ses 55cv, l'ABS chinté à l'arrache, l'amorto Fournales spécifique gonflé à la micro-pompe à vélo, les pneus en bois et le dérouleur de roadbook taillé dans une bouteille de Vichy Célestin avec 2 bouts de mousse, on sent bien qu'il veut nous la faire à l'envers le Canari. Ca sent l'expérience et en plus personne n'a encore roulé avec lui si ce n'est Philippe qui n'aborde pas le sujet.

A peine le temps de prendre une bière qu'un orage nous oblige à nous mettre à l'abri. Et c'est ce même moment que Philippe, l'organisateur de la bouclette espagnole, décide de nous parler du programme du lendemain. "Bon, levé à 6h30, il faut qu'on soit sur les motos à 8h grand max, on a une grosse journée demain, avec 550 km de route vers le gîte soit environ 11 heures selon mes calculs avec les pauses. Et comme je vous sens bien chaud, je viens d'ajouter une petite bouclette Supermotard de 95 km. Ca devrait ajouter une heure au programme initial !"

Retenez bien ce terme de bouclette supermotard, on y reviendra plus tard.



Pour ma part, je n'ai saisi que 3 mots de cette annonce : 6h30, 550km supermot et 11h de moto. Je viens de me taper 22h de brèles en 2 jours, il est 21h, j'ai tellement mal au cul que je bois ma bière debout, la fatigue est quand même un peu présente, et vla pas que dans 10 heures il faudra être sur les brèles !!! Z'êtes pas bien ou bien !

Heureusement, la bière, le repas bien bon et les discussions vont me faire oublier ces "détails". Finalement, tout le monde se retrouve debout à 6h40 comme prévu. Petit dej en règle, bouclage des bagages et encore une bonne nouvelle. Pascal n'a plus d'essence et la prochaine station est loin ! Qu'à cela ne tienne, j'ai de l'essence, de quoi siphonner, allons y !

Mais quel con alors ! Siphonner avec un matos de merde (tuyau trop petit) à 7h30 du mat. C'est juste une idée à la con. Ca n'a évidement pas fonctionné, la bouche et le nez m'ont brulé toute la matinée, sans compter que le proprio qui me regardait faire fini par nous dire. Ah, vous mettez du super dans les moto, j'en ai un bidon dans mon garage !!!

Oh le con !!! Enfin je peux pas lui en vouloir, voir un parigot bien fatigué siphonner une brèle à 7 du mat, moi aussi j'aurais laissé faire pour me régaler un peu !

La bouclette Supermot'

Philippe l'avait annoncé, on attaque par une petite route à supermot qu'il a ajouté au dernier moment voyant bien qu'on était tous ambitieux. Du coup, personne n'est surpris de prendre des routes de moins de 2 mètres de large au milieu de la montagne. Ca a le mérite d'être très beau et de nous donner beaucoup d'avance sur le timing déjà serré de la journée. Tu parles ouais... Au bout de 2 heures, on a au moins du faire 80 kms. Olive est à l'arrière avec Pascal, surement pour panser ses plaies encore fraiches. Ca roule tranquille, je dois bien être le seul a transpirer sous mon casque tellement mon gorgeon de SP98 m'arrache toujours la bouche et le nez.

Petite pause pour attendre les retardataires, on repart sur du plus roulant. Le temps est doux, les routes mortelles, ça alterne rapide et chevrette. C'est le moment ou on peut un peu jauger des forces en présence. Tout le monde roule propre à une exception près : Serge, alias Canari, alias Le Ayrton Senna de la Terre ! Incroyable cette technique. Serge, c'est le genre de personne qui vous fait remettre en cause toutes vos certitudes en 3 virages et 2 épingles.

Le Ayrton Senna de la Terre : technique

Imaginez plutôt un virage à droite sans visibilité. Vous auriez tendance à vous mettre à l'extérieur ou du moins au centre de la route pour essayer de visualiser le virage et à y plonger plus ou moins dedans. Et bah Serge c'est l'inverse. Il attaque à la corde pour se retrouver voie d'en face au milieu du virage. Et le pire de tout c'est qu'en plus d'être dangereux, c'est efficace. Enfin je sais pas si c'est la surprise de le voir faire devant vos roues qui vous fait ralentir, mais en tout cas il ne traine pas le bougre.

Pour ce qui est de l'épingle, je pense que c'est Olive qui a trouvé le nom de cette nouvelle technique de franchissement totalement imparable : "l’agrafe". Il s'agit simplement de partir à la corde, d'aller jusqu'au fossé voie d'en face avant de tourner le guidon et de recommencer l'opération une seconde fois avant de repartir dans l'autre sens. La trajectoire est donc identique à la forme d'une agrafe !

Et ne vous imaginez pas qu'il s'agit d'une vision de mon esprit, on en a tous parlé ensemble et la surprise a été la même pour tout le monde. Disons pour terminer sur cette parenthèse que le Sergio, c'est pas le genre de personne que tu suis à la trace sans te poser de questions.

Bref, on approche de la frontière espagnole vers Prats-de-Mollo-la-Preste. J'en profite pour prendre la 660 SMC de Pascal. Elle est un peu dans l'esprit de la 570 FS, assez rugueuse. Elle vibre plus par contre, et un trou à mi régime est vraiment désagréable. Le freinage Beringer cause plutôt bien et l'embrayoire est fait pour les hommes. Niveau partie cycle, je n'ai pas réussi à trouver mon bonheur. Je trouve qu'elle engage trop, qu'elle est très souple et ne met pas en confiance. Et puis le plastique et les vibrations, ça fait trop penser à un œuf kinder cette histoire, mais sans le cadeau à l'intérieur.

Hablas español...

La route s’élargit, tout le monde passe devant en enroulant rapide. Olive fait un peu parler le moteur de la Tuono. Ben enroule à 140-160 sur sa FS (dont le moteur cassera de manière inexpliqué 3500 km plus tard). Sur ce petit passage (sur route fermée bien entendu) Olive trouve le moyen de confondre un virage à droite avec un parking qui se trouve en face. Ben fait de même. On parle de solidarité motarde. Nous sommes avec Pascal à l'arrière. Je suis toujours en train d'essayer de comprendre la 660. Arrivé à un rond point, on se trompe de direction. Le temps de comprendre et de faire demi tour, Philippe notre Saint Bernard vient nous chercher. Demi tour sur un parking pour la 950 SMR et Crack. Elle est un peu plus rallyfiée sur un mauvais appuie. Mais rien de grave, ça ne se voit même pas, seule une rayure horizontale a été coupée de manière verticale dans la chute à l'arrêt ! Vertical, c'est aussi le terme qui sied le mieux au pot gauche de la KTM. Une vraie cheminée de haut fourneau. Mais c'était sans compté sur notre carrossier de Canari qui remet tout le monde en forme à coup de manche à balai ! J'en profite pour passer un message à ses amis. Si vous voyez Serge avec un balai, tremblez !!! Il pourrait bien vouloir vous redressez.

C'est le moment que choisi Philippe pour nous détailler sa bouclette supermot qui doit suivre dans le programme. En fait de bouclette, on parle quand même de 95 km de routes à chèvres. Olive calcul rapidement. Vu le rythme du matin, l'heure prévue à la louche ressemble plutôt à 2 voir un peu plus vu la topologie du terrain et l'herbe qui pousse en lieu et place des pointillés centraux.

Olive décline l'invitation accompagné par moi même. Il nous reste encore 8 à 9 heures de moto sans la bouclette, soit largement de quoi nous contenter. Et pourtant on est plutôt gourmand par nature tous les 2. Limite si Ben et Pascal ne nous ont pas insulté de taffioliser ! Mais bizarrement, après une rapide discussion, tout le monde abandonne l'option. Quelle bande de Bocas ces cousines sudistes alors !

On repart donc en groupe avant la pause déjeuner à Ripoll. Tout le monde étant très espagnol-aware, on choisi au hasard sur la carte. Coup de bol, ça le fait. Pascal reprend un hamburger et une glace en plus de son menu histoire d'être calé. Faut pas déconner non plus. A ce sujet, si les restaurateurs pouvaient ajouter à leur menu la version Plat + Plat + tartelette + tartelette, j'en connais un qui serait ravi.

Fer contre fer

Direction Berga. C'est la que l'effet espagnole dont j'ai tant entendu parlé débarque. De la bonne route de feu, une sorte de chevrette à 2 voies revêtue comme du billard. Ca virvolte dans tous les sens. Philippe, notre guide nous indique de tourner dans 20 km. Tu parles ouais, la route est tellement mortelle qu'on passe tout droit comme des connards, tout content de nous jusqu'au rond point suivant... bien après le dit croisement. Petite pause en attendant notre Moïse qui nous remet sur le droit chemin. Pas grave, la route est aussi mortelle dans l'autre sens.

On bifurque donc, on reste dans le même registre toujours en direction de Berga. Olive sur la 660 SMC se sent pousser des ailes, il remonte derrière Poustache et Serge. Ca enroule, un virage à droite qui se referme à peine arrive et BIIIMMMMMMMM. Philippe passe, Ben le suit, derrière Poustache qui était en train de valider son plan de vol avec ses multiples outils d'aide au pilotage se lance un défi. Non mécontent d'incarner l'expérience du groupe, il veux en plus nous en remontrer et s'imposer comme "l'homme de fer". Quoi de mieux que de plier un pilier qui maintient un rail de sécurité pour marquer son territoire me direz-vous ! Derrière Serge reste pantois et se fracture un œil ! La trajectoire hasardeuse en résultant le conduit allongé dans gravier juste à 3 cm du début du rail et juste au pieds d'un petit monticule faisant office de tremplin pour un saut de 200m dans un ravin. Bien lui en a pris, sinon je pense qu'on serait toujours sur site en train de remonter la Versys à l'heure ou j'écris ces lignes. Derrière Olive tel un crabe pince tout ce qui lui passe sous la main (notamment le frein) et s'arrête en merde en bordure de route... ou de fossé c'est selon. Finalement à part la Superduke un peu amochée, Poustache contraint au repos pour quelques temps, c'est le pilier métallique qui fait le moins le malin !

Ah si, j'oubliais, Serge a cassé sa bouteille de Vichy Célestin qui lui servait de dérouleur de roadbook ! Oui je sais c'est moche.

Même le transporteur qui vient récupérer la Superduke qui s'est vidé de son liquide de refroidissement reste perplexe. Il voulais prendre la 950 SMR de Philippe tellement elle est rallyfiée ! A côté la Superduke parait neuve, avec une petite rayure suite à une chute à l'arrêt !

Des virages, des virages, des virages... y en a marre bordel

Le temps de régler les problèmes d'intendances engendrés par le défi du nouvel Iron Poustache et de se séparer en 2 groupes, nous voilà reparti vers le gîte qui est juste à une vie de route. Bien entendu, il est 17h, et la route restante est la plus courte !!! Vous connaissez la punition... Va falloir envoyer !

Et puis les espagnols font ça bien. Ca n'arrête pas de tourner sur un ruban nickel. Je vous jure, ça en devient chiant. On a bien du faire 130 km de virages sans arrêt. Et en plus c'est de la route rythmée qui ne permet pas de se trainer la bite. Y a juste les glissières de sécurité qui ne sont pas doublées qui font chier à la longue. Remarquez l'un dans l'autre, sans ces barrières la chute durerait des semaines.

Un peu de roulant avant la dernière ligne droite de chevrette le soleil en pleine gueule. On approche du but, la route se termine sur une route perpendiculaire à la notre. Ben qui fait le guidage comme un king part à droite en wheeling sans regarder derrière, trop content d'être à moins de 2km du gîte. Pascal lui... décide de partir à gauche parce qu'il a reconnu la route. On reste comme 2 blaireaux un peu interloqués avec Olive. Sans doute un concours de kékette entre cousines encore pensons-nous !

Au bout de 5 minutes, tout le monde se regroupe et... c'est Pascal qui avait raison. Il est 20h, on pose les motos pour le plus grand bonheur de tous. Notre hôte nous accueille à bras ouverts avec en prime des nouvelles du PIT (Poustache Iron Team). Tout se passe bien Poustache est en de bonnes mains et Philippe et Serge s'apprêtent à prendre la route pour nous rejoindre.

Soirée Sangria

Le temps de poser les sac et un plongeon dans la piscine avec l'apéro nous remet en forme. Seul Pascal et ses genoux bandés n'en profite pas. Je dirais même pire, il ne se lave même pas depuis le début le sale ! Beurk. J'en profite pour faire passer un message à nos amis qui ne comprennent pas ce que nous faisons en moto toute la journée et qui imaginent que nous sommes tous sales avec nos 2 caleçons et 3 tee-shirts pour 5 jours de moto... Et bien c'est vrai. Et notre chef dans le domaine c'est Pascal vous l'aurez compris. Oui, je sais, vous avez noté comme moi qu'il a toujours un sac à dos énorme, la photo en atteste d'ailleurs. Et bien c'est juste pour tromper l'ennemi car il n'y a pas d'habit dedans, mais juste des pièces de rechange pour sa moto et quelques tartelettes pour les fringales !

Mais maintenant que nous abordons ce sujet au combien complexe je vais un peu détailler les techniques mises au point pour alléger nos sacs en balade. La méthode gasconne : vous connaissez ?

C'est la technique de base. Quand tes habits sont sales, il suffit de les retourner, l'autre côté est toujours plus propre ! Et le pire c'est que c'est valable tous les jours. En fonction de votre tolérance à l'odeur, on peut divisé la quantité de bagage par 2 ou 5 voir même ne pas en prendre d'autre que ceux que vous portez le jour du départ. La poche intérieure du blouson pouvant avantageusement héberger votre vanity-case plus communément appelé brosse à dent !



Au menu ce soir, poisson et patate. On sait que l'Ardèche est éloignée de la mer, mais quand même. J'ai du élevé la voix pour faire avaler un micro bout de poisson à Ben sous peine de sanction ! L'enfant a obéis, mais rien n'y a fait. On a même du négocier avec le taulier pour avoir un bout de viande. Heureusement, il nous aurait plombé la soirée le garnement.

23h00, un broap broap caractéristique vient couper le silence de la nuit. C'est la PIT qui arrive. Pour être honnête, les 130 km de virages + la liaison + les dernières chevrettes, de jour c'était sympa, mais alors la même de nuit et en plus en moins de 3 heures, ça impose le respect.

Prévoyant que nous sommes, le plein de Sangria venait d'être fait. Cela nous a permis de passer un bon moment avant d'aller bien plié au dodo. Demain est un autre jour...

Sierra de Guara

Devinez quoi ce matin. On va faire de la moto. Yeah, mortel et en plus ca change. Mon cul doit ressembler à une tomate pelée, mais bon ça se joue dans la tête en fait, comme souvent chez les motards.

La sangria résonne encore un peu, mais il y a toujours un programme gourmand en perspective et surtout... une petite bouclette Supermot concoctée par Philippe. Les routes alternent avec un revêtement plutôt farceur et gravillonesque. Enfin rien de trop piégeux, la route est large, et personne ne vient en sens inverse. Perso j'aime bien ce genre de terrain qui permet d'envoyer sans trop de retenu. Les paysages dans cette région de la Sierra de Guara sont vraiment sympathiques et changent de tout ce qu'on a pu voir les jours précédents.

Olive en profite pour essayer la Versys. Serge n'en revient pas du moteur de la Tuono. Tu parles d'une surprise, c'est un peu comme si il avait 2 moteurs par rapport à la kawa ! Après ce petite moment de repos pour notre Gros, il revient aux affaires avec la 570 FS. Maintenant qu'il sait qu'elle lève en 5 #(884#cf essai de la dite moto)#, il décide de s'initier au wheeling... enfin si on peut dire. La roue avant décolle d'au moins 10 cm dans le meilleur des cas en 1°. Et à chaque ralentissement pour refaire un nouvel essai, la moto cale ! Avec le démarreur farceur, ça devient vite moins drôle. Ca me fait justement penser que pendant cette balade, j'ai un peu eu l'impression d'être le démarreur de Benjamin ! J'ai bien du pousser cette poubelle de FS 30 fois !!! Mais bordel, la voilà l'explication de mon embrayoire fatigué ! C'est Ben et son motoculteur non de Dieu ! Je fonce chez KTM demain pour le devis et te le fait suivre. Merci man !

Back to France

Revenons à nos mouton. En direction de la frontière, entre Campo et Castejon-de-Sos, Olive envoie devant sur la FS. Il faut bien le constater qu'il est bien plus à son aise sur un supermot que sur sa Tuono. Pascal est dans sa roue suivi par moi même. Tout se passe au mieux si ce n'est cette belle gravière en pleine trajectoire qui nous aura fait serrer les fesses à tous les 3 sans casse. Derrière, plus personne. On s'arrête à une station pour attendre tout le monde. Les minutes passent, 2 allemands arrivent sur leur BM pour faire le plein. Madame manque de se mettre au tas en redémarrant sa F800GS au rupteur. Le doute s'installe, et les cascades de la veille font se réveiller Pascal d'un coup :

"Putain c'est sur, y a eu un problème. Ils devraient être là depuis longtemps. Putain c'est sur y en a un qui s'est boité dans la gravière. J'espère qu'il n'y a pas trop de casse. Sur que c'est Philippe en plus ! Les graviers c'est tout le temps pour lui de toute façon. Bon je vais voir, surveillez votre téléphone je vous tiens au courant".

Oula, respire Pascal, on est pas dans le journal télévisé, tu te montes des films, on va un peu attendre, tout va bien se passer... Putain, il a peut être pas tord, ça commence à faire long là. Le temps de rechausser les casques et de faire demi tour et les voilà qui déboulent. Finalement rien de grave, c'est Ben qui a profité du tour de Tuono pour vitrifié le disque arrière. Heureusement Mac Canari a solutionné le problème en refroidissant l'étrier avec son Camel bag.

La route vers la France se charge tant niveau circulation que niveau météo. Philippe qui nous guide semble moins à son aise dans ces conditions. Ceci d'autant plus depuis qu'il a été verbalisé dans le coin. Qu'à cela ne tienne, les parigots connaissent bien ce genre de circulation en ville dans les bouchons. Le temps de franchir la frontière et la pluie commence à tomber.

La superbe d'Olive en FS disparait instantanément. Pour être honnête, rouler à la vitesse ou il va dans les épingles, je pense que c'est possible mais uniquement sans pneu sur la brèle, juste sur les jantes ! Cela lui lui permet d'analyser plus en profondeur la technique de l'agrafe mise au point par Serge.

Bizarrement c'est Ben sur la Tuono au pneu arrière slick qui est le plus à l'aise dans ces conditions. Petite pause à la station, Serge enfile sa tenue de pluie, ou plutôt sa sous combinaison de pluie, enfin son sac poubelle quoi !

On rejoint finalement la voie rapide pour rejoindre notre gîte du jour : Chez Serge. Avec nos monos de pointe et plus particulièrement la FS et la 660, on plafonne à un bon 120 histoire de ne pas terminer les moteurs. Même si des légendes urbaines disent que c'est fiable, ça n'en reste pas moins des légendes qui sont mises à mal régulièrement !

Chez Serge... Pizzas et convivialité

Pascal nous accompagne puis nous quitte rapidement pour rentrer chez lui. On comprend, il a envie de revoir sa femme est ses petits ! Hé bah non pas du tout en fait, c'est juste la joie d'aller prendre une douche qui le motive notre gros mangeur de tartelettes.

Philippe part également avec une commande d'un pneu arrière pour la Tuono qui est juste raide mort. Pour le Bon, la Brute et le Gros, c'est aussi l'heure de la p'tite douchette avant apéro. C'est précisément à ce moment qu'on a découvert le pédigrée de Serge. On peut même parler de légende dans ce cas précis. Le titre de Ayrton Senna de la Terre prend tout son sens. En fait Serge, c'est THE pylote de rallye sur terre des années 90. Et je parle pas du champion de Talavard si vous voyez de qui je veux parler, mais bien du multiple champions de France de la discipline. Et petite précision qui a son importance, sa voiture de course, il l'a conçu et mis au point lui même.

Alors imaginez bien que la technique de l'agrafe, les trajectoires improbables, bah on a tous fait le rapprochement. C'est "la technique terre" tout simplement !

Il nous fait également découvrir sa passion pour le franchissement et les rando dans les dunes. Il est visiblement spécialiste dans le domaine. Et c'est vrai que ces 2 voitures ne font pas dans le timide. Du bon matos encore une fois développé maison.

Et... Bingo

Serge profite de notre retour en fin d'après midi pour invité un de ses bons potes en la personne de Bingo. Autant annoncer la couleur de suite, Bingo, c'est le genre de personnage qui change une vie. Dans notre cas précis c'est Benjamin Olive et moi qui avons changé pour toujours.

Son arrivée en glisse dans les graviers sur sa Bking a posé le décor. Le temps de se décasquer, de détailler la Bking et tous les petits modifications, on en vient à parler du comportement routier de la bête. La Bking, c'est un vélo, avec cette moto, personne ne peut te suivre tellement elle est IRRESISTIBLE. Et la punition est la même quelque soit le terrain.

Imaginez un peu cette description emplie d'objectivité du sud. On est tous un peu pris de vitesse sur le coup. Quelques regards les uns vers les autres nous permettent de reprendre pied et de confirmer ce que nous pensions tous sans pour autant oser le dire de vive voix : "Mais c'est quoi cette blague de moto de 300 kg qui est présentée comme l'arme ultime des chevrettes !"

On s'éloigne finalement du mastodonte pour se rapprocher de la table d'apéro. Ben semble avoir manger une dizaine d'exta tellement ses oreilles bourdonnent suite à ce qu'il vient d'entendre. Philippe qui était rentré faire un bisous à sa femme revient avec le pneu arrière pour la Tuono ! Vous en connaissez vous des bouclards qui proposent de livrer les pneus pendant l'apéro à domicile ?

La suite n'est que festival avec de nombreux flashback sur la Bking et ses victimes à travers l'Europe du sud.

Je ne pense pas dévoiler un secret en disant qu'aujourd'hui, 4 mois après la fin de la balade, tous pensent encore à cette soirée, Bingo et la Bking. Et Benjamin compte bien ne pas laisser cette légende urbaine impunie. C'est vrai quoi, rien que d'imaginer qu'il pourrait se faire mettre une race par Bingo, ça passe mal, voir pas du tout, mais en plus sur une Bking !!! Maintenant, il n'en dort plus et Gabriel n'a rien à y voir. ! Donc il va falloir organiser la rencontre rapidement pour mettre fin à toutes ces inepties... pense-t-il.

Le reste de la soirée se passe dans une superbe ambiance, à l'image de notre hôte Serge. Le repas Sudiste à base de pizzas et Corbières est tout à fait royal. La découverte de bouteilles d'eau de vie aux prunes, aux cerises et j'en passe régalera même Olive. Le jus est excellent, les fruits par contre ont concentré l'alcool des bouteilles. Ca picote !

Lundi... c'est reparti

Après une vraie nuit de sommeil et un lever bien après celui du soleil, on se sent neuf. Ben doit reprendre la route rapidement pour être le soir même à Valence. Il a donc encore une belle journée de moto devant lui.

Serge lui est déjà à la maison avec un programme plus décontracté, sans objectifs précis pour cette journée de repos. Il ne reste donc plus qu'Olive et moi qui avons encore 5 jours devant nous.

Le temps de prendre une douche, de discuter 4x4 avec notre spécialiste des dunes et de la Libye, d'aller monter le pneu de la Tuono avec le matériel du locataire de Serge, d'en profiter pour détordre le train avant qui est totalement vrillé depuis la chute de la Tuono au dernier rallye de Ben, il est déjà 11h30.

Décision est prise de finir les pizzas de la veille avant de quitter notre hôte de champion... ou l'inverse d'ailleurs.

Direction la gendarmerie

Ok, les bagages sont sur les motos. Avez vous remarqué que les sac sont de plus en plus dur à remplir au fil des jours. C'est toujours la même galère. Au départ, on a grave de la place. Et plus le temps passe, et plus c'est la misère le matin. Après avoir vérifié le contenu, fait une analyse précise, l'explication tombe : c'est la crasse qui doit remplir les sacs vu qu'il n'y a rien de plus ni de moins.

5 jours devant nous, ça on le sait, mais c'est tout. Va falloir nous faire un programme. Zieutage des cartes rapides. Olive est d'accord avec mon cul à vif, demain se passera sans les motos. On a prévu nos chaussures de rando, ça sera l'occase de changer d'activité. Comme à son habitude, Olive prend en charge la recherche de l'hébergement. Pour ma part, je visite un peu le garage de Canari. Et Dieu sait qu'il y a de quoi faire entre les voitures, le matos pour pouvoir tout faire, le pont dans le jardin et sa moto de trial. 3 coups de fil plus tard, l'affaire est faite niveau chambre d'hôte. Direction Tuchan pour 2 nuits. Cerise sur le gâteau, la chambre d'hôte est une ancienne caserne de gendarmerie. Après 4 jours, nos moustaches sont presque réglementaires. Un p'tit coup de cirage sur les bottes et ça devrait bien se passer.

Et pourquoi Tuchan me direz-vous ? Tuchan, c'est un peu la capitale du Fitou, vignoble du sud des Corbières. Un petit vin rouge léger qui ne doit pas descendre sous les 12° sous peine d'être considéré comme de l'eau. C'est aussi sur le passage du sentier Cathare, célèbre pour ses châteaux accrochés à flanc de montagne et ses paysages. Bref, marche, paysage, pinard, gendarmerie, si ça c'est pas les vacances !



Le début de la route ressemble plus à de la liaison. C'est pas grave, on est déjà en début d'après midi, et si on peut éviter d'arriver à 21h, on ne s'en plaindra pas. Direction le Sud vers Cintegabelle puis Belpech, Mirepoix, Chalabre, Puivert, Quillan, Couiza, Bugarach, Cubières, Soulatgé, Cucugnan, Tuchan.

La fin du parcours à travers les gorges de Galamus est magnifique. Dommage cependant que tant d'anglais et autres hollandais bouchonnes de la sorte. Le temps de faire 2 fois le tour du village, de s'arrêter dans un coin pour contacter la gendarmerie et nous voilà arrivé en fin d'après midi.

La demeure est magnifique. un étage complet est à notre disposition. Les escaliers sont usés par nos amis les moustachus et leurs prisonniers. C'est Poustache qui se serait cru à la maison si il avait été du voyage. Nos hôtes sont très accueillants et cerise sur le gâteau, il y a une piscine pour nous tout seuls. Le fils des proprios qui nous indique ou garer les motos lorgne sur nos brèles.



Pascal aurait pu causer vieilleries avec lui. Il a en effet une Kawa KR-1S presque nickel qu'il nous sort direct dans le patio ou trône un splendide palmier pour nous la détailler. Limite si Olive lui aurait pas dit qu'on connait ce genre de merde qui fume et qui se traine la bite. Le savoir vivre versaillais en quelque sorte.

Les affaires sont posées, les tongs chaussées. Petit tour de la ville pour faire quelques provisions pour l'apéro qui nous tend les bras. C'est l'occasion de rencontrer le boucher du village, un personnage assez bavard qui en plus prépare de la charcuterie au top. On tape la discussion, on découvre que la ville dispose de la coopérative viticole du coin. Locaux neuf magnifique, interlocuteur super sympa qui nous fait tout déguster et nous indique les randos et coins à ne pas râter dans la région. C'est vraiment le point de chute idéal ce bled sérieux.

Les provisions en poche, nous rentrons pour notre baignade. Petite table en bordure de piscine idéale pour l'apéro dinatoire, on sort les verres de grand mère. C'est vraiment les vacances. Il est quand même temps de préparer le programme du lendemain.

Mardi, repos pour les bourricots

Non content de ne pas prendre les brèles, on est chaud comme des braises pour notre rando autour de Tuchan. Mais juste une p'tite rando pour la récupération hein. Genre 10h de marche, pas moins. Et comme parcourir les chemins c'est trop simple, on va y aller direct, azimut vers le sommet en passant par le maquis. Il fait super beau, un grand vent nous rafraichi suffisamment pour nous faire croire que le soleil ne tape pas. De toute façon, avec notre bronzage bien travaillé sous les cuirs, nos peaux d'irlandais et notre crème solaire imaginaire, on est invincible. Un peu comme la Bking en quelque sort. C'est pour ça qu'Olive a chaussé son plus beau marcel de compétition d'ailleurs !

On attaque gentiment, la première traversé de maquis nous griffe de partout. Le décors est fixé, ça va grattouiller toute la journée. Heureusement que j'ai pris les jambes de mon short pour me protéger. Ca me permet d'ouvrir le maquis pour mon gros.



Après une belle ascension, un pique nique au sommet qui nous permet de découvrir la mer au loin et un gros feu de forêt déclenché par des militaires qui s'entrainent, nous redescendons vers Patern bien poussé par un vent à décorner les bœufs. Petite binch réconfortante dans ce bled de 5 habitants. Le bar ressemble plus à un bistro désaffecté qu'autre chose d'ailleurs. Direction Paziols ou le viticulteur nous avait conseillé une superbe baignade la veille. Encore une fois, les chemins c'est pas pour nous. On se retrouve donc pris dans les ronces à 3 mètres de la rivières et impossible de l'atteindre.

C'est finalement après de multiples essais que notre persévérance sera récompensée par une bonne baignade avec les bras qui saignent de notre lutte contre les éléments. On décide de suivre le lit de la rivière pour rejoindre le centre du village puis notre gendarmerie. Sur la dernière portion au milieu des vignes, nous assistons à un étrange spectacle. Un viticulteur est en train d'irriguer la vigne. Et quand je dis irriguer c'est en fait plutôt noyer en fait. La vigne est submergée de 30cm d'eau. Vu le temps dans la région, il y a fort à parier que les les grumes vont rapidement ressembler à des pastèques, favorisant ainsi le rendement de ces grands vins ! Quelle mascarade alors.

Au final, une journée superbe, des paysages magnifiques, une baignade extra et surtout un bronzage de cycliste pour Olive qui ne pourra plus enfiler son cuir sans crier. Idem pour son sac à dos que je dois systématiquement lui mettre sur le dos avec précaution pour ne pas le faire hurler. Quelle chochotte alors celui là.

Petite soirée en bordure de piscine une fois de plus. On est au top.

Broap Broap

On a bien profité de la pause, maintenant on y retourne. Direction "la base", autrement dit Valence. On est quand même loin, l'objectif n'est absolument pas de rentré par la nationale, donc on va se la jouer en 2 étapes. Comme d'habitude, on commence par avancer là ou nos envies nous mènent, on verra bien courant d'après midi ou on en est et on improvisera.

Le temps de faire un p'tit tour vers le sud-est et Sournia ou les routes virevoltent et direction le nord et les parcs naturels régionaux du Haut-Languedoc et des Grands-Causses.

Dès le départ, c'est le rêves. Les routes sont terribles, le temps au beau fixe. Franchement, en ces périodes hivernales, ça réchauffe le cœur d'y repenser. Direction Paziols, Estagel, Latour-de-France, Bélesta, l'Ille sur Têt puis Sournia. La dernière partie est vraiment Top. Seuls quelques cyclistes qui se sont pris pour des poids lourds au milieu de la route seront rappelé à l'ordre ! Y a pas idée de coupé nos trajectoires comme ça en discutant à 3 de front. Soudain, un superbe paysage s'offre à nous. On coupe l'effort pour faire une photo juste avant un virage à gauche en l'aveugle à cause d'un gros talus. Bien nous en a pris puisque un engin de la DDE était en travers pour déblayer les restes d'un éboulement !



Après Sournia, nous continuons vers l'ouest en direction de Montfort-sur-Boulzane. La route est plus étroite, on se retrouve un peu dans une vallée très encaissée, et le paysage se transforme. Tout est verdoyant, là ou quelques kilomètres auparavant on était plutôt dans le maquis. L'eau ravine un peu sur la route et les sous-bois cachent bien le sable et les graviers déposés par nos amis les pécores.

Après cette petite bouclette que nous pourrions qualifier de Supermotard, on attaque vers le nord. Ca fait plus d'une heure qu'on roule vers le Sud-Ouest alors que notre objectif est Nord-Est : aller comprendre !

A part quelques belles portions, on essaie de tirer un peu tout droit pour avancer. Arrive enfin la passage dans le Tarn. Et là, c'est le drame. A croire que tous les gravillons du monde ont convergé vers ce département. Rien à y faire, c'est pareil partout. Et quand on trouve enfin une route propre au détour d'un croisement, c'est juste pour en retrouver un tapis quelques centaines de mètres plus loin.

L'itinéraire est le suivant : St-Paul-de-Fenouillet, Lagrasse, Lézignan-Corbières, Olonzac, St-Julien-de-Sorbières, St-Pons-de-Thomières, Anglès, Brassac, La Salvetat-sur-Agout, Lacaune, St-Sernin-sur-Rance.



Ca n'est qu'à partir de Brousse-le-Château, superbe village, que les routes redeviennent mortelles le long du Tarn. Mais il commence à être tard et la visibilité n'est pas au Top dans les sous-bois avec la lumière rasante.

La dernière portion pour rejoindre le gîte a l'air terrible sur la carte. Mais en fait, c'est encore et toujours le même histoire dans cette région. Gravillonnage en cours. Gîte en vue, motos mises à l'abri, un constat s'impose. Le pneu arrière de la 690 est juste au bout. Moi qui pensait le changer à Valence, ça ne vas le faire du tout. Notre hôte, un agriculteur à la retraite nous fait visiter ses chambres absolument neuves. Il est visiblement très content de notre venue et nous propose d'emblée un apéro que nous nous empressons d'accepter. Nous nous posons devant la maison, dans un champ, sous les pruniers. Les discussions commencent. Il est éleveur, à la retraite depuis peu et aide toujours le jeune qui a repris son exploitation de 150 hectares de prés. Ils nous expliquent avec sa femme que ça n'a pas toujours été facile. Ayant eu la visite de champenois il y a peu, ils racontent qu'il a du mal à comprendre qu'on puisse vivre de la culture de seulement 3 hectares de Champagne ! On est bien mort de rire avec Olive en leur expliquant que de leur côté ils ne devaient pas simplement survivre !

La discussion continue, nos hôtes nous indique une super pizzeria dans le village voisin. J'en profite pour essayer de trouver un conces qui pourra me changer le pneu la fraiche. Déjà, le blackberry et la navigation internet, c'est pas une gloire, mais en plus au milieu de la pampa, ça devient un vrai défit. Au final, je prends le premier qui se présente. Bingo, non pas celui de chez Serge... Bingo, il a tout ce qu'il faut, je peux passer quand je veux ! Encore une étrangeté provinciale cette histoire. Il commence à se faire tard, les pizzas et les boutanches de rosé nous appellent. C'est parti.

L'idée de reprendre les motos nous ravis tellement que nous partons finalement à 2 sur la Tuono.
La pizzeria tient ses promesses avec des flammekueche locale. Bonne soirée, le retour se fait un mode taupe, un peu tordu par les quilles de rosé qui ont agrémenté le repas.

Les classiques

Avant d'attaquer, mission peuneu. Direction Millau, nous arrivons par l'ouest. On sait pas trop ou on va, mais Djésusse himself est avec nous. 2 ronds-points, gauche droite et on y est. J'aurais voulu trouver plus près, ça aurait été impossible. Le jeune taulier de Xtrem Moto est hyper sympa et s'occupe direct de nous. En fait il vient d'ouvrir son bouclard quelques semaines auparavant. On discute tranquillou, et en profite pour vérifier les niveaux. Bien nous en a pris, la Tuono avait juste ce qu'il faut pour ne pas casser le moteur. Il a bien du en rajouter 1 litre d'huile.

Je dois bien dire que c'est une première pour moi de monter un pneu le jeudi et de le changer 5 jours après en n'ayant fait qu'une malheureuse balade avec des train'teubs.

Et pourtant, Ben me l'avait dit : "Oh Teing, prends pas des pneus trop mou, tu vas les garder 1500 km sur un mono". Je l'ai écouté, j'ai pris au moins cher et au plus dur, un train de MEZ4 !!! Mais non je déconne, un Pilot Power standard. Bah il aura pas fait 2300 km. Alors je dis merci Ben pour ce conseil avisé. Moi qui voulais partir sur du Diablo Corsa, j'aurais été malin à vouloir le changer dans la pampa espagnole 1000 km plus tôt.



On attaque par le Canyon de la Dourbie jusqu'à Nant, puis St-Jean-du-Bruel, Dourbie et St-Sauveur-Camprieu. Pause déjeuner à Meyrueis. Matinée sympa, rythme moyen lié à la qualité parfois farceuse des routes, mais les paysages sont toujours superbes. L'après midi est plus sympa avec un parcours assez classique : Florac, Pont de Montvert, Génolhac. J'adore cette route. C'est étroit, plein de relance, assez bosselé. J'y vais comme un sourd. Arrivé à Génolhac j'attends mon Gros, tout rouge sous mon casque, mais bien content. Olive prend les devants avec sa Tuono pour rallier Villefort puis les Vans. je sens que je vais pas voir le jour. Finalement, on doit être tous les deux dans le même état avancé de fatigue. On enroule rapide jusqu'au premier bar salvateur pour une réhydratation en règle.

Vient ensuite la partie roulante jusqu'à Privas au milieu des automobilistes qui rentrent du boulot. Faute d'aller vite, la technique parisienne nous permet de ne pas trainer dans les bouchons engendrés par les enchainements de ronds-points. J'ai quand même bien failli rentrer dans un camping car que je doublais en me rabattant trop tôt au milieu d'un virage aveugle à droite. La routine quoi !

On bifurque enfin vers Les-Ollières-sur-Eyrieux pour un autre grand classique vers Le Cheylard, Lamastre puis l'éternel côte du Pin qui a vu notre départ en balade 7 jours plus tôt. Je suis complétement rincé contrairement à Olive qui semble avoir été revitalisé par la liaison. Il part devant. Derrière, je suis à la rue au point de ne pas voir la station service au Cheylard, me perdre dans le bled pour aller vers Lamastre (ouais je sais faut le faire bordel). Finalement j'ai du faire un saut temporel vu que c'est Olive qui me rattrape un peu plus loin avant Lamastre. Plus d'essence dans la moto, je rate encore la station à l'entrée du village. Olive doit me prendre la main pour m'y conduire.

Côte du Pin en roue libre, ça n'est pas mécontent qu'on rejoint la base pour un peu de repos. Comme toujours Aude et Gabriel nous reçoivent comme des gros princes. Ben est quand à lui plus en retrait. Ca n'est que le lendemain au moment de laver les motos qu'Olive comprendra le pourquoi de la chose !

Après cette belle soirée, je regarde le roadbook pour le lendemain. J'abandonne Olive qui me rejoindra le soir même à Beaune en train pour boire quelques coups avant de rentrer samedi matin sur Paname.... sans motos, mais en YoungTimer.

Dernière ligne droite

Dernière ligne droite avant de définitivement laisser la moto au garage. Rien que de penser que j'ai encore une grosse demie journée à passer sur la moto me fait mal. La météo annonce en plus un temps menaçant et je devrais m'en prendre une sur le coin de la figure.

Je décide donc de tirer au plus court, sans pour autant prendre l'autoroute pour préserver la moto. Je sais pas si j'ai fait le bon choix, les lignes droites étant d'autant plus difficile à négocier pour mon arrière train. Je suis obligé de bouger, me lever, m'assoir sur une cuisse, puis l'autre.

Comme prévu, plus j'avance vers le nord et plus le temps est menaçant. A 35 km du but, j'en peux tellement plus que je décide de faire une pause Mc Do à Chalon sur Saône. Je stop la moto, enlève le casque, et vla pas que ça commence à tomber dru ! Le Mc Do est blindé, je commence à être bien gavé... ça va pas le faire. Une chose est sure, c'est pas aujourd'hui après 3500 km parcourus sans devoir chausser les affaires de pluie que je vais me faire saucé jusqu'aux os. Surtout à 35 bornes du but. Coup de fil à mes parents pour qu'ils m'attendent pour le déj et Gazzzz.



J'abandonne le marchand de gras. Ca commence à sérieusement tomber, ça me gave grave, alors je passe en mode bucheron pas timide. Poignée dans le coin, au rupteur, traversé des villages en mode Garniaux compliant, autrement dis sans couper l'effort. Finalement, en plus d'arriver avant que mes parents est eu le temps de sortir la bouteille de blanc de la cave j'ai même réussi à doubler la perturbation et a arriver au sec.

Je crois que je n'ai jamais été aussi content de jeter une moto dans un garage et de lancer mon cuir par terre. J'enfile mon verre de vin blanc et bois mon short, ou l'inverse d'ailleurs et la perturbation est revenue. Il tombe des cordes et ça n'arrête plus de toute la journée. Un bon repas, un petit repos, je revis.

Mon Gros est au RDV à la gare de Beaune, soirée sympa et retour rapide vers paris en Alfa le lendemain matin. La moto c'est terminé pour les vacances, mais le programme est encore chargé et ma p'tite famille m'attends à 800 km de là dans 24h. Il faut faire le trajet, ouvrir la maison, faire les courses pour remplir le frigo et gérer l'anniversaire de Madame ! Qui a dit que les vacances c'est du repos ???

Si il fallait faire un bilan

Imaginez. Un été pourri pour tout le monde, un temps breton dans le sud, des températures dignes d'un moi d'Avril. Bah nous, on a tout éviter et on a même réussi à faire 3500 km de routes à chèvres sur une semaine en ayant 3 gouttes de pluie sur 100 km maximum. Niveau température, plutôt que d'avoir un bon 40° de saison, on est resté autour de 25°, idéal pour les motards.

Niveau répression, on a bien croisé la police espagnole qui est venue donner un coup de main au PIT (Poustache Iron Team). Sinon rien à signaler. De ce côté là je vous l'annonce, ce ne sont pas les 500 nouveaux radars pour 2012 qui vont changer le programme. Aucun ne sera installé sur les chevrettes !

Par contre, il aurait juste fallu éviter de rallyfier 3 ou 4 motos qui n'avaient rien demandé. Mais l'essentiel est bien que tout le monde soit en bonne forme au final.

Niveau moto, je crois que le choix de la 690 SMR a été dès plus judicieux, voir même parfait. C'est vraiment un jouet avec des vrais morceaux de plaisir dedans, idéal pour les routes parcourues, suffisamment léger pour limiter la fatigue après des journées de 10 à 12h de moto et vraiment agréable pour envoyer dans la bonne humeur. Il n'y a que mon fessier qui n'est pas aussi convaincu que moi.



Le parcours nous a également permis de nous gaver de bonnes routes, avec de la virole à ne plus savoir qu'en faire. Finalement, et c'est assez paradoxale, je suis venu pour manger de la route, et j'en ai presque eu une indigestion.

La seule chose que je changerais pour la prochaine fois, c'est la longueur des étapes. Départ très tôt, arrivée très tard, avec finalement trop peu de temps pour profiter des soirées entre potes, et échanger de manière totalement objective sur les journées passées et les exploits de chacun. Et de ce côté là on a été plus que servi.

Mais je pinaille, l'important c'est le groupe. Et pour le coup on a été gâté comme d'habitude. Entre Philippe dont les explications détaillées n'ont d'égales que le nombre de rayures de sa moto, Serge et sa technique sur route d'un autre monde, Poustache, toujours enclin à en remontrer aux Djneus, Pascal notre wikipédia du 2 roues, Ben le Jedi de la chevrette et Olive son Padawan... du moins dans le discours le soir à l'apéro !

Mais finalement ce qu'il faut retenir, c'est que les parigots ont encore une fois fait la différence sur nos amis provinciaux. Plus fiable, plus régulier, plus véloce, moins tombeur... et j'en passe. Alors vous aurez compris le message : il vous reste encore quelques mois pour parachever votre préparation physique et surtout mentale pour la prochaine saison. Le mieux est de commencer par de bonnes résolutions du genre :
  • Ne pas se fracturer le mental au moindre tacle verbale
  • Oublier la maxime : devant ou par terre... on sait tous ou ça fini
  • Fini les étrons farceurs

Je vous laisse compléter avant la nouvelle année.

A voir aussi...

Galeries : Transpy des Trompettes 2011
Galeries : Transpyrénées 2005
Galeries : Transpy 2009
Galeries : KTM 690 SMR
Essais : 690SMC et 990SM
  

Commentaires
 
Poustache (20/12/2011)
Super j'ai passé un bon moment à lire ton CR, presque que de bons souvenirs. À refaire chaque année.

Olive (21/12/2011)
Rha, c'était une bonne semaine de vacances où on voit pas le temps passer, j'aurais quand même bien fait une petite rando de + histoire de calmer ce boucher de Jeanjean. C'est curieux comme nos gouts motardesques évoluent : au début + branchés sportives puis roadster puis monos....on a va bientôt finir à vélo avec une tenue de coureur du tour de France à la place de la combinaison râpée. Remarque, on saurait aussi se tirer la bourre et finir au fossé en descendant le Ventoux sans les freins. Vivement la prochaine quand même.

Ed (21/12/2011)
Bon les gars si je savais pas que vous roulez bcp trop fort pour moi ça me donnerait une de ces envie de venir ! J'adore tes CR Jeanjean, on s'y croirait... Et puis les années passent, les motos changent mais vous alors pas du tout !! :-)

Ben (22/12/2011)
hu hu hu, j'ai bien ri, surtout le passage avec le dépanneur espagnol qui voulait embarquer la brele de philippe au lieu de celle de poustache! ah ah ah! j'aurais pas été la j'aurais jamais cru que c'était arrivé ^^ sinon je me dois de rétablir la vérité sur ma husaberg, déja c'est pas parcequ'elle lève en 5 qu'il n'y a pas de 6° pour autant, ensuite je vois pas ce que la boite a de rétive, pour moi ça passe comme dans de la margarine. et malgré les petites mésaventures, je dois bien dire qu'en ces temps de disette de balade ce petit CR me met l'eau à la bouche, vivement le TT2012 avec pour objectif la bouclette apéro au lieu de la bouclette supermot' !! et avec Bingo bien sûr...

Olive (22/12/2011)
Fichtre, j'avais zappé cette phrase sur la SMR de Philippe que le dépanneur voulait embarquer. Trop bon ! on a bien roulé même si je regrette de n'avoir jamais fait la partie française des pyrénées sur le sec.

Ben (22/12/2011)
et Jeanjean tu n'as pas parlé du moment ou Olive a demandé à Canari si le Fournalès de sa Versys provenait de son 4x4 de dunes, un grand moment aussi ^^

Jeanjean (22/12/2011)
Maintenant que tu le dis, je me souviens qu'on a déjà parlé de la boite 6 cet été. Ca confirme bien que c'est une boite agricole, demande à Serge il t'expliquera.

Poustache (28/12/2011)
" l'agrafe " moi je trouve que ça lui va bien à Serge comme surnom, parce qu'avec canari faudrai pas qui s'envole un jour ;-)


 
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