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Dark Dog Moto Tour 2010
Saison 2010 du 25/09/2010 au 03/10/2010
2400 kms

(par Superman le 11/10/2010)

liens & avis

Start again

Cette année, le Moto Tour évolue dans le sens de l'accessibilité, moins de kilomètres, plus de temps de repos, des moyennes horaires adaptées aux conditions de roulage, il n'en faudrait pas beaucoup plus pour le confondre avec une manche du championnat de France de tourisme.
Malgré ça, les fantastiques souvenirs de l'édition 2009 restent gravés dans ma mémoire au rayon des expériences superkiffantes comme y disent les jeunes, et en même temps il y avait de quoi, pensez donc : une semaine à bloc avec ma chérie et mon team manager, 500 bornes par jour en moyenne, des spéciales sur circuit au milieu de vrais pilotes, des spéciales sur route où j'arrive à titiller les meilleurs, et l'apothéose : la journée marathon où le jour se lève au milieu des Alpes.
Au final, un classement de 14° scratch et 10° en catégorie expert, une performance qui me satisfait en soi mais qui me fait tout de même regretter mes 2 petites erreurs de navigation.
Cette année donc : on remet le couvert mais avec objectif zéro erreur !

Ready to race

Pour mettre toutes les chances de mon coté, je dispose pour commencer d'une assistance efficace :
Aude à la préparation du paquetage, Bernard mon team manager, Adrien le coach par intérim et Matthias, le chef mécano.
Ensuite, préparation de la moto : nouvelle peinture aux couleurs de mon nouveau sponsor Eben, pour vérifier si c'est le noir ou le vert qui va plus vite.
Révision complète de la kawa qui est encore verte (ha ha!) malgré ses 70000 bornes au compteur, achat des pièces de rechange et le gros de la prépa: l'optimisation de la navigation !
Pour ça, j'ai mis la ceinture, les bretelles, les élastiques, tout ce que je pouvais trouver y est passé:
Tripy preté par Patrick "le professeur" Curtat, dérouleur manuel, compteur Vector avec ajustage manuel du trip, 2 compteurs de vélo en secours, un lecteur de carte avec le parcours journalier fluoté et mes dents.
Si si, mes dents, parceque si avec tout cet attirail j'arrive à me perdre, j'ai plus qu'à me les mordre (merci macadam pour cette bonne blague qui m'a fait rire) ^^
Et pour finir, un travail de reconnaissance plus poussé que l'an dernier : journée de roulage sur les 3 circuits, et bachotage de toutes les spéciales routières hormis val de reuil (trop loin et inutile), le circuit kart (pas dispo) et le Faron (impossible).

Objectif avoué : le top 10 qui m'avait échappé de peu l'an passé.
Au niveau de la concurrence, les extra terrestres s'appellent toujours Bouan et Delaval, et les challengers redoutés sont les frères Busquets sur leurs missiles, le team Moto Journal dont je connais l'efficacité et le team Moto net qui, même s'il ne dispose pas à proprement parler d'armes de guerre au niveau des motos (...), est constitué de pilotes pas trop manchots.

Assez parlé, 7h d'autouroute plus loin nous voila sur place, on récupère Matthias à la gare et on installe le campement avec celui du team Moto pas-nets, les pieds un peu dans la gadoue mais trop contents de se plonger directement dans l'ambiance rallye (le pack de Heineken en fera d'ailleurs les frais).

Samedi 25/09 : les contrôles... et le self-control

couchés tard, levés tôt pour une convocation à 8h15, malgré notre ponctualité nous attendrons une bonne heure avant de passer sur le grill...et dire qu'on était passibles de pénalités en cas de retard, ça laisse sceptique...
l'administratif expédié, le contrôle technique prendra une tournure beaucoup moins drôle, les commissaires techniques ayant subitement décidé de rendre applicable le réglement des courses sur circuit, ce qui n'était pas indiqué dans le réglement particulier du Moto Tour.
Résultat, le freinage de étriers de frein est rendu obligatoire, une protection de chaine dite "dent de requin" itou, la dorsale doit porter la mention d'homologation, on se fait engueuler si l'étiquette du casque n'est pas assez visible "c'est à vous de la rendre visible, pas à nous de la chercher!", la doublure de la combinaison doit etre en coton, et bien sur aucune protestation possible, tu fermes ta bouche et tu satisfais au moindre caprice de ces messieurs...une situation qui permet de tester la maitrise de soi en fait!
Cette situation aura tout de même un avantage : mettre en action son assistance, et ça ne posera aucun souci pour Adrien et Matthias qui me règlent tous mes soucis aussi sec!
Midi, le purgatoire est passé, il ne reste qu'a contrôler la puissance de ma machine qui, contrairement à l'an dernier, n'est pas bridée pour éviter d'etre défavorisé comme l'an dernier avec une machine développant à peine 92cv à la roue arrière.
Le responsable du banc inspecte ma machine et expédie l'opération : "ces modèles là, même tapés ça fait pas 106cv à la roue, tu peux y aller"
Bon, c'est rondement mené, je pose donc la machine au parc fermé sans l'avoir torturée sur le banc.

Le reste de l'après midi sera l'occasion de discuter avec les copains, de boire un verre avec François de Maximoto invité par Yamaha comme bon nombre de journalistes, d'observer la maitrise des stunters en démo, et d'aller reconnaitre la spéciale en camion (!).
3 passages seront nécessaires pour nous rendre compte que : y a des bandes blanches et des graviers sur la traj', on passe une zone de travaux terreuse, y a un gros dos d'ane, le chemin de terre emprunté est vraiment en terre (gloups), et y a une énorme compression à la sortie de ce fameux chemin.
Meilleur temps : 2min13 sans chicane, tiens l'embrayage sent un peu le cramé c'est bizarre ^^.

Dimanche 26/09 : le vrai faux départ : 2,5km

Le matin, parade des motos dans les rues désertes de Val de reuil, nous saluons avec fierté les façades des maisons donc.
L'après midi, comme l'an dernier, nous partons en sens inverse du classement, ce qui nous laisse largement le temps d'aller observer les premiers passages dans les rues glissantes de la cité.
Comme pour nous souhaiter la bienvenue, le climat normand ne manque pas de nous rafraichir l'atmosphère en humidifiant bitume et premiers concurrents.
Résultat, les premiers passages ne sont guère impressionnants, chacun ayant certainement à coeur de ne pas mettre au tas sa machine avant d'attaquer la semaine.
Évidemment, partir pneus neufs et moteur froid sur un parcours urbain trempé et sale n'incite pas aux excès de confiance.

Malgré tout, je prends quelques notes utiles quant à la bonne trajectoire et file me préparer pour ma première séance de stress.
Première étape, la spéciale de Val de reuil donc, suivie d'une liaison ridicule d'à peine un kilomètre.
Le compte à rebours s'égrène et top départ je fonce taquet jusqu'à la première chicane : première à fond, 2° vitesse passée à la volée, roue qui patine en ligne droite, j'essaie de trouver le bon compromis entre attaque et prudence, tout se passe bien même si le passage dans les ornières du chemin de terre ne m'a guère rassuré, je termine 11° avec déja 13s de retard sur l'incroyable Denis Bouan qui remporte la première étape suivi de Julien Toniutti et Mano Delaval.
Peu importe, je commence la première journée bien mieux que l'an dernier, et content de me savoir dans le coup.
Plein de la moto, préparation du Tripy et retour au parc fermé sous la pluie.

Lundi 27/09 : Val de Reuil – Magny cours : 406 km

Enfin le vrai départ de la course ! Cette première étape, meme si elle commence relativement tard (8h au lieu de 7h en 2009) , n'en est pas moins chargée.
Tout commence par une courte liaison de 20km avant de démarrer la base chrono de Noyon.
Et comme me l'a appris mon expérience, qui dit courte liaison dit piège à étourdis, d'autant plus en passant par des villages encombrés aux horaires de pointe et sur le mouillé.
Et effectivement, sans me perdre j'arriverai à peine 2 minutes en avance au CH.
Plutôt facile au niveau du parcours, la base permet de maintenir sans problème le Vector à 60, passage de la cellule à 60,1 de moyenne, tout va bien.
Malheureusement, l'étalonnage de mon compteur était sensiblement différent de celui de l'organisation et je suis en fait arrivé 36° avec 3s de retard par rapport au temps idéal, ce qui, d'après les savants calculs de Matthias, demande une correction de mon compteur à 61km/h.
Pas de quoi casser 3 pattes à un canard pour autant, je ne prends que 0,3s de pénalité dans l'opération.
La suite est relativement paisible, je découvre les bienfaits du Tripy qui me guide vers le CH de Charmont en Beauce ou m'attend une assistance digne d'un pilote de superbike ! Tapis déroulé, bidon d'essence en position, Barnum et table installés, salade de tomate assaisonnée, sandwich et petit gateau au chocolat m'attendent ! J'en reste sans voix !
Ophélie, assistante officielle en championnat de France venue voir son pilote Max n'en revient pas non plus.

Je continue ma route en compagnie de Moon, une liaison sans encombre, exception faite de la fixation de mon échappement qui cherchait à se faire la belle.
Après avoir échappé aux multiples contrôles de vitesse des forces de l'ordre (comme dirait Coluche : plutôt que de nous la garder, il feraient mieux de nous la foutre, la paix !), nous voila aux portes du superbe circuit de Magny Cours pour la suite des opérations.

et là, c'est le drame !

Julien, sur son mono survitaminé, a bien réussi son coup, sa danse de la pluie a fonctionné et comme souvent ici le circuit est détrempé, signe que nous sommes encore loin du Sud...
Un point sur la situation : même si cette configuration météo désavantage moins les monos, la pluie n'est pas forcément mon point faible donc je devrais m'en sortir correctement face à la meute de multicylindres.
Dilemme, faut il des pressions pistes pour les Racetec ou des pressions routes? On va tenter les pressions pistes, il parait que moins il y a d'air plus il chauffe vite.
L'attente est longue et stressante en bord de piste, puis vient l'heure d'effectuer le tour de reco et le tour de chauffe du circuit F1, et là, catastrophe !
Le revêtement du circuit s'avère être une vraie patinoire, je glisse de l'avant, de l'arrière, dès que j'essaie de pencher la moto un minimum, je sais pas où est ma confiance, mais surement pas dans mes pneus où je croyais l'avoir mise...positivons, je mets ça sur le compte de la chauffe, sachant que devant, hormis Mano, la plupart avaient préchauffés leurs pneus à l'aide de couvertures.
Le feu rouge disparait, je tente de m'accrocher au paquet et immédiatement les premières glisses pointent le bout de leur nez, arghhh j'arrive à rien et même Granié sur son Versys asthmatique me passe!
Qu'à cela ne tienne, je vais me rattraper sur le freinage d'Adélaide!
Je me positionne à l'extérieur pour placer mon freinage, il y a moins de monde, j'appuie de plus en plus fort pour me ralentir après avoir avalé la ligne droite à 198 au compteur du Vector, le droite serré se rapproche et là, c'est le drame, la roue avant bloque net, la pauvre kawa croise les skis et je me répands lamentablement sur le coté droit ! Le pauvre David Morgan partira aussi à la chute sur sa splendide SMR en m'évitant;
Quelle beau début de course! Croyant l'affaire pliée, je relève la moto sans plus de précipitation et m'aperçoit finalement qu'elle n'a presque rien.
La moto ne démarre plus, je coupe le contact, le remet, elle démarre ! Allez feu! Je remonte sur David, le passe, et tente tant bien que mal de rouler vite, ce qui me vaudra 2 gros avertissements, le premier dans le gauche au bout de la ligne droite des stands ou je perds l'arrière à la mise sur l'angle, et ensuite de nouveau au freinage d'Adélaide, heureusement sans chute cette fois.
Je limite la casse en rattrapant 3 ou 4 concurrents de ma série et échoue finalement à la 69° place, plus de 2 minutes derrière Lionel Richier, ex-champion de France promosport.
Leçon à tirer de cette expérience : ne pas freiner à gauche à Adélaide sur le mouillé, mettre de la gomme plus tendre que mes K2 et gonfler un peu plus.
Je dégringole à la 59° place du classement général, mauvaise opération.

du bon pilotage agricole

Mais la journée n'est pas finie, une spéciale toute particulière nous attend : le combo circuit kart / chemin de terre / circuit club, sur le mouillé et de nuit afin de corser l'affaire.
Pas exactement ce qu'il y a de plus simple pour se remettre en jambe après mes exploits de l'après midi...
Comme d'hab nous partons pneus froids, ayant en tête les recommandations glanées ça et la : "le circuit karting c'est pire que le F1 sur le mouillé, ça tient pas du tout"
En réalité c'est tout le contraire, ça tient.
Mais sur le coup l'angoisse érode ma confiance et une nouvelle fois je n'arrive à rien sur le circuit kart, par peur de m'en coller une deuxième.
Pourtant, il va bien falloir le rattraper le temps perdu, alors, dès le circuit club atteint, je décide d'envoyer un peu du lourd, d'autant que je le connais ce circuit.
Mais pour etre franc, de nuit c'est pas exactement la même chose, j'en perds mes repères, et résultat je rentre dans le droite à 180° sans avoir vu passer le panneau "trop tard" ! Me voila donc en train de jardiner dans l'herbe, essayant tant bien que mal de ralentir la kawa sur l'herbe mouillée.
Peine perdue, zip la roue arrière, bapteme du flanc gauche cette fois, relevé de la moto express et retour sur la piste pour finir cette spéciale cauchemardesque à un rythme honteux.
Sanction immédiate, je décroche une superbe 78° place, prenant au passage une minute sur le scratch réalisé par Denis Bouan.
Détail amusant, cette contre performance me vaudra une remontée à la 52° place du classement général.
Gros passage à vide le soir, je me venge sur le paquet de clopes avec mon compagnon d'infortune Moon qui n'arrive à rien sur sa nouvelle monture, il est vraiment temps d'aller se coucher.

Mardi 28/09 : Magny Cours – Belleville : 228 km

Ce matin, je pars de nouveau avec mon copain Moon pour une liaison routière de 100km en direction de Digoin ou se trouve le premier CH.
Ce qu'il y a de drôle avec Moon, c'est qu'il mérite bien son surnom des fois : premier rond point en sortant du circuit : tout le monde tourne à gauche sauf lui qui part à droite, il me rattrape rapidement, me dépasse, et tombe en réserve à peine 50km après le départ (!).
Heureusement, un peu comme Maxime il a de la chance dans son malheur et se fait dépanner par un sympathique fermier disposant d'un bidon d'essence, sacré Moon!
Cette fois il reste avec moi jusqu'à Digoin et m'attend pour la portion suivante qui s'avérera fort délicate.
Ne jamais sous-estimer une liaison, même de jour.
Pour commencer, quand il y a des modifications sur le road book, c'est bien de les noter, sur ce coup une intersection foireuse nous aura fait perdre plusieurs minutes, et c'est pas fini.
Un peu plus loin, le tripy indique un chemin de terre étroit, je doute, le dépasse puis fais demi tour.
La je croise Marc Granié, Michel Bonneau et Alain Frattini qui me font signe de monter le chemin de terre, bon Ok c'était là, ensuite je décide de doubler tout ce petit monde en mettant du gaz pour récupérer le temps perdu...je me repaume dans un chemin de terre, les minutes tombent inéxorablement.
Je retrouve ma route, ouvre comme un goret, rattrape tout le monde et fonce comme un bourricot, Moon m'emboite le pas, et bien lui en a pris car nous arriverons à peine une minute en avance.
Nous apprendrons plus tard que les pénalités ont plu à ce CH, ouf!
Base chrono dite "Le Plat", comme calculé par mon ingénieur assistant Matthias, je cale le Vector à 61km/h, et bingo, je claque le temps idéal comme Max et Mano ! Meme si ça ne rapporte pas grand chose, ça met du baume au coeur.
Direction le beaujolais maintenant, ou nous attendent enfin beaux paysages et routes sèches, le moral reprend petit à petit de la vigueur à mesure que les sliders lèchent le bitume!
La spéciale de St Lager nous attend au milieu des vignes, pas ma préférée mais la route est enfin sèche, ne boudons pas notre plaisir.
Les premiers partent, Max part, et...arret de course, merde, ça pouvait pas tomber sur un autre...plus de peur que de mal pour Max qui a perdu l'avant dans un gauche vicieux, il perdra malheureusement 2 minutes dans l'opération, mauvaise opération pour la conquete du top 10.
Je pars à mon tour, semi rassuré, surtout dans les épingles en sous bois bien humides, pas vraiment le terrain de jeu de ma sportive.
Je prends 10s par le champion de France en titre Mano et écope de la 23° place, pas flamboyant mais ce n'est que le début de ma remise en confiance et cette petite journée me fait remonter sur la première page du classement à la 44° place du général.



Fin d'une journée peu éprouvante, j'arrive à Belleville en tout début d'après midi, mon assistance est là, mais pas au même endroit que les autres, bizarre.
Adrien m'interpelle "on a flingué le moteur du Scudo"! Un trou béant dans le carter laisse apparaitre les bielles et un coussinet tente même de se faire la belle, voila autre chose!
Heureusement tout avait été planifié pendant que je m'amusais au milieu des vignes:
la dépanneuse doit récupérer le camion à 16h et entre temps Aude et ma soeur qui devaient nous rejoindre amènent le camion de secours, vive les plans B!
Avant de poser la moto au parc, décision est prise de changer les pneus, non pas que les pneus soient usés après a peine 800km, mais ils m'ont mis par terre et j'ai besoin de retrouver la confiance, donc ça fait partie du plan, surtout que 5 tours de circuit nous attendent le lendemain matin.

Et la journée n'est pas finie, il faut vider le camion cassé, mettre tout dans le nouveau à l'arrivée des filles, trouver l'emplacement et tout revider pour monter le camp, ouf!
Heureusement les visiteurs sont mis au boulot et pendant que pataf gonfle mon matelas, les filles s'occupent de l'hospitality.
Remise des prix le soir, la confrérie du Beaujolais nous fait bien rire en intronisant les VIP du paddock et en entonnant des chants si typiques que si t'es pas bourré c'est juste impossible à chanter.

Mercredi 29 : Belleville – Bride les Bains : 477 km

Petit changement d'organisation dans le team, Bernard remplace Adrien au rang de team manager.
Ce matin, réveil matinal pour partir dès 7h escortés par la garde républicaine en direction de Lancié où a lieu le vrai départ, ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça.
La loi de Murphy étant impitoyable, c'est forcément quand tu guides une trentaine de gus que tu te paumes, les gardes républicains n'échapperont pas à la règle, sans que ça aie d'autre conséquence que de nous amuser.
Lancié, départ 2 par 2, je me retrouve en compagnie de concurrents que je ne connais pas, étant relégué autour de la 40° place dans l'ordre de départ.

Le brouillard laisse peu à peu la place à un superbe soleil, augurant d'une bonne séance sur le circuit de la Bresse.
L'assistance m'attend tranquillement sur le circuit, mon beauf Tristan ne manquant pas l'occasion d'affirmer ses convictions religieuses sur le confortable tapis de la FFM.
Ça fait bizarre de ne pas prendre part au premier départ, d'un côté ça permet d'admirer le spectacle, de l'autre ça ne fait qu'augmenter la durée de stress de pré-spéciale.
Les conditions sont parfaites, les premiers s'élancent et Denis Bouan, impressionnant de maitrise, lache petit à petit ses concurrents directs que sont Delaval et Richier.
Malheureusement, une chute interrompt la course au 3° tour et la meute est relancée pour 2 tours, ce qui ne change rien à l'issue finale, le Dogtor avale la ligne d'arrivée en premier, pendant que l'ami Laurent Cochet, handicapé par une tige de sélecteur cassée, limite les dégats en bouclant les 5 tours sur le 2° rapport de sa FZ8 !
A moi de jouer. Un peu anxieux de partir en fond de grille, je remarque lors des tours de chauffe que le niveau est très sensiblement différent qu'à l'accoutumée.



Feu rouge...GO ! La kawa gicle au milieu du peloton, zigzague dans le premier gauche, fond sur le groupe de tête, me voila propulsé 4° de ma série au milieu du premier tour! Les pneus neufs font merveille, j'attaque comme un sourd sur ce circuit que j'avais reconnu fin Aout et reprend la roue de Nico Pautet qui avait réalisé un excellent départ.
Le stunter avalé, j'accroche la HP2 Megamoto de Vezzuti père sur mon viseur, et grapille rapidement les secondes.
Premier tour, l'affaire est pliée, je passe en tête et profite du champ libre pour peaufiner mes trajectoires et récupérer les précieuses secondes perdues à Magny Cours, je termine premier de ma série et 8° au scratch, 31s derrière le patron.
Sortie du circuit, le commissaire m'envoie passer la moto au banc, et dans l'exaltation j'en oublie qu'il ne faut pas couper le moteur, ce qui est passible de pénalités...ce que ne manque pas de me faire remarquer le commissaire, toujours aussi rassurant et compréhensif (...).
Et la surprise, la moto avoue seulement 88cv à la roue arrière ! Incroyable! Donnée pour 92cv en version bridée sur le meme banc en 2009, elle aurait donc perdu 4cv en version débridée, j'avoue rester perplexe, surtout que la moto a été révisée depuis peu.
Bon, je pars soucieux mais surmotivé, on essaiera d'attendrir le jury ce soir.

Janvais sur gravière

Suite du routier seul, je retrouve quand même mon pote Laurent Lannoy sur son Versys flambant neuf, quoique baptisé des 2 cotés tout de même.
Nous roulons ensemble en direction des superbes routes de l'Ain, empruntant même une spéciale du rallye de l'Ain 2008, mon tout premier (séquence émotion)!
Après le CH suivant, mon voyant orange clignote en voyant la liaison qui nous attend : 30km de chevrettes, je mets toutes les chances de mon côté en envoyant Matthias repérer la route de départ et en tartinant dès les premiers km, emmenant un hypermotard égaré dans ma roue.
3km avant l'arrivée, j'ai de l'avance mais une intersection me laisse perplexe, le tripy ne me signale pas d'erreur mais je m'éloigne géographiquement de la spéciale, j'avais repéré ça sur la carte...décision rapide : demi-tour, l'hypermotard trace et ne me suit pas.
Pourtant je croise les premiers qui ont déja fait la spéciale et m'indiquent que la bonne route est derrière eux! Ouf, mon instinct a eu raison, j'arrive 2 minutes avant mon heure, et j'apprendrai plus tard que ce CH était le plus "meurtrier" en distribuant des pénalités sans pitié à de nombreux pilotes!
Anecdote marrante à propos de cette portion de route, un des concurrents se plaindra le soir de la présence d'une barrière placée sur la route à prendre, cette barrière indiquant..."route barrée course de moto".
Je dois avouer que chercher la route pour sa spéciale et faire demi tour en voyant cette barrière mérite bien la médaille de l'esprit vif du jour !

Bref, départ de la spéciale de Janvais, je m'interroge quant à la motivation des concurrents me précédant, le premier virage est ouvert, ensoleillé et visible, eh ben non, ça se traine la bite quand même...
passons, j'enchaine la première partie bien plus vite qu'en recos et déboule sur l'épingle indiquant le début de la gravière.
Pour etre franc, même balayé c'était limite, grosse confiance nécessaire pour envoyer du lourd à ce moment là! Je m'en tire correctement en lachant 21s sur le scratch de Denis, ce qui me donne la 13° place scratch juste derrière le side car de Guillet/Chanal, toujours bien placé dans les conditions délicates.

le concept de l'arsouille bucolique

Voila, on va pouvoir décompresser, les 2 spéciales du jour me font remonter à la 24° place du général et il ne reste qu'une portion de routier montagneuse pour boucler l'arrivée.
Les conditions idéales me laissent le temps de faire le plein, d'acheter des clopes, faire une pause, je profite de ce moment de détente à plein.
Au détour d'un petit col mon rétro m'indique la présence de Matthieu Cayrol, essayeur Moto Journal de son état sur sa street triple R.
D'humeur bucolique, je lui montre la superbe vue sur le Mont Blanc, admiratif.
Mais au lieu d'avoir l'effet contemplatif escompté, cette manoeuvre lui déclenche un accès de fièvre et la triumph me dépasse taquet !
Arf, j'emboite le pas et m'accroche à sa roue telle la sangsue affamée, le bougre envoie du lourd et l'arsouille s'avère bien saignante !
Arrivés en bas, nous rattrappons un groupe de motards précédés de 2 gendarmes sur leurs canapés roulants.
Village, village, village, on prend notre mal en patience, à l'affut du premier col pour déboiter les deux encombrants de tête...
et le voila le premier col, je prépare mon attaque, sortie de village, et là, surprise, les deux FJR soudent comme des furieux dans la montée, une route étroite, défoncée et gravillonnée par endroits.
Surpris mais amusé, je pars à la chasse suivi comme mon ombre par la street R, et cet épisode aura été pour moi l'occasion de répondre à une question existentielle : que vaut un flic surentrainé sur une enclume telle que la Yam?
Et force est de constater qu'ils m'ont impressionné, non pas qu'ils m'aient largué (je crois que j'aurais arreté la moto sinon), mais à part dans les épingles où la garde au sol limite la vitesse de passage, les enfilades défoncées sont avalées à un rythme super efficace ou j'aurais eu de la peine à déboiter les deux représentants de l'ordre ! Bon, y a bien un moment où une des FJR a talonné sur un nid de poule et où j'ai cru en perdre un dans le fossé, mais en dehors de ça, j'avoue qu'ils ont du mérite.
Petit bémol tout de même, limités par la prise d'angle, je pense qu'ils sont facilement larguables sur une route type Cote du ping ou Tournon Lamastre, à condition de pas s'endormir tout de même.
Je m'arreterai même en bas du col pour leur faire part de mon étonnement, ce qui me vaudra par la suite de chaleureux saluts et même une invitation au resto après la course!

Toute bonne chose ayant une fin, les portions roulantes reprennent leurs droits et l'arrivée sur Bride les Bains demandera une grande prudence au guidon, les controles de vitesse se multipliant à mesure que l'arrivée se rappprochait!
Heureusement, un comité d'accueil bien plus sympa m'attendait à Bride, à commencer par ma maman venue m'encourager, cyril et les potes de Valence, digi, son père, vince et JC.

Jeudi 30/09 : Bride – Bride 317km

Après une nuit passée en chambre d'hotel avec ma mère, je retrouve mes compères Bernard et Matthias en délicatesse avec leurs matelas gonflables.
Belle perf pour les campeurs qui ont réussi à crever 3 matelas en une seule nuit, à cause d'un foret de 2 farceur oublié dans la tente.
Le problème sera reglé "rapidement" par Bernard (90€, 2 points) par un aller retour au decathlon du coin.
Mais revenons à nos moutons: parc fermé, Tripy en place, dérouleur opérationnel, je m'avance au CH de départ.
Le warning orange s'allume de nouveau : 12km de liaison pour atteindre la première spéciale du jour, Notre Dame du pré, départ, je soude.
Pas d'inquiétude, j'arrive à l'heure pour attaquer la spéciale sous un climat plus que clément, en compagnie de Cyril venu m'encourager au départ.
3..2..1..FEU ! Départ, j'attaque la première épingle, OK les pneus sont chauds, attention on arrive sur la zone gravillonnée, ça va, les tas ont disparu meme si ça continue à cliqueter dans les garde boues, alors revue de la spéciale : long gauche rapide qui resssssssss....ohhh punaise, il resserre copieux en effet, je redresse et perd quelques secondes dans l'opération, pas de souci, meme si les vidéos montreront bon nombre de tout-droits à cet endroit, dont un magnifique signé par Stephane Aloisi sur son Tmax digne d'une grolanderie du grand chevalier Sergei !
On continue, épingle – enfilade – épingle, je prends un bon rythme mais manque de m'en coller une dans l'avant dernier virage ou mon slider se plante dans le bitume bosselé ! Arf encore une petite perte de temps mais je termine quand même 17° scratch à 27 s du scratch de Bouan.
Ouf, on va pouvoir se détendre, une boucle de 250km nous attend avant de rattaquer la meme spéciale.
J'attends Max qui partait quelques minutes derrière moi mais ne le voyant pas arriver je décide de tracer en direction du col de l'Iseran.
Michel est sur le bord de la route, en pleine assistance après avoir infligé plusieurs tonneaux à sa superduke à la suite d'un tout droit dans un champ, la marque au sol était juste impressionnante!
Petit arret en haut du col de l'Iseran pour enfiler les gants d'hiver, puis nous attaquons le col de la Madeleine pour la deuxième fois depuis hier, en compagnie d'un groupe de concurrents dont Alain sur sa Mana, Moon sur sa FZ8 et un autre que je ne connais pas sur un Versys qui mène le groupe.
Pas de surprise, un col et un groupe de chauds lapins, ça part direct en cacahouète, le Versys tartine comme si sa vie en dépendait, manquant de peu un vol plané sous mes yeux.
Je passe devant, manque de me retourner en roue arrière et décide de calmer un peu le jeu (j'ai dit un peu, faut pas déconner).
Controle du temps de parcours, c'est bon on a de l'avance, pause clope en haut du col, je rassure Moon soucieux d'arriver à la bourre.



Séance photo souvenir, puis je vole la Mana d'Alain pour descendre la Madeleine, une expérience amusante meme si elle n'était pas en configuration full-auto, il fallait actionner le selecteur ou un bouton poussoir pour changer les rapports.
Le moteur est relativement fade, les suspensions sont reglées souples, la position est pépère, c'est super reposant mais ça ne m'incite pas du tout à l'attaque, Alain a bien du mérite de rouler aussi fort avec ce gros scooter !
Enfin ça aura au moins eu l'avantage de me laisser admirer le petit cul vert et noir de ma 636.
Arrivée à Bride, 1h d'assistance au lieu des 30min prévues, ce qui paraissait etre une bonne nouvelle s'avérera en fait etre une fort mauvaise opération pour tous les concurrents au dela des 10 premiers car la pluie fait son apparition au moment du départ !
Résultat: la spéciale est mouillée alors que les 10 premiers (qui n'ont pas vraiment besoin d'etre avantagés) montent sur le sec et dans les memes chronos que le matin!
Heureusement le grip n'est pas si mauvais et j'arrive à poser le genou ça et là, signe d'un bon rythme.
Je perds 14s par rapport à mon chrono précédent, ce qui me donne la 19° place scratch, 43s derrière Mano !
Classement général le soir de cette étape : 18°, ma mésaventure de Magny Cours est désormais bien loin.
Retour à Bride pour l'assistance, ce soir c'est repos, une longue journée nous attend le lendemain, la terrible journée "marathon" ou seul le dérouleur manuel est autorisé, ce qui avait lourdement sanctionné les accros au Tripy en 2009 car la navigation manuelle demande un peu d'expérience et d'entrainement, sans quoi on s'expose au jardinage et aux pénalités.
Mauvaise nouvelle pour les pros de la navigation comme Maxime, la moyenne est abaissée à 50kmh au lieu de 60, ce qui laisse largement le temps de trouver sa route en cas d'égarement.
Il ne faudra donc pas compter sur les pénalités des autres pour remonter au classement, comme lors de l'édition 2009 qui nous avaient fait gagner une dizaine de places avec Max !
Dodo! Il faut prendre des forces pour demain, enfin c'était sans compter le feu d'artifice organisé par la mairie qui nous tiendra éveillés jusqu'à minuit...bon sens quand tu nous tiens...

Vendredi 01/10 : Bride – Toulon : plus de 600km

4h17, récupération de la moto et du roadbook papier, je fonce l'ammener à Bernard et Matthias pour entamer une fiévreuse séance de travaux manuels : découpage, scotchage, enroulage.
Il faut que tout soit prêt une heure après, ce qui n'était finalement pas si dur car le roadbook ne comprenait que 10 pages, bien joué l'assistance, on se retrouve à Malaucène!
Départ dans la nuit en compagnie de Davy Gambino sur sa jolie Voxan Café racer, je navigue sans aucun stress, 50kmh de moyenne sur plus de 300km, vraiment pas de quoi s'inquiéter, et puis c'est en navigant calmement qu'on ne fait pas d'erreur.
Et zen il va falloir l'etre dans la montée du col de la Madeleine, car le brouillard s'invite à la fête, rendant inutile l'usage des feux xénons.
Au détour d'un virage j'aperçois Thomas Da Silva sur le bord de la route, le malchanceux pensait avoir loupé une intersection et s'est fracturé la cheville en tombant dans le bas coté, encore une fois, l'expérience montre qu'on ne fait rien de bon en étant stressé.
Je porte assistance au blessé puis repars conquérir le col alpin.
Arrivé en haut, une intersection m'envoie dans une zone de travaux infranchissable, les autres pilotes s'accumulent, on jardine tous de bon coeur sans trouver la bonne intersection et décidons finalement de descendre dans la vallée par une route parallèle.
Seul Maxime décide de faire demi tour et trouvera finalement la bonne route, mais malheureusement pour lui et heureusement pour nous, il n'y avait pas de CP à cet endroit.
On récupère la bonne route, le franchissement du Glandon au lever du jour est magique, et la première pause carburant se présente à nous une fois le col d'Ornon passé.
Pas de chance, la cuve est vide, Max et Moon font le plein mais pas moi.
Je fais un point timing, j'ai un retard de plusieurs minutes, je fonce donc seul vers la prochaine station.
Rallyman, répète après moi : précipitation = rien de bon ! Je loupe l'intersection suivante et roule 15km dans la mauvaise direction ! Retour en arrière jusqu'à la station service, je retrouve la bonne route...40minutes de retard, j'ai meme pas fait le plein, je commence à stresser !
Arrivé à la station suivante, j'enchaine sur une nouvelle boulette : celle dite du bibendum ...c'est bon vous me visualisez là, bien enervé descendant de la moto en un millième de seconde et explosant la cartouche de mon airbag dans le millième suivant?
Connard de Murphy...
Restons calmes, la route qui suit m'est bien connue : Mens – Col de la croix Haute – Col de grimone – Menglon , le Vercors c'est chez moi, pas besoin de s'énerver.
Effectivement, même en roulant à allure raisonnable, je rattrape mon retard très rapidement, et décide donc de m'offrir un pause bien méritée en plein Diois, l'occasion de décompresser en laissant les rayons du soleil réchauffer ma combinaison, un pur moment de zénitude.
Dès lors, je décide de me trainer le nez au vent afin de profiter au mieux des paysages à couper le souffle de la Drôme provençale, que celui qui n'a pas halluciné en descendant le col de Sainte Jalle offrant une vue inouïe sur Buis les Baronnies, le rocher St Julien et le mont Ventoux me jette la première pierre !
Alors OK, c'est pas une épreuve particulièrement difficile en soi, mais cet état de fait est pour ma part largement compensé par ce bien-être absolu, et après tout la moto ça sert aussi à ça!
Veaux est en approche, je me pose 6 km avant l'arrivée pour éviter d'arriver trop en avance et de refroidir mes pneus.
Veaux, c'est un peu le Saint Graal de la spéciale pour rallyman en sportive, une portion large, ultra lisse, ensoleillée et composée principalement de courbes rapides mais ultra sinueuses.
Pour ne rien gâcher, les participants du rallye du Ventoux 2010 partent avec un avantage certain car cette spéciale était au programme du dit rallye (ce qui est mon cas ainsi que celui du team Moto Net).



Vous avez compris, je suis pas chaud, je suis bouillant !
Davy part juste avant moi sur son collector français, sachant qu'il a tout juste 2s d'avance sur moi au général, je vais tout faire pour les lui reprendre dans la premières spéciale!
Top départ, cette spéciale je la connais comme ma poche, il fait chaud, les pneus sont à température, l'heure du sacrifice de slider a sonné ! 2min21 plus tard, je passe la ligne d'arrivée à la 9° position, 10s derrière le vorace Denis Bouan.
Le contrat est rempli, j'ai repris 7s à la Voxan, ce qui me fait gagner une place au général provisoire.
CH assistance au parking de Malaucène, je retrouve mon équipe, avale un dark dog et me concentre sur la spéciale suivante : Suzette.
Spéciale de Suzette, route défoncée sur la majeure partie des points de corde, bitume noir brillant par endroit et entourée de profonds fossés guère accueillants, une vraie route à mono.
Je pars dans un état d'excitation rare (le Dark Dog?), pose le genou dès le premier droite serré pourri, trajecte au mieux, glissouille à la réaccel', évite de peu l'Airfence placé pleine corde et attaque le dernier droite rapide pleine balle genou par terre ! WOUAAAAAAHHHH il fait quoi ce taré de gendarme au milieu de la route????? je plante tout, la roue arrière balaye la route et m'arrete 1m avant le point stop, tremblant...la, j'ai tout donné, je m'arrete, coupe la moto et reprend calmement mes esprits.
POM est la pour m'annoncer mon temps : 9° ex-aequo avec Lionel Richier, à 5s de Mano.
Max arrive peu après, réalisant 2 petits exploits dans les spéciales du jour en décrochant les 5° et 6° places au guidon d'une FZ8 pourtant bien moins efficace que sa KTM habituelle.



Le reste c'est du gateau, environ 300km en direction de Toulon sous un soleil radieux, la journée est finie et il n'y a plus qu'à apprécier le moment en prenant la pose au Mont Ventoux, en roulant tranquillement avec les copains pour rallier notre Mecque à nous : le Mourillon.
Pourtant, un détail me tracasse, mes pneus auront 1400km ce soir et ils commencent sérieusement à accuser le coup, je ne peux pas me permettre de partir au castellet avec des pneus en fin de vie.
Je pourrais bien les changer, mais ce soir c'est assistance interdite, ce qui me laisse 2h pour changer mes pneus seul, à la main...allez soyons joueur, je tente le coup.
Plus besoin donc d'économiser les pneus, je termine la liaison en m'arsouillant avec Nico, cet imbécile me klaxonnant derrière moi pendant plusieurs km.
Il faut dire que ce sale gosse commence à avoir sa meule en main et rentre maintenant dans le top 10 en spéciale !
Allez, petite séance de lavage des tas de boues qui nous servent de motos avant d'arriver à Toulon, nous arrivons avec bonheur sur la célèbre plage du Mourillon, la route nous y menant offrant toujours une vue imprenable sur la méditerranée, encore un des moments forts du Moto Tour!
Mais avant de se prélasser en short, il faut d'abord mettre un dernier coup de collier pour mettre des balles neuves sur la moto.
Matthias et Bernard sont sur le pied de guerre, j'attaque aussitot la séquence décollage – démontage - remontage des pneus et plie l'affaire en un temps record : moins d'une heure pour les 2 roues! Le tout sous l'oeil amusé de mon pote Jicé venu me voir.
Voila, j'ai bien mérité mes tongs et mon short, je vais pouvoir profiter du spectacle offert dans ce temple motard : démo de stunt, hotesses court vetues, sportives en expo, ambiance sudiste garantie!
Fin de la journée : 16° scratch au général.

Samedi 2/10 : Toulon – Toulon : 173km

Premier objectif de la journée : grappiller 2 places au général, les seules qui semblent encore à ma portée sont celles de Michel Bonneau, 27s devant moi, et le side car Guillet/Chanal à 35s.
Deuxième objectif, garder à distance le rapide Julien Vezzuti, à l'affut à 9s au général.

Pour réaliser l'objectif : 5 tours du circuit du Castellet, reconnu en Juillet et une spéciale rapide, j'ai mes chances.
La Garde républicaine nous escorte de Toulon au Castellet, Max me fait signe sur la route que ce blagueur de Murphy leur a fait louper la bonne sortie.
Mise en place sur le circuit, les pros sortent générateurs et couvertures chauffantes, sauf Mano qui semble bien esseulé au milieu de cette débauche de moyens techniques.
D'après le sympathique Lionel Richier, l'interet est principalement de pouvoir se mettre dans le bain dès les premiers tours de chauffe, évitant ainsi le piège du faux-rythme en course.
Ces memes tours de chauffe seront pour moi l'occasion de me rendre compte que le fameux Vezzuti semblait tout a fait motivé pour récupérer mes 9 petites secondes...OK...
Autre amusante découverte, le circuit 3.8 se voit amputé de sa petite chicane au milieu de la ligne droite ! Résultat, on arrive dans l'ultra rapide Signes avec 20 bornes de mieux, gloups, j'avais pas pris les memes repères cet été...
Stressomètre au taquet, le départ est donné! La kawa gicle de la grille mais se retrouve engluée dans le premier droite dans un paquet de furieux prets à mordre, je tente donc un gros exter', traversant vibreurs et pelouse synthétique en compagnie de mon copain Davy!
La manoeuvre réussit à peu près, je me maintiens aux alentours de ma place de départ, juste derrière Julien sur sa SuperDukeR et Fanfan Monti sur sa 1000 CBR, ex-pilote de protwin et promosport.
Première ligne droite, je reviens bien sur eux, double la superduke mais peche par exces de prudence dans l'entrée de Signes.
Dans le doute, j'ai freiné, mais en fait ça passait facile, note pour plus tard : ne pas freiner.
Chassé/croisé avec mes deux camarades de jeu, j'attaque la 2° ligne droite dans le dosseret de selle de l'autrichienne, je me cale au plus profond de la selle, range les coudes, baisse la tête et GAAAAAAZZZ!!!! mémé kawa, dans un sursaut d'orgueil, avale les deux jeunettes avec une facilité déconcertante, avec pas loin de 10/15kmh d'écart en pointe!
Arf, 290 compteur (environ 240 réels), je passe le panneau 200m, coupe sans freiner et passe le virage impeccable.
Je ne reverrai plus mes deux poursuivants, démoralisés par la vaillance de ma petite vieille dans la ligne droite !
Contrat rempli, je reprends 32s sur Michel, 51 sur le side car et m'assure un petit matelas supplémentaire de 6s sur mon prédateur au classement général!
Au scratch, Lionel Richier remporte la spéciale, et ma performance me place 10° scratch.



La liaison qui suit est tranquille, j'aurai juste une petite montée de tension en glissant un peu trop franchement sur un stop devant la garde républicaine, ceux ci m'engueulant copieusement à mon passage...méfiance, on a vite fait de prendre une minute de pénalité pour ce genre de chose.
Mazaugues, la tension est palpable.
Bouan et Delaval sont assurés de leurs premières places mais la lutte pour la troisième place sur le podium est âpre entre Etienne Godart sur sa Multistrada et Lionel Richier sur sa ZX6R, ce dernier ayant un avantage de 5s sur l'éleveur de poules.
5s sur 2 spéciales routières, c'est jouable pour le spécialiste du Tourist Trophy qu'est Etienne...
on le sent sous pression, pas aussi décontracté qu'à l'accoutumée, et l'infortuné perdra tout dans cette spéciale, sortie de route et bras cassé, une vraie déception pour lui qui avait vraiment progressé cette année.
Bon, je gagne quand même une place au passage, c'est pas glorieux mais c'est la course.
Du coup, je n'arrive pas à vraiment me lacher et passe propre mais sans prise de risque dans la spéciale, terminant 11° à 9s de Mano, le surprenant Matthieu Cayrol prenant la 2° place devant Bouan himself!
Ce petit con de Nico en profite pour me mettre 2 dixièmes.
Le retour sera semi tranquille en compagnie de Patrick Curtat, le professeur, ce dernier n'hésitant pas à dégainer la poignée droite à la vue de jolies petites routes.
L'après midi est détendue, une parade est organisée dans le centre ville, ça sera l'occasion pour Nico de nous faire une grosse démo de stoppie, runs et wheelings, l'est doué le petit.

la soirée rémi gaillard

La soirée sera à l'avenant, en compagnie des figatellis de passage Thomas et Pierrot.
Bon, raconter la soirée serait surement passible de poursuites de la part du loueur de kayaks du Mourillon donc je ne dirai rien, disons simplement que les pétards ont pété, les tuyaux d'arrosage ont arrosé, les cagoles de passage en ont pris pour leur grade, le chevalier Sergei ne manque pas une occasion d'avoir des idées à la con et Moon et Oliver sont de grands navigateurs, point à la ligne ^^.

Pas très sérieux la veille de la dernière spéciale mais inoubliable !

Dimanche 3/10 : Le Faron – 37km

Dodo 4h, levé 9h, c'est juste mais ça suffira pour grimper rapidos sur la montagne.
Pression minime pour ma pomme, mon poursuivant au classement général est assez loin et mon prédecesseur intouchable, il ne reste plus qu'à monter, ni trop vite ni trop doucement.
Une dernière fois cette raclure de Murphy dictera sa loi pour deux pilotes en les envoyant visiter le fossé dans la toute dernière spéciale, pas de chance.
Ça nous donnera le temps de nous prélasser au soleil, discutant avec mes potes Dédou et Julien de passage.
Ça n'empechera pas le traditionnel stress d'avant spéciale de se manifester.
Serge, en guest star, bat un record dans la spéciale : 3km = un pneu, celui ci n'ayant pas resisté à la montée en burn total (et on se demande après pourquoi il est si populaire le grolandais !!)
de mon coté, comme à Mazaugues, je monte propre mais sans risque et accroche la 18° place, suffisante pour conserver ma 13° place au général, qui sera mon classement définitif de l'édition 2010 !
L'énormissime Bouan scratche la spéciale et remporte le Moto Tour devant Mano Delaval et Lionel Richier.



Bilan de cette année : mon objectif zéro erreur de navigation est rempli, reste maintenant à tirer une leçon de Magny Cours.
Pour commencer : j'emmenerai un train de pneus plus tendres pour le début de course qui est souvent humide, ensuite j'essaierai des pressions plus élevées en cas de piste plus humides, pour finir, j'évite de freiner à gauche à Adélaide !
La deuxième observation que je peux faire, c'est que mes nombreux entrainements sur piste cette année m'ont énormément servi, les spéciales sur circuit étant un moyen peu risqué de gagner des secondes lors de cette épreuve.
Ensuite, comme beaucoup d'entre nous, j'ai trouvé cette édition un peu trop facile, il y avait tout de meme beaucoup de temps morts dans la semaine, pas étonnant quand on sait que le parcours était amputé de 500km par rapport à l'an dernier.
Le reste n'est que positif, je crois que cette course me correspond relativement bien, j'aime le rallye, j'aime la piste, j'aime rouler loin et longtemps, j'aime etre avec mes potes le soir, j'aime l'adrénaline que procure la course en paquet, bref tout ce que contient le Moto Tour ! La quadrature du cercle pour un motard du dimanche comme moi, vivement l'an prochain pour une nouvelle tentative de conquete du top 10 !

Game over !

Et hop, comme au festival de Cannes : Merci à ma chérie Aude pour m'avoir réconforté à Belleville et surtout pour avoir attendu mon retour avant d'accoucher, merci à maman pour la nuit bien au chaud à Bride, à Jenny pour le Viognier, à Tristan pour sa capacité à faire le con en toute circonstance, à Adrien pour sa capacité à gérer les problèmes en un temps record, à Matthias pour son calme et son efficacité, à Bernard pour me donner la motivation à chaque instant et pour me faire rire le soir (private joke : y a un limiteur à 160 sur le Scudo?), à mon nouveau sponsor Eben pour son aide matérielle (désolé pour la peinture toute neûve!), au team Moto Net pour ses assistants au top : zézette, chloé, oliver et guy, et ses pilotes déjantés qui m'ont bien fait rire à l'apéro, merci à Guillaume pour ses superbes photos à la Bresse, merci à tous les copains qui sont venus me voir et merci à ma mémé kawa de pas etre tombée en panne !!

A voir aussi...

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Commentaires
 
Phil6907 (11/10/2010)
Félicitations, très chouette CR (çà fait rêver) c'est un plaisir de lire tes aventures !!! Bye, Phil.

Vince (11/10/2010)
j'ai eu l'occasion de te voir passer à la spéciale de Mazaugues en compagnie des Corses Thomas et Pierrot, feloches , tu es passé très proprement Au plaisir de te croiser Vince

Adrien (12/10/2010)
Félicitations pour la remontée.... dès que je suis parti. il est où le chat noir ?? A l'année prochaine pour le top 10.

Oliver (12/10/2010)
Excellent CR! ;) A l'année prochaine j'espère...

Fabrice (12/10/2010)
Félicitations à toi ... et merci pour ce CR vraiment génial ... c'est avec des récits comme celui là que l'on fait naître les passions ... J'espère que l'on se verra en spéciales et sur les paddocks des rallyes des garrigues, du Dourdou ou des Volcans !!! encore merci et bravo !!!

Alex (12/10/2010)
Sympas de nous faire vivre ce DDMT de l'intérieur, ça donne vraiment envie. Bravo à toi et ton team.

Mido (13/10/2010)
comme d'hab. je me suis régalée et ... j'ai tremblé of course !

Jny (13/10/2010)
... mais qu'est-ce qu'y zattendent à moto journal pour t'embaucher comme rédac' chef ??? bordel !!!!!!

Greg la balance (13/10/2010)
@jny : z'ont bien essayé de l'embaucher chez mj, mais il a encore quelques lacunes pour reconnaitre les marques de moto ;))))

Ben (13/10/2010)
fz8, z750, cb, gsr, c'est bien la même daube de toute façon !!

ALAIN (14/10/2010)
Sympa l article, ca rappel de bon souvenirs et toujours trop bon de rouler avec toute l équipe! RDV au rallye du Var avec peut etre une nouvelle bréle qui marche !!!! biz a tous

Aude (15/10/2010)
super CR!!! tu arrives à nous faire vivre ta course sans qu'on y assiste, c'est génial!! que d'aventures!! pour l'avoir vécu l'an dernier, c'est une course exceptionnelle, et tu t'en es bien sorti, même si ça avait mal commencé... comme quoi, rien n'est joué avant le dernier pointage à Toulon!!!

Katseinko (16/10/2010)
Félicitations pour ton résumé très prenant et pour tes résultats dans cette aventure de furieux. Bravo!

Fred (22/10/2010)
Vraiment excellent ton CR! Bravo pour la course et l'esprit...@+ A quand un petit perrier menthe à Lamastre, ça fait un bail?

Ben (23/10/2010)
Salut Fred! bah écoute appelle moi je vais etre plus tranquille maintenant ;-)

Fred (24/10/2010)
Ca roule, en plus j'ai une machine sympa ces temps-ci! J'ai enfin réussi à me séparer de mon speed...

Poustache (07/11/2010)
Super CR, ça donne envie de le faire ce moto tour à tel point qu'avec Pascal on se demande si l'année prochaine on ne va pas le faire. Reste plus qu'a trouvé le budget, car pour la motivation on est chaud comme la braise. Bon j'espère qu'on en reparlera à la Transpy ou peut-être avan ? En tout cas BRAVO à toi pour ta belle remontée. Jean Marc

Ben (07/11/2010)
cool Jean Marc! Pascal m'avait dit que tu étais chaud, en tout cas moi je remets ça en 2011! on en reparle mais plutot lors d'une transpy "perso", ça m'a gavé la dernière fois

Poustache (07/11/2010)
Super, on aura bien besoin de ton expérience pour 2011. En tout cas tu peux venir te faire pourrir quand tu veux dans le Sud Ouest hors Transpy ;-)

Pascal (08/11/2010)
Ouais, vient donc te faire déglinguer, toi et ta moto poussive. A moins que tu chies dans ton froc ??

Ben (08/11/2010)
arghhh


 
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