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La Tuono à l'épreuve des routes du Sud
Aprilia : 2004

(par Grand'Boca le 10/09/2008)

liens & avis

La Tuono sur l’autoroute des vacances

Pour mes vacances d’été 2008, je quitte Paris sous la pluie, la moto bien chargée, équipée de valises souples (celles de Jeanjean) et d’une sacoche de réservoir attachée par un système de ventouses (de marque SIDI, prêtée par Ed en attendant un bagster).

Au lieu de prendre la sempiternelle A6, je décide de bifurquer par l’A77, dite autoroute de l’arbre menant à Nevers. C’est sur cette dernière, de bon matin pendant la canicule de 2003, que j’avais poussé la sbk 996 à fond pendant plusieurs dizaines de minutes en compagnie de Chris sur son Babar TLR1000 ! Bons souvenirs en perspective, par contre en 2008, même si elle est moins surveillée que l’A6, il faudra faire attention aux contrôles. Je me cale à 145 compteur (les Aprilia ne sont pas aussi optimistes que les compteurs japonais ou même Ducati), vitesse à laquelle le vent me porte bien sans pour autant être trop désagréable. Malgré sa bulle imposante, la Tuono ne protège pas vraiment son pilote du vent. En effet, la position est tellement droite avec ce grand guidon qu’on en prend plein la poire passé 130.

Bon, il pleut, normal c’est le début des vacances et je suis au nord de la Loire, je vais pouvoir tester rapidement l’étanchéité de mes nouvelles bottes Oxtar (nickel). Comme il pleut, je décide de ne pas trop trainer et me cale cette fois à un bon 175-180 histoire de passer entre les gouttes. Ecrasé sur la sacoche de réservoir, le casque me tire fort sur les cervicales ce qui présage quelques douleurs post autoroutières du lendemain (bingo, j’ai eu mal toute la journée).

Petite anecdote qui m'a bien fait marrer : lorsque je suis arrivé dans une station service, j'ai du manoeuvrer un peu et ai donc tourné le guidon en butée vers la gauche. Comme la sacoche de reservoir est assez large elle touchait le klaxon ce qui le declenchait tout seul et mon arrivée sur le parkin a été très remarquée genre Pouet poueeeeeeeeeeetttttttt, arf arf

La bonne route

Une fois sorti de l’autoroute, je vais enfin pouvoir m’amuser un peu. Ni la sacoche ni les valises ne me gênent, c’est presque comme si ces deux appendices n’existaient pas. Je vais en profiter pour mettre un peu de gaz (teing, gaz). Comme prévu, la moto est extrêmement maniable, en particulier dès qu’un enchainement de virages de type pif-paf se profile à l’horizon : relever la moto lorsqu’on est bien penché à droite pour la jeter immédiatement dans le virage qui suit à gauche est un jeu d’enfant. Et toute cette opération peut se dérouler à vitesse grand V pour mon plus grand plaisir ! En sortie de virage, encore sur l’angle, j’accélère un bon coup dans les tours…Broooaaappp fait le moulin et me voilà déjà à l’autre virage que je passe sur un filet de gaz et re-broooaaaappp…Bref le kif, le pneu arrière doit vraiment apprécier d’encaisser ces accélérations, surtout avec la moto bien chargée. :-S

Là où ça peche

Là où je suis moins à l’aise, c’est dans les épingles, et ce pour deux raisons :
- j’avais l’habitude sur la ducat de pencher épaule et casque au niveau du bout du bracelet intérieur à l’épingle, là avec le guidon je me sens un peu mal à l’aise ;
- ensuite, et ça c’est le gros point noir, la moto tire exagérément long. Je m’en étais déjà aperçu dans les routes à virages mais dans une épingle, c’est la grööSSe cadaströffe ! La seconde vitesse pouvant être tirée à 140, c’est beaucoup trop pour un demi-tour. J’ai donc le choix entre me retrouver en sortie d’épingle très en dessous de la zone de puissance et là, damned, le trou à l’accélération se fait méchamment sentir OU passer la première et prier pour choper le filet de gaz afin de ne pas partir dans tous les sens, car si la seconde est longue, la 1° est quand même franchement nerveuse.
Bref, pas glop glop dans les épingles pour le moment. De même, ce trou à l’accélération me gène énormément pour dépasser car, ayant l’habitude de la Ducat dont le moulin est rempli comme un œuf entre 4000 tours et la zone rouge, je double les camping-cars sur les mi-régimes et de temps à autres je me retrouve un peu limite en reprises, c’est quand même un comble pour un gros twin !

Deuxième point sombre de l’affaire : je trouve l’amortisseur particulièrement mollasson. J’ai vérifié les réglages avant de partir et tout est calé sur l’origine, avant comme arrière. Tout de même, cela me donne l’impression que l’avant plonge moins que l’arrière ne s’affaisse. Bref, à revoir. Par la suite, j'ai vaguement tenté de régler tout ça mais même en tournant la molette sur "Hard" quasi à fond, je le trouve toujours un peu molasse.

Dernier point et non des moindres : le freinage ne me donne pas entière satisfaction. J’ai remarqué que suite à un gros roulage genre descente de col, la puissance est plus faible. Il donne l’impression d’en avoir beaucoup car l’attaque est franche mais une fois qu’on est en train de bourriner tel le trappeur, il faut y aller franco sinon rien ne se passe, ce qui m’occasionnera une petite frayeur avec un camping car (encore !!).

Ah oui, j’allais oublier aussi l’autonomie pas terrible. Sur la ducati, je fais en moyenne 250kms avant réserve (soit 12 litres de consommés) ce qui, je l’admets, est une conso très faible mais avec l’Aprilia je ne dépasse jamais 180kms (pour environ 13 litres je pense). Je suis même tombé en panne d’essence à 238kms (18 litres de consommés, c’est beaucoup). Grosse galère et poussette pendant 40 minutes sous le soleil de la mi-aout avec tout le barda (une bonne suée histoire d’éliminer l’alcool de la veille, ça le fait mais on perd pas mal de temps).

Le comportement de la Tuono sur les mini-routes

En rejoignant Ben du coté de Forcalquier, je décide de passer par des micro-routes (en blanc avec tirets rouges sur les cartes Michelin) comme notamment la montagne de la Lure au sud ouest de Sisteron. Des virages aveugles, des épingles, des bosses, rien n’y fait, la Tuono y est très à l’aise et donc moi aussi, j’enquille la montée à bon rythme, c’est vraiment sa came ces routes là. L’amortissement assez souple avale bien les bosses et le couple à 4000 tours (donc avant le méchant trou) permet de bien relancer entre deux virages serrés. Ce guidon m’autorise à improviser vraiment comme je le sens. Trop bon !

Après un dej bien équilibré, je prends la roue de Ben (alourdi par sa petite passagère, mon lest à moi étant mes valises et mon embonpoint naturel, nous sommes à égalité) pour aller dans le Var. Le Var étant au sud, nous partons…vers le nord. Réglo quoi ! Ce petit lien permet de retracer le road book complet que nous avons suivi avec quelques passages monumentaux, notamment la traversée du lieu dit « Les Bourrés » !

Itinéraire Google Maps

Arsouille avec Ben chargé

Bien qu’il soit en jean et non dans sa combine Gégé-like, l’ardéchois n’y va pas par quatre chemins dans la montée (cette fois rampe sud) de la montagne de la Lure. En sortie d’épingle, c’est presque si je l’entends dans son casque se dire ce qu’il doit faire : « Teing, GAZ ! ». Et la petite 636 radicalement modifiée au niveau de la démul reprend comme une balle pour peu que le provincial la garde dans les tours. Nom de dieu, je suis obligé de me cracher dans les pognes pour le suivre…en ligne droite !!!! Incroyable, tout seul sur mon gros twin 1000, je me fais mettre à l’amende en sortie d’épingle par ce moustique de 636 en duo ! Y’a quelque chose qui cloche au pays du Rotax.

Passé Sisteron s’ensuit une montée de folie nommée « La Route du Temps » en direction de Saint Geniez que j’ai particulièrement appréciée. J’en profiterais même pour déboiter le rascal élevé au picodon, heureusement j’étais dans les tours (!!). Cette portion fait partie du championnat de course de côte, c’est donc un enchainement de virages avec beaucoup de pif-pafs (gros avantage sur la Tuono par rapport à la sportive), d’épingles, le tout sur un bitume nickel et même quelques échappatoires sont prévues dans les prés avoisinants juste au cas où (sécurité routière assurée). Nous n’aurons pas vraiment le temps d’apprécier le paysage vu le rythme de la montée. Par contre, une fois en hauteur, on domine une vallée magnifique qui vaut le coup d’œil.

Sur les grandes courbes de la N85 en direction de Castellane, la Tuono qui me semblait moins rigide que ma Ducati s’avère non seulement toujours facile à conduire mais aussi rassurante à haute vitesse, ce qui n’est pas commun pour un roadster. Le manque de rigidité ne se fait absolument pas sentir.

Une fois arrivés à bon port, je m’aperçois que si mon pneu avant reste en bon état, l’arrière est lui complètement mort. Non seulement toutes les sculptures ont disparu de la surface du pneu mais des lambeaux de gomme se sont arrachés sur la partie gauche (les ronds points sans doute, hu hu). C’est curieux comme l’usure des pneus dépend non seulement de la conduite mais aussi de l’architecture de la moto. Sur la Ducat, j’use généralement plus rapidement l’avant que l‘arrière et là c’est tout l’inverse.
Il va donc falloir agir. De même le kit chaine est dans un sale état. Coup dur, 18000 kms pour du 525 c’est peu.

Attention, ça va débouler en merde (16x44)

Cette fois je suis décidé à changer les choses pour la démul, il est nécessaire, obligatoire, et indispensable que je puisse ressortir en seconde des épingles. Suivant les conseils de « Gwenosor », je commande un kit chaine en 16x44 (en lieu et place de 17x42, soit une diminution de plus de 10% de la démultiplication finale). Il faut qu’elle grimpe aux arbres la bourrique ! Par ailleurs, je fais remplacer le Supercorsa par un pilot Power 2CT, toujours en 180 pour privilégier au maximum la maniabilité. Le mécano me dira texto « oh, faut pas attendre qu’il soit dans cet état pour le changer ton pneu » (bah euh, pas de ma faute, le matin il est bien et le soir d’une grosse vadrouille il est dead, ah ah ah). J’en profite pour faire un peu de pub pour ce magasin « Ex-Dafy motos » à Fréjus, avenue du Marechal de Lattre de Tassigny. Ils se sont bien occupés de moi au téléphone, chiant comme je suis, pour me commander sans savoir si j’allais vraiment y aller ou pas, en 24h chrono, le kit chaine AFAM qui me convenait (à noter que le magasin de Cannes ne pouvait, lui, me commander que du France Equipement, marque que je trouve de très mauvaise qualité). Ni-ckel !

Le changement de démul est évidemment plus que sensible, on ressort plus fort partout, à un régime nettement plus adapté à la conduite sur route. Toutefois, ça ne gomme absolument pas le trou béant à 5500 trs. On aurait pu également pousser le vice un peu plus loin et soit passer en PSB 15 ou mettre carrement une couronne de 46 dents (si elle existe). Ce sera pour le prochain kit sans doute. Cet enfoiré de plouc ardéchois profitera largement de la démul raccourcie pour exécuter quelques acrobaties au guidon de MA Tuono. Vivement qu’il me prête son AX que je lui apprenne comment on la fait couiner, gnark gnark ! Dans le laps de temps je jouais à faire hurler la 636 sur laquelle je n’apprécierais que le train avant. Je n’aurais pas trop le loisir de tartiner sur la Tuono le reste de cette chaude journée, notre esprit étant plus tourné vers la baignade que vers l’arsouille.

Au retour du Var, nous suivrons un itinéraire presque direct, uniquement composé de raccourcis dignes d’un berger alpin :

Itinéraire Google Maps

Ca sent l'écurie

Malgré les valises cette fois chargées sur le cul de la bête, je vais pouvoir profiter des modifications opérées précédemment pour tartiner dans les cols, notamment le col du champ avec la fameuse épingle de Jeanjean, le col d’Allos un peu étroit et au revêtement approximatif, le magnifique col de Pertty dans la Drôme (à l'ouest de Laragne) et le col de Soubeyran qui ressemble de temps à autres à un champ de mines (pas grave, ça passe, ça passe, faut attaquer pour ne pas subir le terrain :-)…). Je me suis vraiment fait plaisir, la moto s’exprime beaucoup mieux qu’auparavant et reste toujours aussi instinctive à conduire.

Arrivés à Bouvières, le Ben flaire l’odeur de la chèvrerie qui l’attend à Valence. Il décide alors d’essayer de me semer et met le plus de gaz possible jusqu’à l’entrée de son immeuble. Un peu moins d’1h entre Rémuzat et Valence, pour 92km (c’est bien 90 dans le code, hein ? :-) ), c’est encore une fois du réglo qui permet d’améliorer la moyenne et surtout d’arriver avant la pluie histoire de ne pas prendre trop de risques sur le gras mouillé (sécurité routière quand tu nous tiens). Encore une fois je me suis pris la pilule en accélération : le bouquetin ayant décidé de jouer à lever la patte en sortie de rond point, je l’enfume et tartine tout ce que je peux jusqu’en 6, là je sens la pression du vent qui commence à légèrement monter, autrement dit j’avais la tête qui s’arrachait, et rend un tout petit peu la main. Grave erreur, Zérro (sorte de Zorro d’Ardèche) sur sa ZX6, me passe au rupteur à fond de 6. Ah, comme dirait Pascal Grogruik, c’était une bonne balade d’enculés et le final n’était pas en reste, loin de là !


Un peu de manoucherie

Le lendemain de cette fameuse balade, nous laissons reposer la viande qui en a bien besoin. J'en profiterais pour faire une bonne séance de mécanique façon manoucherie (comme d'hab). Etant donné que j'avais mal aux poignets à force de débrayer et freiner, je me suis dit qu'il serait de bon ton d'aligner les leviers dans l'axe de mes bras. Je dévisse donc les cocottes, aligne tout ça et commence à revisser serieusement (chez les bourrés on déconne pas avec la sécurité) ces fameuses cocottes...CRAC...ah, ça y'est ça doit être bien vissé. Oups, en fait, je viens de péter celle qui tient le maitre cylindre de frein, brute que je suis ! Heureusement que le Ben a du spare dans son garage....

Le surlendemain, nous partons tôt -11h quoi- avec Sophie et Féfé en Ardèche où nous nous apprétions à passer une bonne journée d'arsouille. La côte des Pines depuis Saint Peray est enchainée à bonne vitesse, j'attends les deux traine culs qui se reveillent aussi vite qu'un moteur diesel de char Leclerc. Féfé me raconte chaipasquoi sur sa pression de pneus, mouais, m'est avis qu'il aurait surtout aimé s'envoyer une petite pression au pti dej. Sophie, elle, découvre sa V-Raptor donc ça fait une excuse mais bon, on est pas arrivés dans la montagne ardéchoise à cette vitesse.

Tuono ça veut dire chute ou quoi ?

Bon, teing gaz direction Vernoux en Vivarais puis petite route vers St Laurent du Pape qui passe par un col tout à fait sympa où la vue est magnifique. Je gaze un peu et largue rapidos Féfé sur son motoculteur et Sophie sur son dinosaure rouge. J'essaye tant bien que mal de les attendre et je me pose quand même des questions car soit je conduis tout d'un coup vraiment très très très vite, soit y'en a un des deux qui est allé aux champignons, je ne vois personne revenir dans mes rétros.

Demi-tour...et je tombe sur les deux trainards arrétés au bord de la route. Bah quoi, c'est déjà l'heure du picnic ou bien ? Féfé, en bon poissard qu'il est, a pété la courroie de la Buell. On est dimanche, c'est mort pour en racheter une. Appel de l'assistance, tout ça tout ça. Heureusement il fait beau et je vais en profiter pour faire un petit essai de la V Raptor. Grosso modo : position vraiment spéciale avec les fesses très basses, le guidon bien plat, moteur qui marche pas mal du tout mais que je n'ai pas trouvé très expressif ni violent, et enfin le point fort c'est la maniabilité qui est exceptionelle (encore mieux que la Tuono, c'est dire si c'est facile). Gros point noir : le freinage est vraiment naze, il faut bourriner sur la poignée pour ralentir un peu.

Après ce bref essai (un petit aller retour jusqu'à Saint Laurent du Pape quand même) je suis chargé de ravitailler tout le monde en bouffe, je reprends donc la Tuono que je trouve un peu camion du coup (!!) mais le moteur me semble bien plus violent et les freins....rien à voir, le mordant est vraiment méchant à coté de la Raptor. 2 virages plus loin, petite épingle à gauche en descente et là, je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je me suis retrouvé tout d'un coup à glisser sur le ventre le casque frottant le bitume et la moto m'étant tombé sur la jambe. Au telephone, Féfé resté avec son tracteur ricain, ne me croyait pas du tout "mais si je t'assure je me suis bourré 3 virages plus loin"

Bilan : la moto n'a rien, juste un levier d'embrayage et un repose pied gauche. Par contre moi j'ai serieusement mal à la cheville. En attendant Ben et son AX-assistance avec la remorque, je passerais le temps à lancer un bâton à un chien de berger vraiment trop cool (un border coly). S'ensuit un rapide passage de plus de 3h30 aux urgences à Valence pour avoir un verdict : entorse de la cheville et entorse benigne du rachis cervical. C'est pas grave mais bien chiant pour la suite des vacances...

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Commentaires
 
Ben (15/09/2008)
bon, c'est très bien ce petit CR, mais c'est pas un essai, c'est la paca d'aout 2008 !!!

Olive (15/09/2008)
Bah non c'est la suite de mon dossier sur la Tuono. C'est trop orienté vers la Tuono pour etre un CR de PACA. D'ailleurs, si je me souviens bien, c'est toi qui est chargé des CR de PACA ?

Ben (15/09/2008)
bah euhh.. non, j'ai déja celui du rallye à faire, je pense pas avoir le courage de faire celui la aussi

Olive (15/09/2008)
Si tu veux je peux faire celui de ton rallye, ah ah ah.


 
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