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Dark Dog Moto Tour 2011
Saison 2011 du 01/10/2011 au 08/10/2011
3000 kms

(par Superman le 13/10/2011)

liens & avis

Show time !

9° édition du désormais quasi mythique rallye français, le Dark Dog Moto Tour édition 2011 nous emmène balader cette année dans l'ouest de la France.
Au départ de Val de reuil comme les 2 années précédentes, le tracé nous guide sur les terres des copains Max et Flo, à Angers pour commencer, puis dans le périgord à Boulazac, ensuite plein Est direction Alès en passant par le circuit d'Albi, enfin jusqu'à Toulon avant de traverser en Corse pour revenir dans la préfecture varoise, un sacré programme!
Alors installe toi confortablement dans ton canapé, sur le trône ou fais semblant de bosser devant ton PC du boulot que je te raconte tout ça.
Tout d'abord, présentation du team : le coach, c'est toujours Bernard, l'assistance Aude qui nous fait la politesse de pas etre enceinte tous les ans, et toujours le meme pilote, multiple champion de France du quartier, moi.
Ah, on va pas oublier, un changement de taille, la moto.
Exit la vaillante ZX6R, cette année j'opte pour une moto plus facile, plus coupleuse et qui a fait ses preuves, la Tuono, que j'ai sauvé de sa pauvre vie de scooter parisien.
La prépa évolue légérement avec un nouveau compteur Vector (l'ancien ayant été broyé dans le vignoble beaujolais) et la commande déportée au guidon.
Pour le reste on garde le bon vieux roadbook manuel, le xénon central pour la liaison matinale et un tripy pour le confort gentiment preté par mon pote Jean-Marc.

Vendredi 30, en route pour la té-ci

Après 8h de route, on débarque enfin à Val de reuil pour rejoindre notre team d'adoption, le team Moto Net qui est déja partiellement arrivé, présentations:
Zézette et Guy les patrons du campement, Pierrot et Cody, l'assistance corse de Max, Stéphane, Philippe et Gilles à la technique, Marcus le business man et Nathalie, Guillaume le stunter photographe et les pilotes Julien, Max, Flo, Moon, Nico.
Après une courte nuit, il est temps de passer à la moulinette des contrôles administratifs et techniques, ce qui pourrait parfois etre considéré comme la première épreuve du Moto Tour, les souvenirs de bricolage sous la pluie au dernier moment de l'an dernier restant gravés dans ma mémoire.
Mais pour ce millésime tout se passe bien, trop bien même...le soleil est radieux, le contrôle administratif est expédié en 30s et le technique s'avère à peine plus long, le contrôleur ne tarissant pas d'éloges sur ma moto "ah mais c'est la moto parfaite ça", bah oui m'sieur, et meme s'il manque 2/3 bricoles à freiner la moto est acceptée rapidement.
Trop facile, ou est le loup...
dernier contrôle, le banc de puissance, en théorie aucun souci puisque ma ZX6R passait en full power avec une marge de 18cv l'an dernier (88 à la roue pour 125 moteur théorique!).
La Tuono développant 126cv moteur, je tente le coup en full, mais voila, cette année le banc semble moins clément et la ritale accuse 110cv à la roue pour 122 moteur...rien à dire elle est vaillante cette mamma pour son âge.
Voila donc le loup, Bernard et moi n'échapperont pas à la séance bricolage.
Après avoir testé un restricteur d'air "maison" qui ne passe toujours pas sous la barre des 106cv, je décide d'installer le restricteur d'origine qui ramène la puissance à 100cv tout rond, ce qui est finalement plus qu'honorable quand on compare aux avions de chasse comme la Tuono V4 d'Alain, bridée électroniquement et qui ne conserve que 88 poneys sur les 160 de la version libre...arghh
Voila, fini pour moi, l'après midi libre nous permet d'aller reconnaitre la spéciale, toujours en centre ville et la boucle routière de 60kms du lendemain.
Pas de piège sur la boucle de liaison mais une vraie surprise, en fait Val de Reuil n'est pas qu'une cité bétonnée avec une spéciale au milieu et ses alentours s'avèrent mignons comme tout, entre l'écluse de Tournedos, le lac des deux amants et la jolie bourgade de la Haye Malherbe nous en prenons pleins les mirettes.
Cela dit comme le fait remarquer justement Bernard, les routes locales n'incitent pas vraiment à délaisser nos itinéraires ardéchois du dimanche.
La soirée qui s'ensuit donnera le ton de la semaine : apéro(sss), petits plats mijotés avec amour et grosse ambiance ponctuée par les conneries de Pierrot et les "t'es boooonne!!" de Moon, ça y est les vacances ont commencé!!

Dimanche 1: Val de Reuil / Val de Reuil : 67kms - les choses presques sérieuses commencent

Au programme du matin : rien, alors on se balade en attendant la parade en fin de matinée.
Et c'est la que la Tuono décide de rappeler à notre bon souvenir son caractère d'italienne, en démarrant dès que je passe la première, elle cale...plus de contact.
Je rédémarre, ça marche à peu près mais en déconnant aléatoirement, super.
Pas grave, ça tient et ça a pas l'air de le faire à chaud, j'en parle aux mécanos après le petit tour en ville.
Pour Pierrot, c'est le neiman, on pense aussi à la batterie, le contacteur de béquille, on verra ce soir à l'assistance en serrant les fesses pour ne pas avoir de panne pendant la spéciale.
Départ de la première étape Val de Reuil – Val de Reuil, les 60kms reconnus la veille suivis de la spéciale.
Au démarrage, l'Aprilia refuse de partir à plusieurs reprises, ce qui commence à passablement m'agacer...mais au final une fois lancé tout va bien.
Le parcours est sans problèmes, le seul piège étant les multiples contrôles de vitesse placés par l'organisation.
Je fais une pause à mi-parcours pour voir si mon problème persiste à chaud, et la réponse est oui, elle coupe 2/3 fois avant de daigner partir, je stresse en pensant à mon départ en spéciale.
La boucle terminée, je me présente au départ, la moto calant, redémarrant à son bon gré, rien de tel pour me mettre dans le bain...mais une fois le chrono lancé l'Aprilia avale le premier bout droit, freinage, on monte sur le trottoir, on reprend la route en zigzaguant au milieu des dos d'anes, on trajecte sur les plaques d'égout en prenant soin d'éviter les plaques de gravier, on freine en cata pour éviter les chicanes et top arrivée!
57° temps à 13s du scratch de Denis Bouan, en prenant une belle valise par les copains, on peut dire que ça commence modestement, mais ce ne sont pour l'instant que de petits écarts, ce qui m'inquiète plus c'est que je n'avais pas d'aisance sur la moto, peur de me faire mal à la cheville à peine remise d'une fracture, peur de tomber, peur de caler en pleine spéciale, bref aucun mental et l'humiliation sera totale avec un scooter classé largement devant moi.
Retour aux stands, 2h d'assistance qui permettront à Pierrot de montrer toute l'étendue de son talent, en deux temps trois mouvements le diable corse trouve la panne (un fil coupé sur le neiman), démonte le tout et me ressoude tout ça avec l'aide de Gilles et Bernard.
Ça y est, la moto marche comme une horloge, on va pouvoir traverser la France dans de meilleures conditions psychologiques!

Lundi 2 : Val de Reuil / Angers : 440kms - l'Angevin sur son nuage

Du fait de mon classement calamiteux la veille, je pars 1h après les copains, de jour mais dans la fraicheur matinale de la Normandie.
Le routier est plutôt marrant, que des petites routes, pas mal d'intersections, des chemins de terre, je roule en compagnie de Gérard Rolland et d'un autre concurrent en 1098 venu de Mayotte, on s'arsouille gentiment et je constate que j'ai toujours la trouille de tomber, pas bon.
Première base chrono "La Vernat", plutôt facile, du moins tant qu'on en connait le principe car le mahorais nous lance avant le départ : "faut faire quoi la, rouler à 60?" oula...mais finalement il limite les dégats en ne prenant que 14s d'écart par rapport au temps parfait.
De mon coté je passe à 0, tout va bien sauf pour notre Julien qui s'emmele les pinceaux avec son tripy et passe avec 48s d'écart sur le temps parfait! Il écope de fait de presque 5s de pénalité, un cadeau pour ses concurrents directs.
Julien, note qu'on sait quoi t'acheter pour ton prochain anniversaire, un beau Vector tout neuf.
Suite du routier en direction d'Angers pour rejoindre la spéciale ultra rapide de la Pochinière.
A l'arrivée, un soleil de plomb nous attend et je retrouve mon pote Florian qui n'est pas parti en raison d'une grosse chute sur la spéciale, celle d'Etienne Godart sur sa Ducati Multistrada qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs.
Une bonne heure plus tard mon tour vient, et je pars tétanisé, décidément cette trouille ne me lache pas et j'ai l'impression de rouler comme à mes débuts en rallye, tout en accélération et en freins, aucune vitesse en entrée de courbe, pilotage saccadé qui me fait perdre les secondes à la pelle et me fait terminer à la 37° place, bien loin derrière l'avion de chasse Maxime sur sa MV qui atomise la concurrence, reléguant le maître Bouan à 2s, rien que ça!
Bon de toute façons je ne l'aimais pas cette spéciale, lignes droites, virages à 160, chicane à 30 en plein milieu des lignes droites (d'ailleurs j'en ai shooté une), pas de quoi guérir ma maladie du cerveau.
Seule satisfaction: la baignoire à roulettes finit derrière moi.
Mais qu'importe, la fête est trop belle, Max monte sur la plus haute marche du podium, Flo fait aussi des étincelles et prend le large au classement.
Bilan du général : 1- Bouan; 2- Max; 8- Ju; 16- Flo; 23- Nico; 26- Moon et 40 pour la lanterne rouge du team, ma pomme.
La moitié de la ville vient féliciter notre champion du jour et Flo nous régale de sa dégustation de pizzas (merci Pizza Tempo, les pizzas les plus rapides de l'ouest!).

Mardi 3 : Angers / Boulazac : 415kms – on dirait le Suuuud

Départ un peu plus matinal du fait de mon saut de puce au classement général, 7h30, en direction du sud pour cette journée toujours sous le signe du soleil.
La sortie du centre ville s'avère plutôt stressante à cause d'une zone de travaux qui nous fait sortir du parcours et d'une série de feux interminables, à tel point que la première route de campagne qui se présente à nous est avalée à Mach 2.
Il faut dire que nous n'avons que 37kms à parcourir avant d'arriver au premier CH de la base chrono, et même avec une moyenne abaissée à 50kmh il vaut mieux rester sur ses gardes.
On pointera à peine 3 minutes en avance.
La base chrono est marrante, alternant chemin en terre et route goudronnée, mais sans aucune difficulté, personne ne se fait piéger outre mesure.
Pour la suite du parcours routier, je décide d'éteindre le tripy, d'une part parcequ'il est mal chargé et presque à court de batterie, d'autre part parceque je compte profiter de cette journée pour m'entrainer à naviguer en manuel pour préparer la journée marathon du lendemain.
Mon nouveau Vector équipé de sa commande au guidon est une pure merveille et me permet de recaler mes partiels en roulant au fur et à mesure des intersections, tout se passe pour le mieux.
A mi-parcours, je flane tranquillement sur une petite route de campagne quand une MV me double en trombe et me fait des grands signes, c'est Laurent Cochet, notre vidéo-journaliste préféré qui me stoppe "t'as loupé un CP, fais demi-tour !"
Tiens, c'est vrai que j'avais un petit écart sur un partiel juste avant mais ça ne m'avait pas marqué plus que ça, je fonce et comprends mon erreur, j'ai raté une toute petite intersection pour prendre celle située 100m plus loin me faisant passer à coté du CP sans m'en apercevoir.
Je bénis mon sauveur qui m'a fait éviter la grosse punition de 3 minutes de pénalité et repars en direction du périgord.





Au départ de la spéciale du Buis, tout le monde est là, meme les premiers ne sont pas partis.
Explication plutôt marrante, les techniciens qui installent les protections gonflables ont rentré "Le Buis" dans le GPS et se sont retrouvés 100km plus loin à un autre "Buis", depuis le temps que je le dis que ces saletés de GPS se font un malin plaisir à te paumer.
1h30 de retard, mais le soleil cogne et les pneus sont toujours quasiment chauds, la meute s'élance tour à tour.
Enfin une spéciale avec du bon revetement, des beaux virages et que j'ai reconnue.
Certes, elle reste très rapide mais ça ressemble déja plus à ce que j'aime, et je commence enfin à entamer mes sliders, tout en continuant à pêcher par excès de prudence en entrée de virage.
Résultat : 30° temps à 20s de Bouan qui met une claque au reste du monde (7s sur le deuxiéme, Ju)
Max reste bien au chaud dans le top 10, tout juste devancé par Nico et Flo reste régulier dans le top 20, tandis que notre Moon est solidaire avec moi et se classe 34°.
Mais la grosse surprise c'est la performance de Barbara Collet qui a juste atomisé 144 concurrents en réalisant le 3° temps absolu!
Va falloir s'y faire, cette année la demoiselle est intouchable à la régulière, mais psychologiquement c'est moins dur d'avoir une fille devant qu'un scoobite.
Message personnel à Barbara : pitié ne fais pas le moto tour en Tmax l'an prochain.
Fin de la journée, nous arrivons à Boulazac ou nous sommes installés dans un gymnase pour l'assistance, et ce soir on doit se débrouiller seuls car la veille de l'étape marathon il n'y a que le pilote qui soit autorisé à mécaniquer sa moto.
Ça tombe bien, j'ai mes pneus à changer, boaf, rien de sorcier puisqu'on a le droit de démonter les roues et de les faire passer à l'assistance, et je préfère mettre des beaux pneus tout neufs pour la terrible journée qui nous attend.
Le camp est installé un peu plus loin, c'est un peu le bazar pour trimballer les affaires et les outils mais au fond en voyant Pierrot et Cody sur le scoot chargés des pneus et des outils passer à toc on se marre bien quand même.
Bilan du général : 1- Bouan; 2- Max; 5- Ju; 15- Nico; 17- Flo; 27- Moon et 37 pour moi (qui a dit traine-teub dans le fond?)

Mercredi 5 : Boulazac / Alès : 590kms – Ze Journée marathon

Alors la attention j'annonce : journée de malade, sortez le café, le dark dog, le viagra, tout ce qui peut aider à rester eveillé parcequ'on n'est pas couchés!
Tout commence à 2h30 du mat' : le reveil sonne, on se jette hors de la tente pour aller chercher le roadbook papier, pas de temps à perdre on a tout juste 45 minutes pour le découper, le coller, le rouler, je mets mes arpettes au travail et récupère le précieux rouleau 20 minutes avant mon départ.
5 minutes pour aller au parc fermé, 15 minutes pour rouler mon roadbook dans le dérouleur aidé par un gentil flic (profitez ça m'arrive pas souvent de dire un truc pareil) et à peine le temps de démarrer qu'il est l'heure de pointer.
Flo m'attend, à peine parti on se perd dans le parking géant du centre commercial, 3 à 4 minutes de perdues avant de retrouver la bonne route.
Pas de panique, on a presque 300kms pour rejoindre Albi dans les temps, je passe devant et on navigue à bon rythme en pleine foret.
Il fait nuit noire mais mon xénon de luxe envoie du gros lumen des familles et en tartinant on ne tarde pas à revenir sur les concurrents précédents.
Première victime de la journée, le sympathique Didier alias Papygaz qui tire tout droit dans un champ, mais sans bobo.
On s'arrete et on repart tous ensembles, je tache de rouler aussi fort que possible pour ne pas trainer la meute dans mon sillage mais rien n'y fait, je n'arrive pas à me débarrasser de mes poursuivants.
Je reviens sur les frères Busquets, sur le team Helit Moto et à chaque fois c'est la meme histoire, la file s'allonge derrière moi.
Tiens un croisement litigieux, je me trompe, fait demi-tour rapidement et retrouve Julien perdu sur une autre route à ce même croisement, je repars devant mais les furieux du nouveau groupe me doublent imités par d'autres.
Je ralentis et laisse tout le monde prendre le large, bien content de retrouver ma tranquillité, meme si j'ai perdu Flo et que je me retrouve avec Jean Marc Delétang ne me lachant pas d'une semelle.
Pause essence au bout de 200kms, j'avais stratégiquement emporté un bidon de 5l dans ma sacoche afin de m'éviter un détour, la première station sur le parcours étant à 250km.
Jean Marc n'a pas besoin d'essence mais il m'attend, l'illustre pistard semble apprécier le guidage.
Moment particulièrement magique, le lever du jour au bout de plus de 3h de navigation intense, un véritable soulagement pour l'organisme avant d'arriver sur Albi, théatre de notre prochaine bataille.



8h30, le Graal est devant nous, le CH du matin est réussi mais certains y laissent déja des plumes par paquet de 15s, tant mieux car c'est aujourd'hui la journée ou j'ai la plus grosse carte à jouer, de la navigation à outrance, un circuit et une spéciale que je connais pour enfin espérer remonter du bas de la première page du classement.
Albi donc, je retrouve Jean Marc, notre poustache à nous qui m'a preté son tripy suite à sa chute dans les pyrenées qui l'a malheureusement privé du Moto Tour, ça fait super plaisir de le revoir en pleine forme même si c'est sur sa moto et avec nous toute la semaine que j'aurais préféré qu'il soit.
La suite va enchainer très vite, et la première surprise n'est pas particulièrement bonne, nous partons sur la grille en fonction du classement de la spéciale de la veille, ce qui est inhabituel car normalement c'est le classement général de la veille ou du circuit précédent qui fait foi.
Et c'est loin de faire notre affaire, d'une part pour certains comme Max qui rétrogradent de la première à la troisième ligne, d'autre part pour moi qui aurait du partir à l'avant de la 2° série et qui finalement me retrouve au fin fond de la première série.
Et comme je le redoutais, cette position de départ est plus qu'handicapante car les 2 premiers tours du circuit sont gachés par les dépassements à faire sur les autres concurrents, car peu d'entre nous avaient fait une journée d'entrainement sur ce circuit plus technique qu'il n'en a l'air et meme si cet avantage m'a servi pour déboiter les copains je n'ai pas pu en tirer le parti maximum.
Ah ah, mais qui je vois en ligne de mire, le stunter sur sa FZ8 tiouning ! Handicapé par son embrayage en fin de vie (embrayage raide-stunter...quelle coincidence), Nico peine à relancer dans les bouts droits et je le recolle rapide, pas de temps à perdre, je lui fais un intérieur à l'entrée de la chicane lente et boucle le 5° tour seul au monde à bon rythme, avec le Max juste devant, cool !
Mais les drapeaux rouges sortent de partout, la course est arretée à cause d'une violente chute de Bruno Vezzuti, et dans mon tour de décélération j'aperçois Nico dans les graviers aussi.
Explication: Nico s'est mis au tas en essayant de me repasser a l'exter et Bruno juste derrière l'a imité en mordant sur les vibreurs, heureusement rien de grave pour les deux enduristes mais cette chute signe l'abandon de Bruno.
Coup de chance pour Nico, seuls 4 tours seront pris en compte et il garde son classement...devant moi puisque je l'ai doublé au début du 5° tour.
Bon, ça n'a pas fait totalement mes affaires mais j'ai quand meme rattrapé un peu de mon retard sur le Flo, c'est une satisfaction.
Devant Gines et Bouan sont seuls au monde avec des chronos d'extra-terrestres, suivis d'Olivier Four (le gagnant des 24h du Mans, rien que ça) et derrière Ju et Cedric limitent bien les dégats en restant à moins de 30s.



Une petite demi-heure d'attente le temps que les premiers passent au CH de sortie de circuit à l'issue duquel nous aurons droit à 30 minutes d'assistance pour avaler les petits sandwichs de ma chérie et refaire le plein des meules.
Nico et Flo m'attendent avant d'attaquer la deuxième moitié de la liaison en direction d'Alès, c'est parti pour une bonne grosse liaison.
On navigue à tour de rôle sur les chevrettes du Tarn, et le rythme enroulé-tartiné me permet de reprendre confiance, je me fais plaisir, les routes sont belles et mon cerveau commence à se décoincer.
Au détour d'une petite route on retrouve le pauvre Christophe Nicolas dans un fossé qui n'a pas eu d'autre choix que d'y jeter sa R6 pour éviter le 38 tonnes qui arrivait en face.
Sur que les routes sont piégeuses, mais d'autres portions comme la D999 au revetement parfait nous réservent de belles surprises et comme prévu nous passons tous les 3 en mode dégénérés.
Tiens surprise, toute l'assistance nous attend dans un patelin (Alzon) pour un ravitaillement inattendu qui s'avérera fort appréciable.
On continue en compagnie du sympathique lolo cochet sans avoir débranché le mode dégénéré, et comme prévu on loupe la première intersection, bah fallait pas s'imaginer qu'on en aurait fini avec les chevrettes si facilement.
La suite nous mène au sud-ouest d'Alès dans les environs de Lasalle qui regorgent de routes plus étroites et gravillonnées les unes que les autres, au détour d'un virage une première mauvaise surprise, la F800R de Nico Derrien est encastrée dans une Modus, la course est terminée pour lui, c'est bien dommage pour notre champion de France qui pouvait viser le top 5 cette année.
Un peu plus loin une plaque de gravier en sortie de virage me saute au nez, et je vois sur le coté le 600 CBR de Matthieu Ginès tout cassé, le pilote n'a rien, nous continuons.
A l'entrée d'Alès nous gérons tranquillement nos 10 minutes d'avance, grand bien nous en a pris car l'entrée de la ville est un traquenard, gendarmes, peloton de sécurité routière de l'orga, police municipale, on est attendus de pied ferme.
Nico stresse mais on arrive juste assez en avance pour la spéciale.
Oui, la spéciale, parcequ'après 14h de liaison et 5 tours de circuit, il nous reste une petite formalité, la spéciale rallye d'Alès, reconnue un mois plus tôt avec le chevalier basque Sergei.
Fatigué mais motivé, j'attaque la spéciale en loupant quelques passages, notamment la grosse compression ou on s'était entrainés à passer en accélérant, ben moi je suis passé en freinant.
Je me console en rentrant pour la première fois dans les 20 meme si je prends 13s par le patron Denis.
Pas faché d'en finir avec cette journée, mais avant de me reposer je décide de changer de nouveau mon train de pneus pour avoir des balles neuves le lendemain pour le circuit, c'est psychologique mais je pense aussi au fait que nous ne pourrons pas changer de pneus avant le retour de Corse alors autant partir avec des gommes en pleine forme.
Soirée calme, on est tous très fatigués mais dans l'ensemble contents sauf notre Moon qui s'est mal débrouillé le matin et a pointé 36 minutes en retard à Albi, dommage car notre tonton en perdra sa motivation.
Bilan du général : 1- Bouan; 2- Ju; 9- Max; 17- Nico; 21- Flo; 22- Moi (à 2s du pizzaiolo hé hé) et 48 pour tonton Moon

Jeudi 6 : Alès / Toulon : 400km - l'opération "matelas"

Jeudi matin, après une bonne grosse nuit, nous sommes convoqués en prégrille à 9h, je pars de nouveau au fond de la première série, faudra faire avec.
Avant d'entamer les 5 tours de piste, nous avons le droit à notre tour de chauffe et à notre tour de recos (ou l'inverse, c'est pareil).
La piste est sèche, accroche bien, je suis juste à coté de Max, Lolo, Arnaud sur sa Bimota, top départ!
Lolo se loupe, je prends l'interieur et passe Max dans le premier gauche en profitant d'une belle sucette à la réaccélération de ce dernier, mais il ne se laisse pas faire et me redouble dans la foulée.
La lutte est âpre et j'ai l'impression d'en doubler autant que je ne me fais doubler à mon tour.
Les sensations sont bonnes et j'arrive à en doubler encore quelques uns pour finir à la 21° place, en ayant pris 8s au tour par les vainqueurs ex-aequo Bouan et Ginès.
À ma décharge ça tournait en 1'19 de moyenne devant, ça je sais pas faire, par contre ce qui me rassure c'est que le 3° scratch, Cedric Parmentier roulait en 23 de moyenne, c'est fort mais pas infaisable.
Bon je me suis quand même fait plaisir et l'opération "matelas" a réussi sur Flo que je devance de 24s, de quoi voir venir sur les spéciales qui suivent !
Direction Toulon maintenant pour une belle journée de roulage ensoleillée.
Nous partons presque tous ensembles, Ju et Max devant qui papotent avec leurs scala riders dans les casques, Nico, Flo et moi à la suite et dans notre roue mes potes de Valence, JC, Vincent et Bruno qui sont passés nous voir et font un bout de route avec nous.
Malheureusement les nombreuses intersections et petites pauses ne nous font pas rouler bien longtemps ensemble et au bout d'un moment je me retrouve seul à flaner sur la route le nez au vent, un vrai petit moment de détente.



Tiens, cette route la je la connais, Suzette, la spéciale de 2010! les souvenirs reviennent vite et je me surprends à tartiner sans raison, juste par réflexe, c'est fou ça.
Malaucène... j'ai faim, j'en ai marre d'etre tout seul, c'est l'heure de faire une pause.
10 minutes plus tard la meute arrive, Max a l'air chaud bouillant "tu sais quoi, ben le Ventoux j'ai envie de le monter comme en spéciale"
Arf, j'engloutis mon sandwich cul-sec et rechausse mon casque et mes gants, j'ai pas envie de rater la fête!
Alain passe en tête sur sa Tuono V4 et nous voila en file indienne à l'assaut du mont Ventoux, et une fois le petit bar du bas passé ça part en cacahouète, tout le monde genou par terre et ça commence à relancer sévère entre 2 virages, trop bon!
Chaud bouillant je double Max, Alain, Julien et me retrouve devant, arf va pas falloir mollir alors je dégaine le genou et feu, les virages défilent, je sens le souffle chaud du gros V4 derrière moi, et braoum, sortie d'un grand droite tout par terre, rien en face je trajecte sur la voie de gauche pour lacher les 100cv tout ronds de ma Tuono et...mais qu'est ce donc? Des spectateurs au bout? Ah non la garde républicaine avec leurs tréteaux bleus qui me font signe de rester sur ma voie...oui m'sieur l'agent!
À peine le virage passé, je soulage un poil dans la ligne droite...erreur Alain me déboite à toc et c'est reparti jusqu'en haut, bon sang mais vous avez pas de cerveau non plus les gars ou quoi?
Les derniers virages seront l'occasion de rattraper 2 lapins de la garde républicaine en flagrant délit d'arsouille, on les chope par les oreilles et on les déboite.
Pause photo en haut, pour mieux repartir dans la descente jusqu'à Sault, pas moyen d'économiser les pneus ici.
Avec nos idioties, on arrive à Jouques avec 45 minutes d'avance, le temps de boire un verre avec les autres avant d'arriver à la spéciale.



Au départ de la spéciale de Jouques ça commence mal, j'ai du mal à reconnaitre le départ, je m'imagine 2 virages avant le départ des recos alors qu'en fait on est un virage plus loin...
Bon pas grave, le long gauche se charge de me recaler, et j'enchaine sur la partie rapide avec un poil de retenue, je préfère me lacher sur la deuxième partie, plus sinueuse, ou j'arrive grosso modo à mettre du rythme...mais pas assez car à l'arrivée le Flo exulte, il m'a mis 5 centièmes sans avoir reconnu...heureusement la déculottée d'Alès me permettra de le calmer le soir à l'apéro.
Devant c'est encore Mr Propre qui scratche, avec une belle perf de Nico qui finit 5° devant Julien et Max, pour moi ça sera une 19° place, ce qui n'est pas un exploit mais en analysant je ne suis qu'à 13s du meilleur temps, ce qui en 2010 me permettait de rentrer dans le top 10, la concurrence est rude.
fin du routier jusqu'à Toulon, l'arrivée dans la grande ville est laborieuse avec de multiples embouteillages et feux qui nous font bouillir sous le cuir, c'était beaucoup mieux l'an passé en arrivant par l'autre coté du Mourillon.
Le campement est déja en place, on a droit à notre petite assistance avant de...se préparer à repartir, car à 19h30 c'est le départ pour le port ou tout le petit monde du moto tour embarque pour la Corse!
Aude et Bernard font également la traversée, ce qui s'avérera une brillante idée car dès l'arrivée sur le bateau c'est la panique pour trouver les clés des cabines, celle ci étant confié au premier arrivant, les 3 autres occupants n'ayant plus qu'a retrouver le premier sur le bateau, sans forcément savoir qui il est, de quoi s'arracher les cheveux pour la pauvre Nina qui fait de son mieux pour sortir de ce pétrin.
A peine douchés et nourris, il est l'heure d'assister au briefing, tout ça ne laisse pas beaucoup de répit mais on est ravis d'etre tous ensembles dans cette aventure qui prend toute sa dimension avec cette traversée nocturne.
Et avant de se coucher, on sort les calculettes:
Bilan du général : 1- Bouan; 3- Ju; 11- Max; 16- Nico; 20- Moi; 23- Flo (hi hi) et 44 pour Moon tout démotivé mais qui remonte gentiment

Vendredi 7 : Corsica !! : 350km - Bonjour veaux, vaches, cochons...et poulets

6h, le micro nous arrache d'un profond sommeil, qu'est ce qu'on dort bien quand on fait 12h de moto par jour!
7h, le grand débarquement, la garde nous escorte jusqu'au CH de départ de Porticcio.
Le temps est maussade et les gros nuages noirs au Sud ne présagent rien de bon, c'est qu'on a une spéciale nous la haut dans la montagne, et la je voudrais pousser un coup de gueule, arretez les déodorants ! y en a marre du déreglement climatique, ça fait 2 ans qu'on se tape des spéciales trempées en Corse alors qu'à Val de Reuil on prenait des coups de soleil, y a plus de respect !!
Bref, la spéciale trempée rappelle à mon bon souvenir mon exploit du Beaujolais et ma cheville encore douloureuse d'un excès de zèle sur le mouillé.
Soyons francs, j'ai la trouille, d'autant que la spéciale est hyper longue (7km), je la connais mal, le revetement est tout pourri, autrement dit c'est la roulette russe, et lolo qui est avec moi à ce moment n'en mène pas large non plus.
J'ai donc le choix, me trainer ou...me trainer, de toute façons mon cerveau refuse de prendre le moindre risque, à peine un petit frottis de genou pour tester l'adhérence mais pas plus, je monte la spéciale sans la moindre dérobade avec un rythme de père tranquille, 38° temps à...28s du scratch de William Milios, sacré démonstration du journalo-stunter.
Même 2 classiques me précèdent, bon certes il y a Nick mais lui il compte pas il est fou, et puis les conditions étaient séchantes pour les derniers, ce qui donne un classement un peu bizarre sur la spéciale.
Devant Cedric et Julien complètent le podium, Denis assure et Flo est tout content, il vient de me reprendre 9s...plus que 15 pour me repasser devant, tout reste possible et je sais que je vais devoir serrer les fesses.
Comme prévu à l'arrivée de la spéciale j'attends Nico pour qu'on roule ensemble, mais il n'arrive pas, c'est mauvais signe, je décide de l'attendre au ravitaillement d'Aude et Bernard un peu plus loin.
Il n'arrive toujours pas, et lorsqu'enfin j'aperçois un groupe de rallymen, il s'agit de Renaud Fanon le grand malade suivi d'Arnaud Sajoux, Nico est un peu plus loin et me fait des signes, il s'est boité dans la spéciale, il a mal partout et sa moto aussi, mais il peut rouler.



La liaison qui suit est particulièrement difficile, ponctuée de graviers, de nids de poules, de cochons sauvages, de veaux, et de ...contrôles de vitesse, tous les 2 villages nous aurons droit à une surveillance rapprochée, notamment sur l'interminable route cotière entre Coti et Porticcio.
Max nous avait prévenus, gaffe à la première boucle, très difficile à faire à 60 de moyenne, mais par prudence l'orga a décidé d'abaisser la moyenne à 50.
J'arriverai avec 9 minutes d'avance et je ne sais pas si j'aurais pu arriver à temps avec une moyenne à 60, chaud.
30 minutes d'assistance entre les 2 boucles, on assiste à une belle boulette de Will Milios qui part tout simplement sans pointer et ne se rend compte de son erreur que 3 minutes après...après avoir risqué sa peau pour scratcher la spéciale c'est rageant, d'autant qu'il ne reportera pas ce décalage de 3 minutes et pointera à l'arrivée 3 minutes en avance! Double peine qui rétrogradera le bucheron d'une grosse dizaine de places au général.
Deuxième boucle, cette fois en sens inverse, on commence par aller se balader dans le maquis avant de terminer par la spéciale.
Je rejoins rapidement lolo cochet et voyant mon avance plutôt réduite je décide de tartiner par prudence (oui c'est bizarre à lire c'est vrai).
Les routes sont toujours aussi microscopiques, piégeuses et surveillées et la moyenne est cette fois à 60.
Pendant une bonne centaine de kilomètres je lutterai contre l'horloge en gardant mes 2 à 3 minutes d'avance sur le temps idéal.
Sachant que la fin est limitée à 50 pendant une dizaine de kms, c'est tendu.
Mais c'était sans compter sur le spot de Thomas, le col de San Bastian, rapide et qui nous permet de capitaliser une bonne dizaine de minutes d'avance, je peux me relaxer sur la route cotière au milieu de jumelles et des kangoos de la gendarmerie qui piègeront un paquet d'entre nous, à l'image de Jean Marc Delétang qui dégringolera au classement à la suite d'un excès de vitesse, tout comme le jeune et sympathique Matthieu Ginès qui n'avait pas besoin de ça.



On arrive au départ de la spéciale de Coti, la même que ce matin, mais sèche, cette fois j'ai la rage et envie d'en découdre.
Je pars et jette la moto sur l'angle dès le deuxième virage, j'arrive à enchainer certaines portions en m'aidant de ma mémoire ou des marques oranges sur les rochers et je sens que le rythme est la, les épingles passent fort jambe tendue ou genou par terre et ma trouille n'est plus qu'un mauvais souvenir, je me régale.
Mais dans un droite avant l'arrivée, une mise sur l'angle un peu brutale me fait perdre l'avant, ça glisse, ça raccroche, ça guidonne, ouf l'amortisseur de direction calme la moto et me permet de reprendre le contrôle juste avant de plonger dans le fossé, gros avertissement, j'en termine en lachant quelques secondes dans l'opération.
Résultat: 16° temps à 3 dixièmes de Flo, je limite la casse!
Julien fait fort en terminant 2eme, juste ce qu'il faut derrière Denis pour lui voler l'étape du jour, waouh, après Max à Angers c'est encore un paylote du team qui gagne une journée!
Et meme notre Nico tout cassé pétera un gros chrono dans la spéciale pour se classer 8eme en enroulant pépère comme il dit...
Voila, plus qu'une liaison courte mais tendue (36 kms en 36 min dont la moitié limitée à 50) et nous pouvons profiter d'une grosse pause sur la plage de Porticcio, le temps de vider quelques demis et de papoter en terrasse, c'est tranquille.
19h30, le troupeau reprend la direction du port d'Ajaccio et nous voila de nouveau à bord du Ferry, c'est ce qu'on peut appeler des vacances express.
Dans le bateau c'était la fête foraine à cause de la mer agitée, marrant pour certains, beaucoup moins pour d'autres qui iront se coucher sans toucher à leur repas (Nico, Max a bien apprecié tes pates et ton yaourth au fait).
La remise des prix célèbre Ju et même Flo qui gagne l'étape au classement des rookies.
On s'endort tant bien que mal, tantôt en apesanteur, tantôt ecrasé contre la couchette au rythme des vagues.
Bilan du général : 1- Bouan; 2- Ju; 10- Max; 16- Nico; 17- Moi; 20- Flo et 41 pour Moon

Samedi 8 : Toulon / Toulon : 250km - à la conquete du Faron

Retour matinal sur le camp, il est 7h30 et nous avons 1h pour faire l'assistance.
Les pneus d'Alès ont fatigué et je préfère remettre ceux de la journée marathon qui étaient moins entamés, c'est mieux pour ma tête meme si les italiens de Metzeler se moqueront gentiment de moi quand je leur demanderai de monter un pneu usé à la place d'un pneu usé.
Qu'importe, je tiens à garder mon mental et ma 17° place.
Pour la 17° place ça va etre tendu car le rapide Will Milios me talonne de 3s, Fred Ber de 6s et Flo ne perd pas espoir de me reprendre 13s dans la journée (une seconde par épingle selon Max).
Devant le 16eme n'est autre que Nico, trop rapide pour moi cette année et le 15eme est trop loin devant.
Aujourd'hui on part dans l'ordre inverse du classement, ce qui nous laisse la matinée tranquille et j'aurais la bonne surprise de voir ma mère arriver avec mon petit Gabriel avant le départ, c'est pas que mais au bout d'une semaine il m'avait sacrément manqué le petit monstre!
Je sors de Toulon en compagnie de Will, puis Nico, on se dégourdit les roues dans le Beausset, on est bien, puis on file jusqu'à Mazaugues ou a lieu la première spèciale du jour.
À l'arrivée, une file d'une trentaine de motos attend pour passer, et on nous avertit que c'est dans la première épingle à droite que tout le monde s'y met.
OK on part donc pneus refroidis, j'assure jusqu'à la sortie de l'épingle et après feu! Je fais quelques petites erreurs mais je garde le rythme, pas de frayeur non plus et je passe la cellule à la 17eme place, et tandis que Bouan enfonce le clou en scratchant, Julien et Max assurent et Flo perd 2s sur cette spéciale qu'il ne connaissait pas.
J'attends Nico, décidément en forme qui a encore fait un top 10 dans la spéciale, et on part sur la dernière liaison.



A la pompe on se regroupe, Flo nous rejoint ainsi que Will qui repart aussi sec.
Flo me confie que le redac' chef de Moto et Motards claque des superbes wheelings en liaison...c'est décidé je fonce le rattraper, je n'aurai pas l'occasion de rouler avec lui de sitôt.
Me voyant dans ses rétros, le géant vert met du gaz mais je le colle au train, il roule propre sans prendre de risques et on attaque les spéciales du rallye du Var ensemble, d'abord Gonfaron, puis Collobrières, je me sens comme à la maison !
Je finis par passer devant puis, voyant une superbe ligne droite je me retourne et fais un signe explicite à Will.
Il en fallait pas plus pour que l'artiste se mette debout sur les cales pied, la moto en érection dans un wheelings des plus parfaits, rien à dire il mérite bien sa réputation !
Une petite entrée de virage en glisse pour finir de me convaincre avant d'arriver au Graal, la mecque de tout bon moto-touriste, le Mont Faron.
On arrive presque une heure en avance, pas grave on a juste envie de se poser, de fumer et de papoter en attendant le départ de la spéciale.
On profite de ce temps libre pour consulter les résultats sur les smartphones, et globalement les classements sont figés sauf pour certains qui peuvent encore gagner des places importantes comme Matthieu Cayrol le rapide essayeur de Moto Journal qui peut encore monter sur le podium en y délogeant Cedric Parmentier qui dispose d'une petite avance de 10s.
De mon coté comme je l'avais envisagé je perds ma 17° place au profit de Will qui m'a déposé dans la spéciale de Mazaugues et a facilement repris les 3s qui nous séparaient.
Bon 18eme c'est toujours dans le top 20 et Flo et derrière, l'honneur est sauf.
Je pars comme a mon habitude avec prudence dans les premiers virages, aborde la première épingle à droite en freinant un peu cata avec la roue arrière qui balaye la route pour le plus grand bonheur des spectateurs.
A vrai dire je ne me rappelle plus trop de la première partie un peu rapide, je me contente de faire un petit saut à la bosse du fort en attendant la série d'épingles.
Une série que j'aborde assez sereinement avec mon grand guidon et mon Rotax bien coupleux, les épingles enchainent facilement et je termine la spéciale en 3'18, un temps bien décevant en comparant à mes temps de 2009 (3'15) et 2010 (3'16), je vais donc plus vite dans les épingles avec une sportive creuse qu'avec un roadster coupleux...va falloir que j'aille voir un psy pour mon histoire de cerveau je crois.
Au rayon des excuses, la bande centrale de la montée était parsemée de bandes gravillonnées qui n'existaient pas avant, et le scratch de Will en 3'06 reste à 8s du record détenu par Denis.
Mais le principal, c'est que la fin de la spéciale marque un des temps forts de ce Moto Tour, ce moment magique ou chaque pilote est accueilli par les applaudissements des autres concurrents déja arrivés, le relachement de toute la pression emmagasinée durant la semaine, la vue grandiose sur la baie de Toulon, la plaisir est intense.
Pour d'autres ça se complique un peu, Barbara Collet se fait une petite sortie de route et perd deux places au général et Matthieu Cayrol se satellise après la bosse, pulvérise son tibia et sa FZ8 (ça à la limite...) et perd sa belle 4eme place.
Une heure plus tard Denis et Ju bouclent la spéciale et Max le poète organise la petite séance photo collective, une super idée pour un résultat inoubliable.
Vu le retard accumulé la descente sur Toulon sera aussi l'occasion de faire la parade en ville, Nico nous fait un festival et flambe son pneu arrière en quelques centaines de mètres dans les rues de Toulon, j'adore !



Le soir la fête est belle, Gabriel qui a un an aujourd'hui ouvre les cadeaux des copains (bib KTM, mobile KTM...mais non il est pas conditionné ce gosse), on fait le tour des popotes en profitant à fond de ce dernier moment ensemble avant le retour à la réalité.
Bilan général final : 1- Bouan (et de 6!) ; 2- Ju (grosse perf); 3- Parmentier (beau podium); 9- Max ; 16- Nico; 17- Moi; 19- Flo (HEUREUX!) et 38 pour Moon bien déçu mais entier, c'est le principal après sa grosse chute au rallye du Var.

La conclusion de tout ça, c'est dans un premier temps que j'ai de la chance d'avoir une assistance aussi géniale, Bernard et Aude rien que pour moi, le team Moto Net au complet avec qui les soirées se transformaient souvent en festival du n'importe quoi, bien aidés par la délégation corse il est vrai, mon adversaire de toujours Flo qui attend sa revanche, Zézette et Guy et leur bonne humeur permanente (sauf le matin avant le café) et la tambouille extraordinaire, sans oublier Philippe, Guy, Stéphane, Guillaume "La Truff" (je t'ai piqué plein de photos hi hi hi) toujours prêts à aider, toujours souriants, bon voila, tout ça c'est ce qui fait que j'ai encore plus envie d'y retourner même si les résultats n'ont pas été à la hauteur de mes espérances.




Après une petite analyse, je pense que mon gros problème sur ce Moto Tour a été mental, j'avais peur de retomber sur ma cheville et sans confiance je n'arrive pas à rouler vite.
La moto n'est pas à mettre en cause, meme si les suspensions sont perfectibles (plus de 50000kms tout de même) et bougent un peu trop sur les bosses, meme si l'inertie se ressent malgré le grand guidon, je peux dire qu'a aucun moment la Tuono ne m'a fatigué sur le routier, position confortable, navigation facilitée par l'instrumentation à portée de main, moteur coupleux.
Meme sur piste j'ai été agréablement surpris de mes résultats avec un temps à Alès quasi identique à celui réalisé en ZX6R en 2009.
Mais je crois qu'il y a un autre paramètre qui a joué cette année, la concurrence, car le niveau général s'est sérieusement etoffé et les candidats au top 20 étaient plus nombreux cette année.
Tous ceux qui sont devant moi sont plus rapides à la régulière et je n'ai commis aucune erreur cette année, donc mon classement était le reflet de mon niveau.
Pour progresser, je pense que le plus facile est de privilégier l'entrainement sur piste qui permet de gagner des places en limitant la prise de risques car pour etre honnete je n'ai pas vraiment envie de rouler plus vite en spéciale, j'ai l'impression d'etre à fond et je ne veux pas prendre plus de risques que ça.

Vivement le 10eme !!!

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Commentaires
 
Aude (13/10/2011)
GENIAL!!!! super CR, super Moto tour, une ambiance trés sympa, un bon groupe de potes.... j'ai encore une fois adoré!! et chapeau Bernard, on fait une bonne équipe tous les 2!!!!

Gilles (13/10/2011)
content d'avoir partager ce moto tour avec vous, enfin surtout avec Aude :)

Corinne 'tite route (14/10/2011)
Chouette CR ! Merci de nous raconter tout ça :-)

Max (14/10/2011)
Merci pour cette lecture pleine d'émotion, continuons de se faire plaisir, ça reste bien l'essentiel!

Barbara (14/10/2011)
CR top ,Pilote trés sympa...un peu lent..?!!

Ben (14/10/2011)
Aïe mes dents ^^

Domdom (14/10/2011)
Comme d'hab', un super CR qui m'a fait voyager, chapeau Ben ! Pour progresser, au delà du fait qu'il faille s'entrainer sur piste et ailleurs, si tu avais une moto réglée aux petits oignons comme celles des premiers, tu ferais sans doute bien mieux. J'entends par là, des suspat' au top, etc... J'avais lu dernièrement que le père Bouan était full ohlins réglé au poil, ça doit vachement aider sur les routes à chèvres entre autre, me trompe-je ?

Vince34 (14/10/2011)
j'ai eu le plaisir de te voir à Mazaugues ? Tu m'as franchement régalé , félicitations pour tes performances a l'année prochaine

Macadam26 (14/10/2011)
J'ai fait comme tu as préconisé ! j'me suis installé sur mon canapé au début, puis j'ai continué ma lecture en faisant semblant de bosser devant le PC du boulot , pour finir de lire ton récit sur le trône .... et bien du début à la fin je ne me suis pas fait chier ! Félicitation pour tes talents de narrateur ... et de pilote ! effectivement il y avait du beau monde sur cette cuvée 2011 ...un beau classement donc ! Bravo à ton team d'assistance technique Aude et Bernard, et d'assistance morale Gabriel et ta mère ^^ à l'année prochaine pour le DDMT... et j'espère bien avant pour une balade locale ;)

Steph (15/10/2011)
Toujours un vrai plaisir de te lire!! J'espère te rencontrer en 2012 sur un ou deux rallyes (je serai un des rares à rouler en monster 1100) Bravo pour ta perf , pas besoin de voir un psy , une famille qui t'attend développe plutôt la prudence que la folie.... je crois que c'est Laconi qui disait qu'après avoir eu un enfant il roulait moins fort. Je ferai le DDMT en 2013, j'ai beaucoup à progresser avant! Au plaisir de te lire!!! Steph

Arnaud (16/10/2011)
Bravo Ben! pour la performance avec la manière et la manière de narrer la performance! Toujours un plaisir de partager ses moments au moto tour avec Toi et les autres. Tu as raison ce Tuono te va bien, j'ai pu apprécier quand tu m'as déboité à Ales! Bisou à ta petite famille! Un bimotiste Heureux d'avoir terminé dans les 20 aussi A+ la bande pour DDMT2012 encore plus fou ;-)

Fred (16/10/2011)
Comme d'hab, comme les autres, grand bravo pour tout...Très agréable de te (re)lire! @+

Crazy (16/10/2011)
c'est beau ! vite 2012...........

Anonyme (16/10/2011)
Excellent CR (( Et tu l'as dit, vivement le 10ème ! J'ai vraiment hâte d'y être... avec une plaque numéro moi aussi cette fois !

Sml (16/10/2011)
Oups l'anonyme du dessus aux deux pouces gauche c'est moi..

Baloo (17/10/2011)
Très bien Ben, et pas besoin de voler plus bas... Ton analyse sur la partie piste, tu m'en avais déjà fait part et je pense, si je peux me permettre, que c'est par là qu'il faut que tu t'investisses. A bientôt. Bises !

Olivier #109 (17/10/2011)
Félicitations pour ce CR très détaillé. C'est marrant de reconnaitre certains passages mais de les vivre avec les yeux d'un autre! Bravo aussi pour les résultats. J'ai une question : tu as une vest par dessus ton cuir il me semble. C'est quoi? Camel back? Airbag? A+

Olivier #109 (17/10/2011)
Félicitations pour ce CR très détaillé. C'est marrant de reconnaitre certains passages mais de les vivre avec les yeux d'un autre! Bravo aussi pour les résultats. J'ai une question : tu as une vest par dessus ton cuir il me semble. C'est quoi? Camel back? Airbag? A+

Ben (17/10/2011)
Merci à tous! pour Olivier : c'est un airbag Helite Protairbag modele Airness, y avait une promotion au DDMT 2009 et depuis je le porte toujours en rallye, testé une fois sans bobo ;-)

Gerard rolland (17/10/2011)
J’adore ton CR, il est a ton image, agréable avec beaucoup d’humour, plein de modestie, un vrai plaisir a lire……j’aime beaucoup, merci a toi…:-))

Poustache (17/10/2011)
Toujours un grand plaisir de lire tes CR. C'est sûr qu'entre ta paternité, ta cheville en vrac ta gamberge le N° 13 et tous ces pistards, tu ne pouvais pas finir mieux et encore estime toi heureux, car si j'avais pu le faire tu aurais peut-être fini 18 ;-))))

Nick (17/10/2011)
Bravo ben, bon cest vrai que tu pouvais faire mieux. PS : heureusement que j'étais en classique hé hé !

Dimitri07 (26/10/2011)
Bravo Nick pour ta 2ème place en classique...et pour tes perfs avec ce cher GSXR dernier modèle...à bientôt en 2012 sur les RR...

FRED jalade (31/10/2011)
salut, je viens de lire ton CR...un peu tard! j'ai vraiment pris plaisir à lire chacune de tes lignes. On a vraiment l'impression d'y etre et on ne s'ennuie pas! Putain ça donne presque envie!! Classement honorable malgré ta légère déception; tu as joué la carte de la prudence et tu as terminé ton ddmt ds le top 20. bravo!!! bises à ta petite famille. Fredj.

FLIp (12/11/2011)
J'en profite pour partager cette video pas mal du moto tour par Lolo de moto journal: http://www.moto-journal.tv/sport/le-moto-tour-cest-du-brutal-12


 
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